Orange : Stephane Richard relaxé par la justice, il reste PDG de l’opérateur

Le sort du PDG d’Orange Stephane Richard était suspendu à une décision de justice dans le cadre de l’affaire autour de l’arbitrage de la vente d’Adidas au Crédit Lyonnais en 2008. L’homme d’affaires y était jugé aux côtés de Bernard Tapie pour complicité d’escroquerie. L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde avait dit son intention de démissionner de ses fonctions de PDG d’Orange en cas de condamnation. Ce qui ne sera finalement pas nécessaire : le tribunal correctionnel de Paris annonce ce mardi 9 juillet la relaxe générale des six prévenus. 

Stéphane Richard
Crédits : Ecole Polytechnique via Flickr

Stéphane Richard était impliqué dans l’Affaire de l’arbitrage autour de la vente d’Adidas, et avait dit son intention de démissionner de la tête d’Orange en cas de condamnation. Le parquet avait requis contre lui trois ans de prison dont 18 mois ferme, 100.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant une durée de 5 ans. Mais coup de théâtre ce mardi 9 juillet 2019 : il vient d’être relaxé par le tribunal correctionnel de Paris, de même que les six autres prévenus dont Bernard Tapie. « Les faits reprochés à monsieur Stéphane Richard n’ont aucun lien de causalité avec la sentence qui a été rendue », a estimé le tribunal.

Stéphane Richard relaxé par la justice dans l’affaire de l’arbitrage de la vente d’Adidas

Comment le patron d’Orange s’est-il retrouvé impliqué dans cette affaire ? Pour le comprendre, il faut revenir à son origine : fin 1992, Bernard Tapie devient ministre sous François Mitterrand. Pour éviter tout conflit d’intérêt, il est alors invité à se séparer d’Adidas – par ailleurs en difficulté financière. La vente est confiée à la Société de Banque Occidentale, filiale du Crédit Lyonnais. Elle se conclut en février 1993 par une transaction de 2 milliard et quatre-vingt-cinq millions de francs (environ 472 millions d’euros). Or, un an plus tard, le Crédit Lyonnais met Bernard Tapie en faillite, ce qui casse un mémorandum signé avec Bernard Tapie qui prévoyait la vente progressive de toutes ses autres affaires afin de rembourser sa dette restante et de constituer, avec le Crédit lyonnais, un fonds d’investissement commun.

L’homme d’affaires décide alors de se retourner contre le Crédit Lyonnais. Il découvre que la banque a organisé la vente via un montage opaque lui permettant d’engranger une plus value de 2,6 milliards de francs (près de 400 millions d’euros) en cas de redressement. Bernard Tapie s’estime trompé par le Crédit Lyonnais – d’autant que suite à sa mise en liquidation de son entreprise par le Crédit Lyonnais, il ne peut plus vraiment porter plainte. La gestion d’Adidas et de sa vente passait en effet par son entreprise Bernard Tapie Finance qui, suite à sa liquidation, devient propriété de la banque. C’est donc le mandataire liquidateur de cette structure qui va au final lancer ce procès monstre qui s’étalera sur une durée de 15 ans. Plus tard, Bernard Tapie obtiendra le droit de se joindre à la plainte.

Après plusieurs jugements favorables et un arbitrage il obtient le 11 juillet 2018, la somme de 403 millions d’euros (243 millions d’euros de dommages, 115 millions d’euros d’intérêts, et 45 millions d’euros de préjudice moral). C’est cet arbitrage qui a fait polémique, et surtout les circonstances dans lesquelles il a eu lieu. Le ministère public soupçonne Bernard Tapie d’avoir joué de son carnet d’adresses pour faire pencher la décision de justice en sa faveur. Christine Lagarde avait été chargée d’organiser l’arbitrage alors qu’elle est Ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy. Or le chef de cabinet de l’époque de la ministre n’est autre que Stéphane Richard – devenu depuis PDG d’Orange. Quelques années plus tard, en 2015, l’arbitrage est annulé au civil pour « fraude » et Bernard Tapie est alors condamné à restituer l’argent perçu. Mais les procédures continuent.

Stéphane Richard s’est ainsi retrouvé accusé de complicité d’escroquerie dans le cadre de la procédure d’arbitrage organisée par Christine Lagarde. «C’est un immense soulagement de voir mon innocence reconnue», a déclaré Stéphane Richard dans la foulée du verdict. Et d’ajouter que cette affaire a été « sa croix depuis de nombreuses années ». Au-delà de l’affaire, ce verdict signifie un maintient du responsable à la tête d’Orange, et évite au groupe les conséquences de son remplacement – en particulier la séparation des fonctions de Président et Directeur général que le ministère de l’Economie souhaite imposer dans toutes les entreprises dont l’Etat est actionnaire. Stéphane Richard a fait savoir qu’il continuerait de cumuler ces fonctions tant qu’il restera à la tête d’Orange.

Source : Le Figaro

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