L’UE interdit certaines fonctions d’IA sur les ordinateurs de ses employés
Le Parlement européen prend ses distances avec l’intelligence artificielle. Certaines fonctions ont été désactivées sur les appareils professionnels des employés. Cette décision fait suite à des inquiétudes liées à la sécurité des données.

Les outils d’intelligence artificielle sont désormais présents dans de nombreux logiciels professionnels. Ils permettent de résumer des documents, rédiger des mails ou analyser des données. Pourtant, les risques liés au partage d’informations sensibles inquiètent de plus en plus. En 2025, plus de 130 000 conversations avec des chatbots ont été retrouvées archivées en ligne. Ces échanges provenaient de liens de partage publics, parfois indexés sans que les utilisateurs en aient pleinement conscience. Cet épisode a rappelé que les données envoyées à un service d’IA peuvent quitter l’appareil et être stockées ailleurs.
Les failles potentielles ne se limitent pas aux erreurs de paramétrage. Des chercheurs en cybersécurité ont récemment montré qu’il était possible d’exploiter Gemini, l’IA de Google, via une invitation Google Agenda piégée. Un simple résumé demandé à l’assistant pouvait déclencher l’envoi d’informations privées. Ce type d’attaque montre que l’usage professionnel de l'intelligence artificielle peut exposer des données sensibles. Dans des institutions publiques, ces risques sont encore plus sensibles.
Le Parlement européen désactive les fonctions d’IA traitant les données dans le cloud
Selon un mémo interne cité par le Politico, le Parlement européen a décidé de désactiver certaines fonctions d’IA sur les appareils fournis à ses employés. Le service informatique estime ne pas pouvoir garantir la sécurité de plusieurs outils intégrés. Le problème viendrait surtout des fonctions qui envoient des données vers des serveurs distants pour traitement. Certaines tâches pourraient pourtant être réalisées directement sur l’appareil, sans passer par le cloud. En attendant une évaluation plus complète, ces options ont été désactivées.
Les outils essentiels comme les emails, les calendriers ou les suites bureautiques restent accessibles. Le Parlement n’a pas précisé quelles solutions d’IA sont concernées. Les employés ont également été invités à faire preuve de prudence sur leurs appareils personnels. Il leur est conseillé d’éviter de partager des informations sensibles avec des chatbots. Cette décision illustre la montée des préoccupations autour de la sécurité des données dans les institutions européennes.