QuitGPT, le boycott de ChatGPT prend de l’ampleur sur fond de scandale
ChatGPT fait face à un boycott inédit lancé par un mouvement baptisé QuitGPT. En cause, des liens politiques et des contrats avec des agences gouvernementales. Des milliers d’utilisateurs affirment avoir déjà annulé leur abonnement.
Ces dernières années, certaines marques technologiques ont vu leur image publique se détériorer, non pas à cause de leurs produits, mais à cause de leurs dirigeants. En 2024, des propriétaires de Tesla aux États-Unis avaient commencé à coller des autocollants anti-Elon Musk sur leurs voitures pour dénoncer son soutien affiché à Donald Trump. Ces gestes traduisent un malaise grandissant chez les utilisateurs, de plus en plus attentifs aux convictions politiques derrière les marques qu’ils consomment.
Aujourd’hui, c’est OpenAI qui se retrouve au centre d’une polémique similaire. Le mouvement QuitGPT, né début février 2026, incite les utilisateurs à se désabonner de ChatGPT en signe de protestation. Plusieurs motifs sont avancés, notamment des dons politiques effectués par le président de la firme, Greg Brockman, à un super PAC pro-Trump, ainsi que des contrats passés entre cette dernière et des agences gouvernementales américaines. Cette crise intervient alors que Microsoft, principal partenaire de l’entreprise, annonce vouloir développer ses propres modèles d’IA et réduire sa dépendance à celle-ci.
Le mouvement QuitGPT appelle les abonnés à annuler ChatGPT pour raisons politiques et éthiques
Le mouvement QuitGPT prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux et des plateformes dédiées. Il incite les abonnés de ChatGPT à résilier leur abonnement, supprimer l’application, et tester des alternatives comme Gemini de Google ou Claude d’Anthropic. D’après les organisateurs, plus de 700 000 personnes auraient déjà pris cet engagement, bien que ce chiffre n’ait pas pu être confirmé de manière indépendante.
Les griefs avancés sont multiples. Le mouvement critique d’abord les prises de position politiques de la direction de l’entreprise, jugées incompatibles avec les valeurs d’une partie de la communauté technophile. Il dénonce aussi l’utilisation de ses outils dans des contextes sensibles, comme la sélection automatisée de candidatures pour l’agence américaine de l’immigration (ICE). Plus largement, les partisans du boycott reprochent à la société d’avoir abandonné sa mission initiale à but non lucratif, ce qui remettrait en cause sa neutralité et son indépendance. Pour de nombreux abonnés, continuer à utiliser ChatGPT revient désormais à cautionner des choix politiques et éthiques controversés.
