Zoom : tout savoir sur la NM Card de Huawei

Maj. le 21 novembre 2018 à 18 h 17 min

Invitée surprise de de l’annonce des Mate 20 et Mate 20 Pro, la NM Card a fait coulé beaucoup d’encre (numérique, forcément). Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce format de stockage développé par Huawei.

L’impossibilité d’étendre la mémoire de stockage d’un Mate était le principal reproche récurrent adressé à Huawei par ses clients. Pour sa défense, le constructeur arguait qu’avec 64 ou 128 Go de stockage intégré, l’extension de la capacité interne n’était pas une urgence absolue. L’arrivée de la captation vidéo en 4K et le support des photos au format RAW ont changé les choses et Huawei s’est mis à plancher sérieusement sur le sujet. Le plus évident était bien entendu d’utiliser la bonne vieille microSD. le format est universellement reconnu et standardisé par la SD Association, organisme interconstructeur dont Huawei est membre . Bien entendu, la micro SD n’était pas une nouveauté pour Huawei, qui l’utilise depuis des années dans ses produits.

La compacité avant tout

Utiliser une Micro SD dans les Mate 20 et Mate 20 Pro posait toutefois un problème majeur, celui de la taille de la carte. Ne rigolez pas : malgré une superficie de la taille d’un ongle, la microSD est à l’heure actuelle un composant encombrant. « La multiplication des antennes à l’intérieur des smartphones à l’occasion du lancement de la 5G rend bienvenu tout gain de place dans l’appareil » explique François Hingant, Directeur Marketing Produit de Huawei CBG France. Et notamment dans des smartphones toujours plus compacts et devant bénéficier d’une autonomie de plus en plus importante, d’un écran bord à bord et des modules bi ou tricaméras… Bref, un tri sélectif devait impérativement avoir lieu.

La première victime fut le vénérable port jack audio, très regretté des audiophiles à en croire les débats récurrents sur le sujet dans les commentaires de nos tests. À n’en pas douter, la carte SIM lui emboîtera le pas un jour ou l’autre vers le Panthéon des gloires technologiques passées, remplacée par l’eSIM… dès que les opérateurs se seront faits à l’idée. Car la disparition d’une SIM physique les prive (un peu) de la maîtrise de l’abonnement de l’utilisateur au profit du constructeur.

Huawei a conçu la NM Card afin qu’elle soit avant tout compacte. Elle l’est indéniablement puisque sa taille est 45% inférieure à celle d’une NanoSD. Le constructeur a eu l’idée de lui faire épouser les dimensions exactes d’une nanoSIM. Si l’on utilise qu’une seule ligne téléphonique – ce qui est le cas pour la majorité des utilisateurs occidentaux -, le second emplacement peut alors accueillir une NM Card.

Complémentaire, pas remplaçante (pour l’instant)

Huawei l’affirme la main sur le coeur : il n’est pas question avec la NM Card de vouloir concurrencer la MicroSD ni d’en garder l’exclusivité. « NM Card est un format ouvert à tous les constructeurs qui souhaitent l’utiliser », assure François Hingant. Au moment où ces lignes sont écrites, aucun constructeur n’a manifesté officiellement d’intérêt pour la NM Card. De fait, Huawei n’est pour l’instant pas en mesure de nous dire quelle forme prendra cette ouverture au côté financier. Il est toutefois fort probable que le constructeur mette en place un système de royalties. Si c’est le cas, espérons qu’il ne sera pas trop gourmand afin de ne pas décourager les industriels potentiellement intéressés.

Huawei pourrait-il faire adopter sa NM Card par la SD Association comme successeur de la MicroSD ? Techniquement, rien ne semble s’y opposer, la NM Card étant technologiquement très proche de la microSD. Reste à convaincre la SD Association et ses membres qui pourraient prendre ombrage de l’initiative.

NM Card et UFS Card

Les tentatives de remplacement de la vieillissante microSD ne datent pas d’hier. On se rappelle peut-être qu’en 2016 Samsung Semiconductors a annoncé la première carte mémoire UFS (Universal Flash Storage). Elle reprend le format de la microSD (avec des connecteurs différents), tout en étant jusqu’à cinq fois plus rapide (jusqu’à 1200 Mo/s pour l’UFS 2.0). Si l’UFS est déjà utilisé dans sa version embarquée dans un nombre croissant de produits, il n’en va pas de même pour sa déclinaison carte. Et pourtant, le format a de nombreux avantages en termes de débits, mais aussi de consommation d’énergie.

L’UFS Card est ouvertement destinée à succéder à la microSD. Afin de faciliter la transition, Samsung a même conçu un lecteur interne capable d’accepter les deux formats. Qu’il s’agisse de la version interne ou de la carte, la promotion de ce standard prometteur est assurée par l’UFS Association. On y retrouve entre autres Microsoft, Samsung, Western Digital (maison-mère de SanDisk), Crucial et… Huawei.

Qualcomm quant à lui, supporte l’UFS en plus du SD depuis le SnapDragon 835 (novembre 2016). À ce jour, aucun produit grand public supportant les cartes UFS n’a encore été annoncé. Cela signifie-t-il qui le marché n’est pas encore prêt à accepter un nouveau format de cartes ? On peut le penser si l’on prend pour exemple le marché de la photographie, où les principaux acteurs n’arrivent pas à faire adopter de nouveaux formats de cartes ultra performantes comme le XQD.

La taille compte, finalement

L’UFS Card se positionne comme nettement plus rapide que la microSD tout en conservant les mêmes dimensions. Huawei a choisi une stratégie différente en mettant en avant la miniaturisation de la NM Card plutôt que l’augmentation des performances. Ainsi, son débit maximal théorique en lecture atteint 90 Mo/s (identique à celui d’une bonne microSD) et autorise donc la lecture de vidéo 4K HEVC. Aucune indication n’est donnée quant à la vitesse d’écriture.

Bien entendu, la curiosité nous a poussée à tester une NM Card 128 Go. Nous avons ainsi mesuré un débit en lecture variant entre 85 et 87 Mo/s (donc proche des chiffres annoncés) tandis que le débit en écriture se situe entre 71 et 74 Mo/s. On ne rencontrera donc pas de mauvaise surprise sur les performances, tant en enregistrement 4K HEVC qu’en lecture.

Les plus attentifs de nos lecteurs auront sûrement remarqué en examinant la capture d’écran de BlackMagic Disk Speed Test que nous avons effectué nos mesures sur un ordinateur. Nous avons pour cela utilisé l’adaptateur NM Card conçu par Huawei qui autorise la connexion de la carte sur un notebook en USB-C ou USB 3.0. A noter aussi qu’il est équipé d’un lecteur de microSD, histoire de faciliter le transfert de fichiers d’une carte vers l’autre.

L’adaptateur devrait être disponible en France pour une vingtaine d’euros, Huawei n’ayant pas été en mesure pour l’instant de nous communiquer son prix définitif.

Chère, la NM Card ?

La NM Card existe en trois capacités – 64, 128 et 256 Go – mais dans les faits, Huawei France ne compte distribuer que la version 128 Go, la seule intéressante à ses yeux. Si l’on peut à la rigueur comprendre l’absence de la version 64 Go, on tique un peu face à la non-commercialisation du modèle 256 Go. Huawei justifie ce choix par la taxe sur la copie privée dont le montant pour une telle capacité est jugé trop important (15,36 € pour 256 Go) pour attirer les acheteurs potentiels.

Cette explication, aussi compréhensible soit-elle, nous laisse songeurs puisque les cartes microSD sont taxées de la même manière et tournent preneurs en France. Faut-il donc comprendre en filigrane que le prix de vente des NM Card serait bien plus élevé que celui des microSD ? Pas vraiment.

Le tarif officiel d’une NM Card de 128 Go est de 79 € TTC, ce qui est en phase avec les tarifs officiels de constructeurs comme SanDisk pour des microSD de capacité et vitesse équivalentes. Comme pour les microSD, les revendeurs pratiquent des prix bien plus intéressants. Il est par exemple possible de trouver la carte à 51,47 € sur Amazon.fr, prix que nous jugeons plus raisonnable. Étonnamment, les sites chinois comme AliExpress pratiquent pour l’instant un tarif plus élevé qu’Amazon (53,60 €, frais de port inclus, mais sans les taxes), mais proposent les versions 64 et 256 Go à respectivement 33,10 et 107,40 €.

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