Une lune voisine de la Terre cache peut-être les conditions idéales pour la vie
Une lune glacée intrigue de plus en plus les scientifiques. Sous sa surface, un mécanisme naturel pourrait faire descendre des éléments essentiels jusqu’à son océan caché. Cette découverte relance les espoirs de trouver de la vie ailleurs que sur Terre.

Depuis plusieurs années, la recherche de vie extraterrestre ne se limite plus à Mars. Les lunes glacées des planètes géantes, comme Encelade ou Europe, attirent de plus en plus l’attention des scientifiques. Leur surface gelée cache souvent un océan liquide, protégé des rayonnements et potentiellement riche en éléments chimiques. Mais comprendre comment ces ingrédients atteignent ces océans reste l’un des grands défis de l’astrobiologie.
Une étude récente apporte un nouvel élément de réponse. Elle s’intéresse à Europe, lune glacée de Jupiter déjà connue pour ses conditions intrigantes. Les chercheurs y ont identifié un processus naturel capable de transporter des composés chimiques depuis la surface gelée jusqu’à l’océan souterrain. Ce phénomène pourrait rendre l’environnement d’Europe bien plus propice à la vie que ce que l’on pensait jusqu’ici.
Des blocs de glace salée s’enfoncent vers l’océan d’Europe en transportant des éléments vitaux
Publié dans The Planetary Science Journal, ce travail s’appuie sur des modèles informatiques simulant l’évolution de la glace d’Europe. Les chercheurs ont découvert que certaines poches de glace, riches en sel, deviennent plus lourdes et plus fragiles que la glace pure. Avec le temps, elles peuvent se détacher et s’enfoncer lentement dans la croûte, jusqu’à atteindre l’océan situé jusqu’à 30 kilomètres plus bas. Ce mécanisme, appelé « lithospheric foundering », ressemble à un processus observé sur Terre, où des blocs de croûte terrestre plongent dans le manteau.
Selon l’étude, ces blocs pourraient atteindre l’océan en quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d’années, selon l’état de la glace. Même avec une faible concentration de sel, le phénomène reste possible si la surface a été fragilisée. Ce mouvement lent mais constant permettrait à des composés riches en oxygène, formés en surface par les radiations de Jupiter, de descendre dans l’océan. Ces éléments pourraient servir de source d’énergie chimique pour des formes de vie simples. La mission Europa Clipper, qui arrivera en 2030, analysera ces régions de plus près lors de survols répétés de la lune.

