Prise en main de la MSI Claw 8 EX AI+ : une console portable performante, mais qui va vider votre porte-monnaie
Le Computex 2026 est l’occasion pour Intel de dévoiler ses nouveaux SoC Intel Arc G3 et G3 Extreme à destination des PC consoles portables, et pour MSI d’enfin dévoiler la console qui l’intègre. Voici la MSI Claw 8 EX AI+ que nous avons pu prendre en main.
Malgré la hausse terrible des prix des composants, qui a frappé comme une tonne de brique le Steam Deck de Valve jusque là pourtant si accessible financièrement, le Computex 2026 à Taipei semble être un terrain de chasse privilégié pour les PC consoles portables. Intel a choisi d’y dévoiler ses Intel Arc G3 et G3 Extreme, concurrents directes des Z2 Extreme d’AMD, et son partenaire de toujours MSI l’épaule avec le lancement de la nouvelle MSI Claw 8 EX AI+. Nous avons pu la prendre en main pour nous faire un premier avis sur la console.
Toujours plus “manette avec un écran”
Si les designs des MSI Claw 7 et 8 cherchaient encore à optimiser la transportabilité de l’appareil, la MSI Claw 8 EX AI+ suit la tendance du marché en assumant pleinement et franchement d’être une manette coupée en deux avec un écran au milieu. À bien des égards, la philosophie de sa construction nous rappelle la ROG Xbox Ally, notamment sur son épaisseur ou sa révérence pour l’ergonomie de la manette Xbox One.
Révérence, car l’essentiel des modifications ici présentes est de s’en rapprocher le plus possible. Les boutons ABXY traditionnels sont par exemple devenus plus ronds et sortent un peu plus du cadre, pour imiter la création de l’équipe Microsoft au maximum. Le châssis lui-même se veut avoir le même espacement des touches, mais surtout suivre les mêmes courbes de la manette pour optimiser le placement des doigts sur la façade. La MSI Claw 8 EX AI+ récupère même au passage des moteurs de vibration linéaires lui permettant de proposer des “vibrations HD”.
Deux choix sont cependant plus marquants que les autres. D’abord, les joysticks et gâchettes proposent tous les deux la technologie hall effect, basée sur les aimants, qui évite les écueils du stick drift. Une aubaine, mais qui n’est pas complète alors que la technologie TMR la supplante aujourd’hui ; c’est encore à l’étude dans le département R&D nous dit-on. Enfin, la croix directionnelle choisit de s’inspirer de la GBA SP d’époque en intégrant un dôme métallique au dessus de ses activateurs, permettant d’avoir un ressenti à mi-chemin entre la membrane et le click. C’est bien agréable, même si la soucoupe très creusée de MSI pourra peut-être gêner sur des jeux de combat.
Il faut avouer que tous ces choix fonctionnent, d’autant plus que la marque a réussi à tenir un poids bien maîtrisé de 785 grammes. En main, la MSI Claw 8 EX AI+ “tombe sous le sens”, autant que ne le fait une manette Xbox donc, sans qu’on n’ait envie d’exprimer le moindre inconfort. Une réussite en soi pour un MSI qui s’est longuement cherché sur le design, avec du bon et du moins bon en conséquence. Ici, on sent que le concept des Claw arrive à maturité.
Quelque chose de familier
Maintenant, la MSI Claw 8 EX AI+ n’offre pas non plus que de la nouveauté. À dire vrai, elle recycle même plus d’éléments qu’on ne voudrait bien le croire, à commencer par son écran IPS LCD de 8 pouces de diagonale au ratio 16:10, qui offre donc une définition de 1920 x 1200 pixels. Le tout avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, compatible VRR sur une plage de 48 à 120 Hz. MSI promet 500 nits de luminosité maximale, et on aura tendance à le croire puisqu’on a déjà mesuré cet écran : c’est tout simplement celui de la MSI Claw 8 AI+.
Le seul grand changement le concernant est donc de l’ordre du design avec ce petit rectangle qui dépasse du châssis comme le fait la ROG Xbox Ally à nouveau. Il en va de même pour la capacité de la batterie, à 80 Wh avec recharge à 65W. La même que le modèle précédent, avec une capacité maximale qui correspond essentiellement au mieux de ce qu’a trouvé le marché sur ce point. Le constructeur indique une durée de vie “pareil en mieux” comparée au précédent modèle, donc… Pareil, quoi.
Pour autant, certains points familiers ne sont pas si familiers que ça. Par exemple, les deux ports USB-C sont bien compatibles Thunderbolt 4, Intel oblige, mais le lecteur de cartes micro-SD cache une petite surprise. Il est désormais compatible avec les micro-SD Express, le dernier format en date offrant les meilleurs taux de lecture et d’écriture… pour un certain coût, que les joueurs de Nintendo Switch 2 ont découvert bien vite la console étant la seule à l’avoir adoptée jusqu’ici.
La star, c’est l’Intel Arc G3 Extreme
Prenons un moment pour applaudir AMD qui a réussi son coup : Intel a cédé à l’appel d’une nomenclature très proche de son rival, qui a créé la catégorie. La MSI Claw 8 EX AI+ s’équipe donc d’un Intel Arc G3 Extreme, qui n’est autre qu’un Core Ultra 300 retouché çà et là pour l’optimiser pour les consoles portables.
Au programme, 14 cœurs CPU dont 2 performances, 8 efficients, et 4 ultra efficients, avec un turbo maximal de 4,7 GHz. Les 2 performances sont surtout là pour accélérer les lancements, quand le plu gros de la tâche gaming sera fourni aux 8 efficients ayant accès qui plus est au cache L3. Mais bien sûr, ce que l’on attendait tous était la partie graphique, à savoir l’Intel Arc B390 à 12 cœurs Xe3 dont on a pu chanter les louanges sur les ordinateurs portables sortis en ce début d’année.
Attention par contre : ce SoC n’est pas là pour faire fondre la batterie, et sera donc limité à une plage TDP comprise entre 8 et 35 watts. MSI n’a pas encore officialisé à quels wattages seront les modes AI Engine et Economie d’énergie, mais on peut s’attendre à un comportement similaire à la génération précédente sur ce point. Bien sûr, le mode manuel est toujours accessible dans ses réglages, dont les MSI Quick Settings qui en profitent pour faire une petite cure de beauté et d'amincissement bienvenue.
Pour les performances brutes, on attendra bien sûr de pouvoir avoir la console à la rédaction. Les conditions de test n’étaient pas particulièrement optimales, faisant que nous avons hélas surtout pu observer MSI se reposer un peu trop sur la création de trames par intelligence artificielle pour faire “tourner” un F1 2025 à 92 FPS quand bien même il était à 40 nativement. Tout cela pour entraîner la création de gros artefacts bien visibles sur l’écran ; privilégiez 60 FPS natif avant d’activer n’importe quelle technologie de création de trames.
Il n’empêche que le SoC fait du bien, que ce soit pour créer de la concurrence à un AMD en monopole complet sur la catégorie de produit ou tout simplement pour pousser des moteurs d’upscaling sous IA pouvant rivaliser avec le meilleur de NVIDIA dans des formats bien plus compacts que les PC gamers. Maintenant, le FSR 4.1 arrive à grands pas pour RDNA 3.5 et pourrait complètement changer la donne : il est important que l’équipe bleue pousse l’adoption de ses technologies avant d’être bien trop en retard pour être envisagée.
Un prix qui fait l’effet d’un upercut
Ne mâchons donc pas nos mots ; si nous sommes convaincus de l’intérêt de la MSI Claw 8 EX AI+ en tant que produit, l’offre commerciale est ubuesque. La crise de la RAM n’épargne personne, et certainement pas MSI, faisant que la MSI Claw 8 AI+ avec 1 To de stockage et 32 Go de RAM LPDDR5X à 8533 MT/s sera vendue aux alentours de 1500 dollars. Soit une fourchette comprise entre 1600 et 1700 euros facilement en Europe.
Si les PC consoles portables ont réussi à convaincre certains acheteurs en arrivant sur une catégorie tarifaire de moins de 1000 euros où les PC gamers plus traditionnels perdaient de leurs charmes, difficile de croire au même effet à ces tarifs mirobolants. Certes, tous les prix du marché augmentent, mais les PC consoles portables restent une niche dont on ne connaît pas vraiment la taille. Et pour une grande majorité des observateurs, tout est dans le nom : “niche”.












