Blue Origin fait (presque) aussi bien que SpaceX, mais son passager a fini au mauvais endroit
Blue Origin vient de réussir quelque chose que peu de fusées ont accompli. Le lanceur New Glenn a confirmé son statut de fusée réutilisable en se posant pour la deuxième fois. Dommage que le satellite embarqué n'ait pas eu la même réussite.

La course aux lanceurs réutilisables s'intensifie depuis plusieurs années. SpaceX a ouvert la voie avec ses fusées Falcon 9, capables de se poser verticalement après chaque mission. Un satellite Starlink avait récemment illustré les risques des opérations en orbite basse. Même les acteurs les plus rodés ne sont pas à l'abri d'un incident. Dans ce contexte, chaque lancement réussi par un concurrent est scruté de près par toute l'industrie spatiale.
Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos, a franchi une étape importante lors de sa mission New Glenn 3. Le lanceur New Glenn a décollé depuis Cap Canaveral et a récupéré son premier étage sans accroc sur sa plateforme d'atterrissage. La société rejoint ainsi le club très fermé des opérateurs de fusées réutilisables. L'Europe tente elle aussi de réduire sa dépendance à SpaceX en développant ses propres alternatives, mais aucun lanceur européen ne dispose encore de cette capacité. Jeff Bezos a partagé une vidéo de l'atterrissage sur X, sans commentaire.
— Jeff Bezos (@JeffBezos) April 19, 2026
Le lanceur New Glenn a confirmé sa capacité à voler plusieurs fois en se posant pour la deuxième fois
New Glenn a confirmé sa capacité à voler plusieurs fois en se posant pour la deuxième fois sans incident. Mais la mission s'est révélée bien moins heureuse pour son passager. Selon AST SpaceMobile, le deuxième étage du lanceur a déposé le satellite BlueBird 7 sur une orbite trop basse. L'altitude atteinte est insuffisante pour lui permettre de manœuvrer avec ses propres propulseurs. La société a confirmé que ce dernier sera désorbité. Son coût devrait être couvert par son assurance.
BlueBird 7 aurait dû devenir le huitième satellite d'AST SpaceMobile en orbite basse. L'entreprise construit un réseau de téléphonie mobile spatial accessible depuis des smartphones standards, sans modification matérielle. Elle vise 45 satellites en orbite d'ici fin 2026. La production se poursuit jusqu'au BlueBird 32, et les satellites 8 à 10 sont attendus prêts à l'expédition dans environ 30 jours. L'opérateur prévoit un lancement orbital tous les un à deux mois en moyenne cette année. Cet incident ne remet pas en cause le programme. Il rappelle simplement que la conquête de l'orbite basse reste semée d'embûches, même quand la fusée, elle, rentre saine et sauve.