Désespéré pour vendre son Cybertruck, Tesla cible désormais les conducteurs qui perdent la vue
Un conducteur qui perd la vue achète un Cybertruck pour le FSD, et Tesla relaie fièrement la vidéo. Le problème est simple, si le système plante, qui reprend la main ? Le constructeur contredit ouvertement sa propre documentation officielle.
Les technologies d'aide à la conduite font depuis longtemps l'objet de controverses. Plusieurs accidents impliquant des systèmes automatisés ont donné lieu à des procès retentissants. La pression judiciaire et réglementaire autour de ces outils ne cesse de croître. Tesla accumule les démêlés avec les autorités autour de son système Full Self-Driving. En Californie, le Department of Motor Vehicles a contraint le constructeur à retirer le terme Autopilot de ses publicités. Une décision administrative avait jugé sa communication trompeuse.
Malgré ce contexte, Tesla continue de promouvoir le FSD de manière agressive. Le compte officiel Tesla North America a récemment relayé sur X la vidéo d'un certain Ricky, nouvel acheteur d'un Cybertruck. Cet homme explique que son ophtalmologue lui a recommandé une Tesla équipée du Full Self-Driving en raison de ses problèmes de vision. Le médecin, lui-même propriétaire de deux Tesla, lui aurait organisé un essai et expliqué le fonctionnement du système. Ricky affirme que la voiture a conduit seule pendant une heure et demie sur trois itinéraires. Il n'a jamais touché le volant.
Freedom https://t.co/uG1Yr7XoRf
— Tesla North America (@tesla_na) March 29, 2026
Le FSD de Tesla reste un système Level 2 qui exige un conducteur capable de reprendre la main à tout moment
Le fabricant classe pourtant officiellement le Full Self-Driving comme un système d'aide à la conduite de niveau 2. Selon la propre documentation du constructeur, le conducteur doit rester attentif et responsable du véhicule à tout moment. Le système ne rend pas la voiture autonome. Encourager un malvoyant à s'y fier revient donc à lui vendre une illusion. Les limites concrètes du FSD ont pourtant déjà été documentées. Une Tesla a traversé sans ralentir la barrière d'un passage à niveau avec le système activé. Le conducteur a freiné au dernier moment pour éviter le pire.
Le problème est simple et brutal. Si le FSD rencontre une situation qu'il ne sait pas gérer, le conducteur doit reprendre la main en quelques secondes. Des études montrent qu'il faut entre cinq et huit secondes pour se réengager mentalement après une phase automatisée. Un malvoyant ne peut pas assumer cette responsabilité. Tesla le sait, puisque ses propres conditions d'utilisation le précisent noir sur blanc.
La NHTSA, le régulateur américain de la sécurité routière, enquête sur 3,2 millions de véhicules Tesla équipés du FSD. Des plaintes pour accidents liés au système se multiplient. En relayant cette vidéo, Tesla prend un risque juridique considérable. Un avocat pourra facilement utiliser ce repost comme preuve. Il montrera que le constructeur encourage des conducteurs inaptes à se reposer sur un système classé Level 2.
