AMD serait en train de prendre spectaculairement le dessus sur Intel : à en croire les chiffres d’un détaillant allemand, plus de 80% des CPU vendus dans le pays sont des Ryzen 5 3600 – ce qui laisse les i3, i5 et autres i9 loin derrière, autour de 20% de part de marché. Intel est en train de subir un sérieux revers sur le segment grand public. Et si il était temps de rebondir ?

Dès le lancement des Ryzen, on se doutait que AMD était en train de frapper un grand coup. Entre 2017 et 2018, la part de marché d’AMD a augmenté, selon les chiffres disponibles, de 3,8% dans le monde pour les PC de bureau, 3,4% sur le marché des serveurs et data centers et 5,2% sur le marché des PC portables. Or dans un marché en situation de duopole sur ces trois segments, tout ce que gagne AMD équivaut à une perte pour Intel.

Pourquoi AMD reprend le dessus sur Intel

Pendant longtemps, AMD s’est retrouvé contraint de concurrencer Intel sur les prix – faute de pouvoir le concurrencer sur les performances. Intel pouvait de son côté faire payer ses processeurs plus performants au prix fort – faute de réelle concurrence directe. Cela a longtemps permis à Intel de pratiquer des marges plus confortables et de renforcer sa position dominante. Mais tout a changé avec la nouvelle architecture AMD Zen et Zen 2 dont les Ryzen sont issus.

Ces processeurs offrent en effet désormais des performances comparables à leurs équivalents Intel. Pour parvenir à ce résultat, AMD a adopté une approche fondamentalement différente de celle de son concurrent. Le fondeur a choisi de développer un nombre réduit de plateformes avec une approche modulaire, nettement moins coûteuse en recherche et développement. Et cela s’avère particulièrement efficace, puisque cela permet de constituer des gammes de processeurs simplement en ajoutant ou supprimant des « modules » identiques.

Pour les processeurs les plus haut de gamme, en particulier les EPYC, AMD juxtapose carrément des coeurs Zen 2 gravés en 7 nm sur un die gravé en 14 nm. Tout cela simplifie leur fabrication, et augmente le rendement. Or cette plateforme, avec des prix toujours très agressif, a commencé à permettre à AMD de grignoter des parts de marché de son concurrent. Ce qui est particulièrement vrai sur le segment grand public : les utilisateurs y sont plus sensibles à l’argument du coût, alors que les performances des puces AMD rejoignent celles d’Intel.

Mais cela n’explique pas tout : Intel a également trébuché sur la transition au 10 nm. Si on en croit leur calendrier initial, le 10 nm aurait dû arriver dans les PC de bureau il y a déjà plusieurs années – ils ne proposent pourtant en 2019 qu’une très petite quantité de références dans cette finesse de gravure. C’est important, car qui dit finesse de gravure, dit plus de transistors dans le même espace, meilleures performances et consommation énergétique en baisse.

En face, AMD n’a eu aucun problème avec son design modulaire, à passer au 10 nm, et maintenant au 7 nm. Il faut dire aussi que AMD est fabless, c’est à dire que le fondeur ne dispose pas de ses propres usines. Et sous-traite donc la fabrication de ses processeurs, entre autres, à TSMC, qui maitrise déjà le procédé de gravure 7 nm – tandis qu’Intel doit tout développer en interne. Du coup, Intel s’appuie depuis 2015 sur du 14 nm, et ne fait montre que de progrès modestes de génération en génération.

Pour ne rien arranger, Intel a eu du mal à abreuver le marché de suffisamment de processeurs entrée de gamme sur la période. AMD s’est donc naturellement imposé comme une alternative particulièrement bon marché et séduisante.

AMD laisserait déjà Intel KO sur place en Allemagne

C’est donc dans ce contexte que les chiffres d’un détaillant allemand, Mindfactory, font surface. On y apprend que les processeurs AMD ont représenté sur le mois de septembre 81% des ventes de CPU – ce qui laisse donc Intel avec moins de 20%. En août, le même détaillant affirmait déjà avoir vendu 79% de CPU AMD.

Le CPU pour PC de bureau le plus vendu de la gamme serait le Ryzen 5 3600 dont les ventes auraient au passage dépassé celles de l’ensemble des processeurs Intel i3, i5 et i9. Bien sûr ces chiffres ne font que donner une idée de la situation et devraient être confirmés par d’autres sources indépendantes avant d’être pris pour argent comptant. Rappelons que les trois quarts du marché restent occupé, tous segments confondus, par Intel à plus de 75%.

Intel conserve encore une position dominante dans les datacenters, ainsi que dans les PC portables. Et s’est constitué en plus de trente ans d’existence, une réserve de cash qui peut permettre au fondeur de traverser la tempête. Reste que la stratégie d’AMD ne va pas simplifier la tâche d’Intel. Alors comment l’équipe bleue peut-elle rebondir ? D’abord, avec son haut de gamme.

Lire également : Intel est pris de court par le succès d’AMD selon un mémo interne

On s’attend à la sortie prochaine du Core i9-9900KS avec un nouveau Turbo all cores jusqu’à 5 GHz – sans que l’on sache ce que cela va donner matière de dissipation énergétique, faute de gravure suffisamment fine. Intel est également attendu sur le marché des GPU. Qu’en pensez-vous ? Comment Intel peut rebondir selon vous ? Partagez votre avis dans les commentaires.

Source : Techradar

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