Mars cachait encore une bizarrerie et cette découverte relance le débat sur son mystérieux passé
Mars cache de nombreux secrets dans ses profondeurs et les scientifiques les percent peu à peu. Parmi eux figure une « anomalie » thermique récemment découverte. Et elle pourrait être l’une des clés de la dichotomie martienne, mais également du mystère de son habitabilité passée.

Mars intrigue les scientifiques. Il faut dire que son passé reste mystérieux, mais que son présent l’est aussi. La Planète rouge présente en effet une singularité : si son hémisphère sud est composé de montagnes et de plateaux très élevés, son hémisphère nord – celui qui aurait autrefois pu abriter un gigantesque océan – est dominé par des plaines basses et lisses.
C’est ce que l’on appelle la dichotomie martienne (ou crustale) et son origine reste une énigme : est-elle le résultat de processus géologiques précoces dans le manteau (la couche entre la croûte et le noyau martiens) ou encore de l’impact passé d’un astéroïde ? C’est finalement une autre « anomalie », récemment découverte par une équipe de chercheurs, qui pourrait (au moins partiellement) l’expliquer – et apporter des éléments de réponse à la question existentielle : la vie a-t-elle déjà existé sur Mars ?
Le souterrain de Mars est aussi énigmatique que sa surface, mais la science avance
Cette anomalie est justement située dans le sous-sol martien et elle a été découverte grâce à une approche inédite appelée tomographie marémotrice. Cette technique permettant de sonder l’intérieur d’un astre a déjà été utilisée pour étudier notre planète et son satellite naturel, mais c’est la première fois qu’elle l’est pour Mars.
Les chercheurs se sont donc appuyés sur 16 ans de données recueillies par trois orbiteurs de la NASA (Mars Global Surveyor, Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter) et se sont aperçus qu’à ce niveau l’hémisphère sud est environ 220 à 415° C plus chaud que l’hémisphère nord.
Mais la découverte de cette dissymétrie thermique ne clôt pas pour autant la question autour de la dichotomie martienne. En effet, des études approfondies sont nécessaires pour comprendre l’origine de cet écart de température, qui pourrait s’expliquer soit par une convection actuelle souterraine, soit par une couche isolante âgée de milliards d’années. De plus, comme le souligne 404media, cette hypothèse n’invalide en rien celle d’un impact ancien.
Certes, cette « anomalie » thermique du manteau martien ne constitue pas une preuve déterminante de l’habitabilité passée de Mars – qui est une question complexe, au même titre que sa structure interne. En revanche, cette dissymétrie constitue l’une des pièces du puzzle. Mais il en manque encore de nombreuses et, pour les obtenir, il est nécessaire de reconstruire l’ensemble de l’évolution martienne. Par exemple, il faudrait encore répondre à la question : Mars a-t-elle déjà eu une tectonique des plaques ?