Les astronomes viennent de retrouver la matière manquante de l’univers, elle se cachait sous leur nez
L'univers contient beaucoup moins de matière visible que les calculs des astronomes ne l'annoncent. Une immense partie restait introuvable, malgré des décennies d'observations. Une nouvelle étude vient enfin de révéler où se cachait ce gaz invisible.

Les astronomes savent depuis longtemps que la matière visible ne représente qu'une faible part de l'univers. Le reste appartient à la matière noire, totalement transparente pour les télescopes. Même cette petite fraction pose problème depuis des décennies. Les calculs annoncent une certaine quantité de gaz et d'étoiles, alors que les observations en trouvent nettement moins. Ce décalage intrigue les chercheurs depuis les premières mesures précises du cosmos. Ils multiplient donc les approches indirectes pour comprendre notre environnement. Une autre étude avait déjà montré qu'un équilibre chimique très précis a rendu la Terre habitable.
Le problème porte un nom chez les cosmologistes, celui des baryons manquants. Ce terme désigne la matière ordinaire, celle des étoiles, des planètes et du gaz. Près de la moitié échappait jusqu'ici aux instruments les plus puissants. Une équipe internationale vient enfin de la localiser en exploitant un signal extrêmement faible du fond diffus cosmologique. Ce rayonnement fossile date des débuts de l'univers et traverse tout l'espace. La démarche rappelle celle des astronomes qui traquent les objets discrets, comme lorsque l'astéroïde 2025 PN7 est passé inaperçu pendant soixante ans.
Le gaz manquant se cache dans d'immenses halos autour de sept millions de galaxies
Les baryons manquants se cachaient dans d'immenses nuages de gaz autour des galaxies. Selon une étude publiée dans Physical Review D, les chercheurs ont analysé environ sept millions d'astres rouges lumineux du relevé DESI. Ils les ont croisés avec les cartes du télescope Atacama Cosmology Telescope, installé au Chili. Cette méthode révèle le gaz chaud grâce à la déformation qu'il imprime au rayonnement fossile. Les halos s'étendent bien plus loin du centre galactique que les modèles ne le prévoyaient. La quantité observée comble désormais le déficit constaté depuis des décennies.
Cette extension inattendue change la compréhension du rôle des trous noirs supermassifs. Ces monstres nichés au cœur des galaxies expulseraient le gaz beaucoup plus loin qu'estimé jusqu'ici. Leur activité dépasserait largement ce que les théoriciens avaient calculé. Les simulations informatiques devront donc être recalibrées pour coller à ces observations. La matière ordinaire n'avait jamais disparu, elle se trouvait simplement là où personne ne la cherchait vraiment.