Cette étoile pas encore née abrite déjà de quoi donner la vie
Des scientifiques ont découvert la présence d'une molécule indispensable à la naissance de la vie dans une étoile en formation. De quoi laisser penser qu'elle pourrait créer des mondes habitables dans le futur.

Sommes-nous seuls dans l'univers ? La grande question que l'Homme se pose depuis des centaines d'années. Mais il faudrait préciser que l'on parle de “vie intelligente”, sous-entendu comme la nôtre ou, a minima, celles des animaux qui peuplent la Terre. Parce que de la vie au sens stricte du terme, cela renvoie par exemple à des bactéries et autres cellules invisibles à l’œil nu. Et si on commence à se dire que la vie n'a pas forcément besoin d'eau voire de planète pour apparaître, on s'intéresse toujours à ce qui permet son émergence.
À commencer par les “briques” fondamentales, des molécules renfermant ce qu'il faut pour entraîner une évolution vers celles, plus complexes, qui constituent des organismes vivants. Or, il se trouve qu'une équipe de scientifiques menée par l'astronome Yuxin Lin en ont découvert à 554 années-lumière d'ici. Dans un nuage de gaz et de poussière appelé L1544, une étoile en devenir qui, après sa naissance, s'accompagnera de plusieurs planètes.
Un “pack de démarrage” pour la vie découvert dans une étoile en formation
La molécule en question s'appelle la méthanimine, ou CH2NH2 pour les chimistes. Étonnamment, on la trouve dans des endroits a priori très inhospitaliers comme le cœur brûlant d'une étoile à peine née ou des grains de glace parcourant l'univers. Ici, il y en a donc dans une formation pré-stellaire prête à s'effondrer sur elle-même par l'action de sa propre gravité.
Dire que la méthanimine est un “pack de démarrage” pour la vie n'est pas une vue de l'esprit : si vous “brisez” la molécule, vous vous retrouverez avec de l'hydrogène, du carbone et de l'azote. Autant d'ingrédients nécessaires.
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“Cela démontre que les réactions chimiques prébiotiques clés de l'azote et du carbone restent actives même dans la phase froide et quiescente qui précède l'effondrement, garantissant ainsi que les précurseurs organiques tels que le CH2N2 puissent être hérités par la prochaine génération d'étoiles et de planètes en formation“, résume l'étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters.