Canicule : les Français sont les plus touchés en Europe, un danger pour la qualité du sommeil et de l’activité physique
La France est la principale victime des vagues de canicule qui sévissent en Europe cette année. Les conséquences sur la qualité du sommeil et sur l'activité physique sont mesurées par une étude signée Withings.

Nous sommes en train de vivre une 3ᵉ vague de canicule en moins de deux mois en France. Ces épisodes de chaleur mettent rudement à l'épreuve nos organismes, surtout que le pays n'est ni assez équipé, ni suffisamment organisé pour en protéger ses habitants. À Paris, la branche française de Google a même accueilli des écoliers dans ses locaux climatisés afin de leur offrir un refuge bien plus confortable que leurs salles de classe.
Le fabricant d'accessoires connectés français Withings, spécialisé dans le suivi de la santé et de l'activité physique, vient de publier une étude portant sur les deux premières canicules vécues dans l'Hexagone en 2026. Le constat est limpide : ces températures très élevées ont un fort impact sur la qualité de notre sommeil et notre capacité à produire des efforts physiques. “C'est en France, parmi tous les pays étudiés, que la baisse d'activité et de qualité de sommeil entre la première et la deuxième vague de chaleur de 2026 a été la plus marquée”, note Withings.
Perte de sommeil et baisse de l'activité physique pendant la canicule
D'après les données agrégées des utilisateurs français de produits Withings, la durée de sommeil a chuté de 6,1 %, passant de 6 h 52 à 6 h 26 par nuit en moyenne, avec une nuit la plus courte descendant jusqu'à 6 h 06, entre la période du 21-30 mai (première vague de chaleur, environ 32 °C en journée) et celle du 18-26 juin (seconde vague, environ 38 °C). La plus forte intensité de la seconde canicule se fait sensiblement ressentir, les Français perdant environ 26 minutes de sommeil par nuit d'une canicule à une autre. Le score de sommeil a quant à lui baissé de 3,2 % (de 70,0 à 67,8) en France, soit la plus forte dégradation de qualité observée parmi tous les pays étudiés.
Le nombre de pas quotidiens a chuté de 15,1 %, passant de 5 539 à 4 704 pas. “C’est la baisse d'activité la plus forte relevée dans cette analyse”, apprend-on. Withings a analysé les mêmes mesures pour l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis. À titre de comparaison, la baisse de pas constatée entre les deux épisodes de canicule n'a été que de 7,9 % en Italie, de 7,6 % en Espagne et de 5,7 % aux États-Unis.
“Une seule vague de chaleur ne bouleverse pas forcément grand-chose. Mais une deuxième, arrivant avec moins de temps de récupération entre les deux, a un effet cumulatif et cet effet se manifeste d'abord dans des comportements que la plupart des gens ne pensent pas à surveiller : la quantité de mouvement et la qualité du sommeil”, rapporte Withings.
La France n'est pas préparée aux épisodes de chaleur extrême
Ces indicateurs sont des signes clairs de l'apparition d'un phénomène d'épuisement en France. La marque souligne que ce n'est pas la valeur des températures elles-mêmes qui provoquent des changements de comportements et d'habitudes au sein de la population, mais l'ampleur de la hausse de température. La France et l'Allemagne sont les pays les plus sensibles en termes de sommeil et d'activité physique, alors qu'il a fait en moyenne plus chaud en Espagne et en Italie. Mais la différence de températures entre la première et la seconde canicule a été plus élevée en France : +6°C en moyenne, contre +4°C pour l'Allemagne et l'Italie, et 3°C pour l'Espagne.
“Cette tendance suggère qu'une variation de chaleur plus brutale entre deux vagues pourrait perturber davantage les habitudes qu'une chaleur soutenue à laquelle les gens ont eu le temps de s'adapter”, explique le rapport. L'exemple de l'Espagne, qui a connu les températures les plus fortes, le confirme. “Une adaptation culturelle et infrastructurelle plus profonde à la chaleur extrême prolongée, comme les horaires de sieste et les protections solaires”, permet de mieux supporter les températures élevées.
Une étude de 2025, publiée dans la revue Sleep, identifiait déjà la France comme l'un des marchés les plus sensibles à la chaleur. “Les nuits autour de 20 °C étaient associées à une hausse relative de 60 à 75 % du risque de sommeil court”, soit plusieurs fois supérieure à la hausse de 10 à 20 % observée dans des villes états-uniennes comparables.
Une autre étude de 2025, publiée dans l'European Respiratory Journal, montrait que “le risque d'apnée obstructive du sommeil modérée à sévère augmentait d'environ 13 % pendant ces vagues de chaleur”, avec des températures nocturnes moyennes supérieures de 2,84 °C à la normale. Il est grand temps de s'adapter et d'adopter les bons réflexes face à la canicule.