Après votre historique Internet, France Travail pourrait “écouter” vos appels téléphoniques pour lutter contre la fraude sociale
Voilà encore une proposition de loi qui vise à durcir la surveillance des inscrits à France Travail. Le ministre du Travail et des Solidarités de France Jean-Pierre Farandou estime qu'il serait bon d'avoir accès aux données d'appels téléphoniques des demandeurs d'emploi afin de s'assurer qu'ils sont bel et bien à la recherche d'un travail.
Le gouvernement et son obsession pour la fraude sociale, épisode numéro infini. France Travail est bien entendu son levier préféré pour s'en prendre à ceux qui profitent du système. Ainsi, pour traquer les inscrits qui ne rechercheraient pas vraiment un emploi, un projet de loi présenté en novembre dernier évoquait déjà la possibilité de surveiller leur activité sur Internet. Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?
Réflexion que s'est visiblement faite Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités de France, qui proposait il y a quelques jours un nouveau dispositif similaire. Cette fois, il s'agirait de surveiller les appels téléphoniques des demandeurs d'emploi, plus précisément ce qu'il appelle les “fréquences d'utilisation”, mais sans expliquer ce qu'il entend par là. En réalité, le dispositif permettrait surtout d'avoir accès à la localisation et aux autres données similaires de l'utilisateur.
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Le gouvernement veut que vos appels soient scrutés par France Travail
Il ne serait pas question ici d'avoir accès à proprement parlé au contenu des appels, mais plutôt aux métadonnées qui l'accompagnent. Métadonnées qui pourraient ainsi être analysées par France Travail pour les aider à déterminer si, oui ou non, il y a bien fraude sociale. Pour l'heure, le texte n'a pas encore été présenté et attend toujours d'être examiné par le Parlement. Selon Jean-Pierre Farandou, ce dispositif permettrait à l'État d'économiser jusqu'à 3 milliards d'euros par an.
Rappelons, comme il est d'usage, que si la fraude sociale existe bel et bien, moults économistes s'entendent pour dire que son impact est bien moindre par rapport à la fraude fiscale (environ 14 milliards d'euros par an pour le premier contre 80 à 100 milliards d'euros par an pour le second). Cela, sans compter la grande part des personnes ayant accès à des aides sociales qui ne les demandent jamais. Pour les bénéficiaires du RSA, ce chiffre atteint les 50%.
