Pourquoi les touches J et F du clavier ont quelque chose de spécial ?
Vous ne le savez probablement pas, mais nos claviers cachent des secrets plutôt insolites. Grâce à cet article, vous pourrez pavaner à la machine à la café en dévoilant vos nouvelles connaissances.

Que ce soit pour jouer, travailler ou naviguer sur le web, nous sommes nombreux à utiliser ces deux accessoires indissociables : le fameux combo clavier/souris. Avec les années, vous avez peut-être affiné vos préférences en la matière : avec ou sans fil, ergonomique ou mécanique, ou plutôt gaming avec des LED RGB partout… A chacun son clavier.
Malgré toutes ses différences, nos claviers partagent néanmoins des points communs bien spécifiques. Par exemple, et vous ne l'aurez peut-être jamais remarqué, mais tous les claviers possèdent un trait ou une bosse sur les touches J et F. On vous explique pourquoi.
Pourquoi les touches J et F du clavier sont spéciales ?
De prime abord, difficile de comprendre la spécificité des touches J et F d'un clavier. En réalité, il s'agit d'une question d'ergonomie. Pour faire simple, les bosses ou les traits placés sur ces deux touches servent de repères aux utilisateurs adeptes de la frappe au toucher.
Pour les néophytes, la frappe au toucher consiste à taper sans regarder le clavier, contrairement à la méthode “à deux doigts” employée généralement par les débutants. Elle repose sur deux principes simples : la mémoire musculaire et une position optimale des doigts. Des conditions impératives pour taper rapidement et sans commettre d'erreur de frappe.

Des balises pour les doigts
Dans cette optique, les constructeurs ont choisi de transformer les touches J et F en balises pour nos doigts. Concrètement, elles permettent de trouver machinalement la “rangée d'accueil“. Soit la zone de pose parfaite pour les doigts avant de commencer à taper. Sur un clavier AZERTY l'index gauche se place ainsi sur la touche F, tandis que les trois autres doigts de la main gauche se posent sur les touches D (majeur), S (annulaire) et Q (auriculaire).
Concernant la main droite, l'index termine sur la touche J, tandis que le majeur, l'auriculaire et l'annulaire se déposent respectivement sur les touches K, M et L. Cette configuration permet de minimiser le déplacement des doigts, et donc d'améliorer la vitesse, la fluidité et la précision de la frappe. En outre, ces petits repères sont également bien pratiques pour les personnes atteintes de déficience visuelle.
Un héritage des machines à écrire

Mais d'ailleurs, pourquoi a-t-on adopté ces repères et cette disposition des touches ? Il faut savoir que le QWERTY et l'AZERTY ont été inventés pour nous aider à saisir plus rapidement, mais aussi pour mettre fin à un problème récurrent sur les premières machines à écrire mécaniques.
Sur ces appareils, chaque touche était constituée d'une tige avec un marteau en son bout. Une pression, et hop, la tige frappe un ruban encré avant d'imprimer la lettre correspondante sur la feuille de papier. Seulement, les utilisateurs les plus habiles comme les dactylographes ont mis à mal ce système. En tapant trop rapidement, les marteaux de plusieurs touches pouvaient s'entrechoquer et enrayer la machine.
En 1873, un certain Christopher Latham Sholes met fin au problème en créant une machine à écrire d'un genre nouveau. Pour éviter les blocages, il faut ralentir le temps de frappe des utilisateurs. Pour ce faire, il choisit d'espacer sur le clavier les différentes lettres les plus utilisées dans la langue anglaise. Voilà comment est né le QWERTY. Il faudra attendre le début du XXème siècle pour voir débarquer en France l'AZERTY en lieu et place du QWERTY, une disposition qui serait plus favorable aux spécificités de la langue française (ce qui reste encore à débat aujourd'hui).