Maj. le 29 avril 2019 à 12 h 40 min

Après avoir lancé les P30 et P30 Pro, Huawei commercialise en France le P30 Lite. Comme son nom le laisse supposer, le nouveau venu est une déclinaison allégée de ses grands frères afin de proposer un point d’entrée abordable dans la famille P30. Cette annonce est tout sauf une surprise, les gammes P10 et P20 ayant elles aussi eu droit à une déclinaison allégée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la série Lite rencontre le succès.

D’après l’institut d’études marketing GfK, le P20 Lite a été pendant l’année 2018 dans le Top 3 des ventes de smartphones en France tous canaux confondus (opérateurs, enseignes spécialisées et Internet). En ce printemps 2019, il figure encore dans la liste des dix smartphones les plus vendus. Pas mal pour un produit qui accuse un an d’ancienneté (soit une éternité dans le monde des nouvelles technologies).

Dire que son successeur était attendu tient de l’euphémisme. Le P30 Lite à la hauteur de la réputation de son prédécesseur ? Pour le savoir, rien ne valait un bon vieux test ! Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, précisons que nous testons la version française du P30 Lite et non pas une version chinoise ou canadienne. Cette année, Huawei laisse un peu de latitude à ses filiales régionales en matière de configurations, notamment en termes de mémoire de travail ou de stockage intégré.

Prix et date de sortie

Le P30 Lite est disponible en France dès aujourd’hui au prix de 369 € hors abonnement. S’il suit le même chemin que son prédécesseur, il devrait rapidement se trouver à un prix plancher moyennant l’acquisition d’un abonnement avec engagement. À noter que son prix de lancement est identique à celui du P20 Lite, mais il dispose de plus de mémoire de stockage et d’un appareil photo plus performant.

Fiche technique

 Huawei P30 Lite
Dimensions72,7 x 152,9 x 7,4mm
Poids159 g
Ecran6,15" IPS LCD
Définition1080 x 2312 pixels, 19,3:9
Capteur d'empreintesOui
SoCHiSilicon Kirin 710 (12 nm)
Mémoire interne128 GB
microSDoui, jusqu'à 512 Go
Double SIMOui
RAM4 Go
Capteur photo principalTriple :
- 48 MP, f/,.8, 27mm
- 8MP, f/2,4, 17 nm
- 2 MP, f/2,4
Capteur photo secondaire24 MP f/2
Zoom optiquenon, zoom 2x "sans perte"
OSEMUI 9.1 + Android 9.0 Pie
ConnectivitéWi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac, Bluetooth 4.2
NFCOui
Port infrarougeOui
Batterie3340 mAh
Recharge rapideOui, chargeur 18W USB-C
Recharge sans filNon
Recharge sans fil inverséeNon
Colorisnoir piano, blanc nacré et bleu paon

 

Design : très réussi

Le P30 Lite reprend l’essentiel des codes esthétiques des deux autres membres de la famille. La face arrière affiche un dégradé de bleu violet joliment baptisé « Twightlight ». On pourra aussi opter en France pour un noir piano ou un blanc nacré, lui aussi du plus bel effet. Quelle que soit la couleur, tous ont en commun de conserver avec enthousiasme la moindre poussière ou empreinte digitale, forçant l’utilisateur maniaque à le nettoyer souvent ou à l’équiper d’une coque. Petit prix oblige, le lecteur d’empreintes est déplacé au dos. Il est accompagné d’un triple module photo dépassant de quelques millimètres ainsi que d’un flash LED mono-ton : nous y reviendrons plus loin.

 

Le P30 Lite reprend à peu de choses près les dimensions du P30 tout en étant plus long de 4 millimètres.
Le flanc droit héberge trois touches mécaniques (contrôle du volume et mise sous tension), le tiroir nanoSIM + microSD se trouve sur la face supérieure tandis que le port USB-C ainsi que la prise jack audio sont logés sur la face opposée. Notons avec intérêt que Huawei n’a pas opté pour la NM Card et a conservé l’antique connecteur audio. Interrogé à ce sujet, le constructeur indique que la version Lite du P30 disposait de l’espace nécessaire au logement de ces deux équipements contrairement aux P30 et P30 Pro. Dommage enfin que le P30 Lite ne bénéficie d’aucune protection particulière contre l’eau et les poussières.

 

Écran : sûrement un des points forts

Série Lite oblige, Huawei troque l’affichage OLED du P30 contre son homologue LCD. Celui-ci dispose d’une diagonale de 6,15 ’’, affiche 2312 x 1080 pixels et recouvre 84 % de la face avant. Il produit une image que nous jugeons globalement très bonne, notamment après avoir fait un tour dans les réglages. Et encore : cela n’est véritablement nécessaire que pour les inconditionnels de la fidélité colorimétrique (dont nous sommes).

Les autres se contenteront sans aucun problème des couleurs un poil boutées afin de rendre l’image plus flatteuse à l’œil.

Qu’il s’agisse de jouer, de regarder des vidéos ou de retravailler une photo, la grande surface de l’écran reste appréciable. L’encoche, ici réduite à une simple goutte, se fait rapidement oublier. Certes, on n’atteint pas ici le niveau de contraste d’un écran OLED, la dalle du P30 Lite n’a pas à rougir face à la concurrence, loin de là.

 

Performances : correctes pour un entrée de gamme

Le P30 Lite embarque un Kirin 710 octocore, 4 Go de mémoire vive ainsi que 128 Go de stockage (extensible à l’aide d’une carte micro SD). Le processeur milieu de gamme, associé à une quantité correcte de RAM, convient parfaitement à ce type de produit destiné à une utilisation non intensive. Si d’aventure vous souhaitiez lancer un jeu très consommateur de ressources comme Fortnite ou PUBG, il faudra faire un choix entre les performances ou la qualité graphique. Et encore, on pourra parfois faire face à un affichage saccadé. Ce n’est au final pas si grave que cela, le smartphone restant homogène dans tous les autres usages.

Au petit jeu des benchmarks, le P30 Lite affiche un score Antutu très moyen de 131 768 points, soit moins que les 178 891 points engrangés par le Mi 9 SE de Xiaomi, l’un de ses concurrents directs. Le P30 Lite confirme ici son statut d’appareil d’entrée de gamme destiné aux utilisateurs friands de réseaux sociaux, de multimédia, mais ne souhaitant pas utiliser les jeux dernier-cri.

 

Interface : et le mode sombre ?

Sans surprise, le P30 Lite embarque Android 9.0 ainsi que la surcouche maison EMUI dans sa version 9.0.1. On notera que les P30 et P30 Pro ont droit à EMUI 9.1, doté de quelques fonctions supplémentaires dont l’activation du mode sombre. Malgré les justifications de Huawei (« le mode sombre permet d’économiser la batterie avec un écran OLED, mais pas avec un LCD ») on ne peut que regretter cette omission. Car au-delà de l’énergie, le mode sombre économise aussi les yeux de l’utilisateur, soumis à rude épreuve lorsque la luminosité augmente. Espérons que le constructeur reviendra sur cette étrange décision lors d’une prochaine mise à jour !

theme noir
En fouillant un peu dans les thèmes proposés en ligne par Huawei, on peut radicalement changer l’apparence de l’interface.

Pour le reste, rien à signaler de particulier : EMUI 9.0.1 fait toujours partie des surcouches à notre avis les plus agréables à utiliser… à défaut d’être la plus moderne. Un rafraîchissement de l’interface et surtout une refonte de la section Paramètres seraient les bienvenus. Car il faut bien le reconnaître, EMUI commence à prendre un sacré coup de vieux lorsqu’on la compare à One UI, l’interface équipant désormais les smartphones Samsung. D’après nos sources, cette refonte de l’interface est demandée à corps et à cri par la plupart des filiales régionales et fait désormais partie des challenges prioritaires de l’équipe de développement logiciel.

Fort heureusement, vieillot n’est pas ici synonyme d’obsolète et EMUI 9.0.1 remplit dignement sa mission. L’interface réagit avec fluidité et nous n’avons rencontré lors de nos tests aucun problème particulier, même après avoir appliqué un thème dépoussiérant un peu l’aspect de l’interface.

 

Réseau/wireless/GPS : dans la moyenne

Le P30 Lite embarque un modem 4G de catégorie 13. Cela lui permet d’atteindre des débits théoriques maxi de 390 Mbit/s en descente et 150 Mbit/s en montée. On est loin des possibilités d’un haut de gamme comme le P30 Pro. Qu’importe : le P30 Lite donne entière satisfaction en utilisation courante, y compris en visionnant des vidéo en ligne… à condition que le réseau 4G+ ne soit pas surchargé. Dans la pratique, nous n’avons pas rencontré de problème particulier sur les réseaux 4G des quatre opérateurs nationaux à Paris et en région parisienne (débit moyens constatés variant entre 60 et 110 Mbit/s). Comme d’habitude, ces chiffres sont donnés à titre indicatif et varient largement selon la position géographique lors de l’utilisation.

La connexion Wifi ac ne pose aucun problème particulier, tout comme le GPS dont la synchronisation est très rapide. Pas de problème non plus avec la connexion Bluetooth 4,2, même si on aurait trouvé logique de bénéficier de la version 5.0.

 

Audio : jetez les écouteurs fournis

Sans être ébouriffant de perfection, l’unique haut-parleur du P30 Lite fait tout de même un bon boulot. Le son produit ne grésille pas et bénéficie d’une certaine clarté. Les basses sont certes sous-représentées, mais sans que cela ne soit véritablement dramatique. Tel quel, le P30 Lite est un compagnon audio agréable pour une utilisation occasionnelle. Le son produit en communication téléphonique est lui aussi fort honorable, tant en mode mains-libres qu’en écoute à l’oreille.

Les choses se gâtent dès que l’on envisage l’utilisation des écouteurs fournis. Ceux-ci, équipés d’une prise jack audio, sont mauvais : peu de puissance sonore, audio étouffée, basses inexistantes et médiums désespérants de platitude. Nous avons tenté d’améliorer le rendu audio en activant les réglages Histen, la technologie maison d’amélioration de l’écoute au casque, sans obtenir de résultat probant.

Le seul moyen d’obtenir un son correct est d’utiliser d’autres écouteurs ou un casque digne de ce nom. Heureusement, le P30 Lite embarque le codec aptX HD axe qui laisse augurer une bonne qualité de son en Bluetooth… à condition d’avoir des fichiers audio à la hauteur.

 

Appareil photo : le Diable est dans les détails

L’encoche de l’écran abrite une unique caméra équipée d’un capteur 24 Mpxls et d’un objectif moyen-angle ouvrant à f/2. Elle produit des images de bonne qualité en forte et moyenne luminosité. Sans surprise, le bruit numérique s’invite rapidement dès qu’elle baisse. L’autofocus reste raisonnablement réactif compte tenu du positionnement du smartphone. La captation vidéo s’effectue au maximum en Full HD 30p, une stabilisation électronique permettant d’obtenir une image correcte.

Le module photographique arrière, équipé de trois caméras, semble bien plus intéressant même s’il n’est pas co-conçu avec Leica et n’utilise donc que les technologies Huawei. Exit aussi le capteur RYYB qui nous avait tant impressionnés sur le P30 Pro : il faut bien laisser quelques avantages aux produits haut de gamme ! Le capteur principal embarque 48 Mpxls et dispose d’un objectif ouvrant à f/1,8. Le second module est équipé d’un capteur 8 Mpxls et d’un objectif ultra grand-angle ouvrant à f/2,4. Enfin, le troisième module et son capteur de 2 Mpxls ne sont là que pour apporter des informations de profondeur de champ aux deux autres.

photo

Pas de grosse surprise au niveau de l’interface photographique qui n’évolue pas vraiment depuis le P10. Seul détail énervant, le positionnement malheureux sur l’écran de l’icône HiVision (sorte de Google Lens à la sauce Huawei). Placée exactement à l’endroit où l’on pose le pouce gauche afin de réaliser une photo en mode paysage, elle démarre HiSense. Il faut alors sortir de l’interface de reconnaissance d’images puis recommencer en faisant attention où l’on met ses doigts.

Très grand angle
Très grand angle

Grand angle
Grand angle

Zoom 2x
Zoom 2x

La qualité des images produites par le P30 Lite est très variable selon le type de prise de vue réalisée. Par défaut, l’IA reste active afin de reconnaître les scènes et adapter les réglages de l’appareil en conséquence. Dans ce cas, les images sont belles en plein soleil sans utiliser de zoom. En zoom x2, les choses se gâtent un peu dès que la lumière faiblit. Rien de véritablement surprenant en cela, même si l’on pensait que l’utilisation d’un capteur 48 Mpxls pour produire une image de 12 Mpxls aurait fourni un meilleur résultat. En très grand angle, l’image ne pèse plus que 8 Mpxls, soit la résolution nominale du capteur. L’image nous semble très correcte tant que l’on ne cherche pas à l’examiner de trop près, surtout en basse luminosité.

En téléobjectif ou grand-angle, l’image manque rapidement de piqué, le lissage imposé aux Jpegs par le processeur d’images gommant les détails les plus fins. Cela reste quasiment invisible tant que l’on examine pas l’image en taille réelle sur un ordinateur. Ne comptez pas sur le mode pro afin d’obtenir un meilleur résultat puisqu’il n’offre pas la capture au format RAW. On peut toujours tenter de shooter en 48 Mpxls (uniquement en mode pro), mais cela n’améliorera pas le niveau de détail. Au passage, on aurait apprécié la présence d’une stabilisation.

Même s’il est loin d’être mauvais, le module photo du P30 Lite déçoit un peu si l’on souhaite réaliser de belles images. Vous serez tout de même satisfait du résultat s’il ne s’agit que de partager vos œuvres sur un réseau social ou de les imprimer en petit ou moyen format. Mais pas plus.

 

Autonomie

Equipé d’une batterie de 3340 mAh, le P30 Lite pourra vous suivre dans vos activités numériques pendant une bonne journée (un peu moins en cas d’usage intense du jeu ou de la vidéo). En utilisation modérée, il tiendra un peu plus d’une journée, même s’il nous semble pertinent de le laisser en charge durant la nuit. À ce sujet, le smartphone est fourni avec un bloc secteur 18 Watts. Il n’est en revanche pas compatible avec la charge à induction : il n’y a pas de petites économies !

En conclusion

Issu d'une lignée prestigieuse, le P30 Lite affiche un incontestable air de famille avec ses grands frères. S'il n'est mauvais sur aucun aspect (à l'exception des effroyables écouteurs fournis), il ne se démarque pas non plus de la concurrence. Seul son bel écran le sort du lot des produits d'entrée de gamme et dans une certaine mesure les performances photographiques en bonne luminosité. Ce smartphone sans prétention fera le bonheur des utilisateurs non gamers en étant un compagnon de route tout à fait acceptable.

Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers tests !
Test du OnePlus 7T Pro : une mise à jour qui coûte cher

OnePlus a dévoilé le OnePlus 7T Pro ainsi que les derniers détails sur le 7T lors d’une conférence à Londres. Nous avons eu la chance d’utiliser la version Pro plusieurs jours avant son annonce officielle. Découvrez notre test complet en avant-première.

Test du Samsung Galaxy Fold : le futur, c’est maintenant !

Dévoilé pour la première fois en février 2019, le Galaxy Fold arrive enfin sur le marché. Le premier smartphone pliable au monde est passé entre nos mains pendant quelques jours. Découvrez notre test complet du smartphone du futur !

Test OnePlus 7T : un peu plus près des étoiles

Comme chaque année, OnePlus décline son smartphone en version « T ». En 2019, le constructeur propose deux modèles (7T et 7T Pro) qui promettent de belles améliorations. Suffisamment pour aller titiller les ténors du marché ? Nous avons testé le 7T en avant-première.

Test de l’Asus ROG Phone 2 : le smartphone gaming ultime

Dévoilé en Chine à l’été 2019, le ROG Phone 2 est officiel en Europe et en France. Lancé en deux versions, nous avons pu le tester en avant-première. Découvrez nos impressions sur le dernier smartphone gaming d’Asus.

Test du Samsung Galaxy A80 : tu me vois, tu me vois plus

Le Galaxy A80 est un ovni dans la gamme Galaxy A de Samsung. Son capteur rotatif monté sur slider fait toute son originalité. Mais il dispose d’autres atouts. Nous l’avons testé pendant plusieurs jours. Découvrez notre verdict.

Test du Black Shark 2 : le smartphone gaming presque irréprochable

Avec son Black Shark 2, Black Shark souhaite titiller Asus et Razer, les références du marché des smartphones gaming. Bourré de technologie, il a l’avantage d’être plus abordable que ses concurrents. Mais est-il plus intéressant ? Réponse dans notre test complet.

OnePlus 7 Pro : notre avis après un mois de test

En 2019, OnePlus souhaite rivaliser avec les meilleurs du marché grâce au OnePlus 7 Pro. Nous l’avons testé au quotidien pendant plus d’un mois. Découvrez toutes nos impressions.

Test du Honor 20 : du neuf avec du View

Honor a dévoilé sa nouvelle gamme Honor 20. Nous avons utilisé en avant-première le plus abordable des deux modèles présentés. Découvrez notre test complet du Honor 20.

Test de l’Oppo Reno : comme un requin dans l’eau

Avec le Reno, Oppo s’attaque au milieu de gamme. Ecran OLED sans encoche, design réussi et performances correctes : le Reno d’Oppo serait-il le modèle parfait ? Réponse dans notre test !

Test du Sony Xperia 1 : un cinéma dans votre poche

Avec le Xperia 1, Sony propose une expérience multimédia unique sur le marché. Grâce à un écran au format 21:9 (le même qu’au cinéma) il souhaite rester au plus près des créateurs de vidéos. Nous l’avons testé pendant plusieurs jours et il a plus d’un atout dans son sac.

Test du Realme 3 Pro : la nouvelle référence des smartphones à 200 euros

Realme débarque en France avec un premier modèle baptisé Realme 3 Pro. La nouvelle marque chinoise attaque le marché par le bas avec un modèle à 199 euros. Comme ses concurrents, le constructeur mise sur un excellent rapport qualité-prix. Nous avons testé le Realme 3 Pro pendant quelques jours. Découvrez nos impressions.