Les fraudes bancaires par manipulation sont en forte hausse en France
L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France alerte sur une recrudescence des fraudes bancaires par manipulation.

Méfiance. Après une stabilisation en 2024, les fraudes par manipulation sont reparties à la hausse en 2025, fait savoir l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France dans un nouveau rapport. Ce type de fraude a représenté à elle seule 516 millions d’euros l’année dernière, soit une progression de 34 % sur un an. Les fraudes par manipulation constituent 41,6 % de la fraude totale aux moyens de paiement, apprend-on également.
La fraude au faux conseiller bancaire constitue la forme la plus fréquente. L’objectif de l’escroc est de manipuler son interlocuteur pour lui faire effectuer un virement (376 millions d’euros sur les 516). L’Observatoire “appelle à renforcer la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème français afin de prévenir ce risque de fraude le plus en amont possible”. Il a pour cela identifié quatre priorités.
Les opérateurs et les plateformes en ligne dans le viseur
La première est d’approfondir la coopération avec le secteur des télécoms. L’organisme propose de renforcer la sécurité des lignes téléphoniques bancaires qui ne sont destinées qu’à recevoir des appels et “d’étudier la faisabilité d’un numéro unique anti-fraude”, qui permettrait de joindre sa banque rapidement en cas de soupçon de fraude.
L’Observatoire veut aussi responsabiliser les acteurs du numérique, comme les réseaux sociaux, moteurs de recherche et applications de messagerie. Ils sont appelés à renforcer leurs outils de lutte contre les publications et les comptes frauduleux et à améliorer leurs mécanismes de signalement et de partage d’information. Un meilleur contrôle sur les annonceurs publicitaires et les comptes professionnels est aussi plébiscité.
Les banques elles-mêmes doivent également poursuivre leurs efforts dans le développement d’outils de prévention de la fraude. Sans mettre de côté les techniques traditionnelles, elles doivent investir dans la mise en place de technologies plus avancées (intelligence artificielle, approfondissement de la connaissance du client et des terminaux utilisés) pour se préparer “à des attaques toujours plus élaborées”.
Enfin, les utilisateurs doivent être sensibiliser sur les différents risques qu’ils courent : divulgation de données sensibles lors de tentatives d’hameçonnage, réflexes à adopter face à un appel téléphonique frauduleux… L’Observatoire rappelle d’ailleurs “qu’une banque n’a jamais besoin de demander à son client quelque manœuvre que ce soit pour arrêter un paiement suspecté d’être frauduleux”.