Emmanuel Macron veut progressivement mettre fin à l’anonymat sur Internet. Lors du grand débat national, le président de la République française a une nouvelle fois plaidé pour la régulation des plateformes en ligne.

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« Moi je ne veux plus de l’anonymat sur les plateformes Internet » annonce sans détour Emmanuel Macron, interrogé au sujet du harcèlement scolaire, rapportent nos confrères de NextInpact. « On se bat contre et on va continuer sans relâche » continue le président. Emmanuel Macron assure ensuite que le gouvernement continue de travailler « avec les plateformes internet pour sanctionner ce qui est fait sur ces plateformes ». Le harcèlement scolaire dépasse en effet le cadre de l’école. Il n’est pas rare que les victimes soient aussi harcelées sur Facebook, Instagram ou Snapchat. « Je veux une vraie responsabilité des parents. Et l’interdiction, c’est le seul moyen » assène le dirigeant.

Emmanuel Macron veut mettre fin à l’anonymat sur Internet

Dans la foulée, Emmanuel Macron a une nouvelle fois plaidé pour la « levée progressive de toute forme d’anonymat », un des principes centraux d’internet. Dans la même optique, des députés LREM militent pour la fin de l’anonymat sur les réseaux sociaux. Dans une lettre adresse au secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi, ils réclament la création d’une loi visant à exiger des pièces d’identité à la création d’un compte Twitter ou Facebook. Pour étayer leur argumentaire, ils mettent en exergue le déferlement de haine dont a été victime Bilal Hassani, le candidat français à l’Eurovision. Dès 2019, Mounir Mahjoubi va présenter un projet de loi afin de lutter contre les propos haineux sur internet.

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C’est loin d’être la première fois que le président de la France promet d’enterrer l’anonymat sur Internet. « Il y aura inévitablement à l’avenir davantage de régulation. Il nous faut construire par la régulation cette voie nouvelle, où les Etats arrivent à bien réguler, avec les acteurs privés. Il nous faut construire une régulation coopérative en commun, il nous faut apprendre à réguler ensemble » expliquait déjà le président français lors d’un discours au Forum pour la gouvernance d’internet à l’Unesco en novembre 2018.

L’annonce d’Emmanuel Macron a été suivie par une vague de contestations, relayées par nos confrères de BFM TV.« Ce genre d’obligations – si elles passaient par la loi – seraient impossibles à respecter pour les petits acteurs et risqueraient fort de renforcer davantage les grandes plateformes américaines »,assure Félix Tréguer, membre fondateur de la Quadrature du Net, une association de défense des libertés en ligne. La fin de l’anonymat, ou du moins son application légale, risquerait de favoriser l’hégémonie des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) au détriment des plus petites structures.

« Emmanuel Macron oublie que l’anonymat constitue un droit associé à la liberté d’expression et de communication et au droit à la vie privée. Il est reconnu comme tel au niveau international, notamment par la Cour européenne des droits de l’Homme » ajoute Félix Tréguer. Dans les régimes totalitaires, Internet reste un puissant outil pour dénoncer les dérives du gouvernement voire pour mettre en place un contre pouvoir. On pense notamment au printemps arabe, où le rôle des réseaux sociaux a été prédominant. Que pensez-vous de la position d’Emmanuel Macron ? Êtes-vous pour ou contre la fin de l’anonymat sur Internet ?

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