Ce rapport sans appel explique pourquoi l’IA en entreprise ne fonctionne pas vraiment
L'IA progresse, mais son adoption en entreprise reste un échec pour beaucoup. Un rapport pointe des lacunes profondes que l'argent seul ne peut pas résoudre. Les salariés en paient le prix.

L'intelligence artificielle s'installe peu à peu dans les entreprises du monde entier. Les investissements explosent et les outils se multiplient. Pourtant, les résultats ne suivent pas toujours. Une étude avait déjà montré que l'IA ne réduit pas la charge de travail des salariés. Au contraire, toutes les catégories de tâches mesurées avaient augmenté après son introduction. D'autres travaux pointent une intensification du stress chez les employés qui utilisent ces outils au quotidien. L'enthousiasme des dirigeants tranche souvent avec le vécu des équipes.
D'autres recherches avaient montré que l'IA améliore les performances quand elle est bien intégrée dans les entreprises européennes. Un nouveau rapport s'intéresse aux raisons pour lesquelles cette condition est si rarement remplie. Et les conclusions sont sévères. Le problème ne vient pas de la technologie elle-même, mais de la façon dont les entreprises la déploient.
Seulement 21 % des salariés estiment disposer des bons outils pour adopter l'IA en entreprise
Selon le rapport WalkMe, les salariés perdent en moyenne 51 jours par an à cause des frictions technologiques. Cela représente près de huit heures par semaine, soit presque une journée de travail entière. Ce chiffre a même progressé par rapport à l'année précédente, malgré des investissements en hausse dans les outils numériques. Il y a trois causes principales. Un manque de compétences d'abord, une mauvaise intégration des outils dans les flux de travail ensuite, et une gouvernance interne défaillante. Cette dernière pousse certains salariés à utiliser des outils d'IA non approuvés par leur entreprise. Les spécialistes désignent ce phénomène sous le nom d'”IA fantôme”.
Le fossé entre dirigeants et employés est particulièrement frappant. Selon ce rapport, 88 % des cadres estiment que leurs salariés disposent des bons outils pour travailler. Seuls 21 % des employés partagent cet avis. Un écart qui illustre à quel point la réalité du terrain est mal perçue en haut de la hiérarchie. Pour le PDG de l'entreprise, Dan Adika, la technologie continuera de progresser seule. La confiance, la gouvernance et l'accompagnement humain, eux, ne s'amélioreront pas sans effort délibéré.