Interdire TikTok aux moins de 16 ans ne sert à rien, la preuve
Environ 8 mois après avoir interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, l’Australie n’enregistre quasiment aucune baisse de fréquentation sur TikTok pour les tranches d’âge qui ne devraient plus y avoir accès. Pire : elle a augmenté pour l’une d’elles.

Les plus jeunes ne devraient pas accéder aux réseaux sociaux afin de préserver leur santé mentale. Voilà en substance le discours sous-tendant les mesures prises depuis 2025 par plusieurs pays dans le monde. Techniquement, un mineur de moins de 13 ans n’est pas censé créer de compte sur Snapchat, Facebook, Instagram, TikTok et consorts. Dans les faits, ils ne se gênent pas. C’est pourquoi des gouvernements ont imposé une limite d’âge plus élevée, accompagnée d’un système pour le vérifier.
Par exemple en Australie avec l’interdiction de la plupart des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La loi est entrée en vigueur il y a 8 mois environ. Les premiers constats chiffrés montrent qu’elle n’est pas très efficace, et c’est un euphémisme. Les données de Qustodio, développeur de solutions de contrôle parental, montrent une baisse de 1 % de fréquentation sur TikTok chez les Australiens âgés de 13 à 15 ans. Ils sont 26 % sur la plateforme, contre 27 % avant l’interdiction.
La fréquentation de TikTok reste la même chez les mineurs qui ne devraient pas y accéder
« Nous avons constaté une baisse immédiate dans une certaine mesure, mais lentement mais sûrement, les chiffres ont recommencé à augmenter », détaille Yasmin London, experte mondiale en sécurité en ligne chez Qustodio. En clair : les jeunes n’ont pas changé leurs habitudes, ils sont simplement mis un peu de temps à trouver comment contourner la vérification d’âge obligatoire. Instagram et Snapchat, bien qu’en-dessous de TikTok en terme de fréquentation, montrent une tendance similaire.
Plus étonnant, les 10-12 ans sont plus nombreux sur TikTok qu’ils ne l’étaient avant la mise en place de la loi. En parallèle, WhatsApp, qui n’est pas concerné par l’interdiction, a vu son usage passer de 27 à 36 % chez les 13-15 ans. Gardons cependant en tête que ces données sont issues de familles utilisant les outils de contrôle parental signés Qustodio. Pas d’un échantillon représentatif. Il n’empêche qu’elles devraient faire réfléchir les autres pays, notamment la France qui a échoué à faire interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Source : The Next Web