Linus Torvalds a changé d’avis sur l’IA et envoie balader les développeurs qui veulent la bannir de Linux
Le créateur de Linux jugeait l'intelligence artificielle gonflée au marketing il y a encore deux ans. Son discours a radicalement changé depuis, au grand dam d'une partie de sa communauté. Les développeurs qui réclament le bannissement de l'IA viennent de recevoir une fin de non-recevoir cinglante.

L'intelligence artificielle a envahi le développement logiciel en quelques mois seulement. Les programmes repèrent des failles en quelques secondes, là où un humain passerait des journées entières. Linus Torvalds avait pourtant tiré la sonnette d'alarme en mai, quand les outils d'IA noyaient la liste de sécurité de Linux sous des rapports de bugs en double. Le créateur du noyau réclamait alors de vrais correctifs plutôt que des signalements automatiques. Son agacement portait sur la méthode, jamais sur la technologie elle-même.
Le noyau Linux teste depuis mars un relecteur automatique baptisé Sashiko. Cet outil analyse chaque correctif envoyé sur la liste de diffusion des développeurs, puis rend son verdict aux mainteneurs. La méfiance envers ces assistants reste vive, comme l'a rappelé le code espion découvert dans Claude Code par un développeur. Une partie des contributeurs du noyau réclame donc le droit de refuser toute relecture par intelligence artificielle. Linus Torvalds a fini par sortir du bois pour clore la discussion.
Linus Torvalds défend un outil qui a repéré la moitié des bugs manqués par les humains
Linus Torvalds a tranché sans détour devant les développeurs du noyau Linux. Selon son message publié sur lore.kernel.org, le créateur du système refuse que son projet devienne anti-IA et invite les mécontents à de créer leur propre du noyau ou à partir. Il compare l'intelligence artificielle à n'importe quel outil de développement, dont l'utilité ne se discute plus. Sashiko a repéré 53 % des bugs sur un échantillon de 1 000 correctifs récents, tous passés au travers des relecteurs humains. Le fondateur ne force personne à s'en servir, mais promet d'ignorer bruyamment ceux qui voudraient l'interdire aux autres.
Le ton du message trahit une lassitude réelle chez le créateur de Linux. Il rappelle que l'intelligence naturelle commet elle aussi son lot d'erreurs, avant de balayer toute dimension militante. “Ce n'est PAS un projet de justiciers sociaux, ça ne l'a jamais été et ça ne le sera jamais“. Le noyau repose sur la technique et rien d'autre. La bagarre autour de Sashiko couve pourtant depuis des mois dans le sous-système mémoire, entre mainteneurs favorables à l'outil et opposants qui le jugent trop bavard.