Anthropic s’est fait piéger par un développeur qui a mis au jour son code espion
Anthropic voulait repérer discrètement certains utilisateurs de Claude Code. La méthode employée reposait sur du code dissimulé, invisible à l'œil nu. Un développeur curieux a tout mis au jour, forçant l'entreprise à faire marche arrière.

Les outils de codage assistés par intelligence artificielle se sont imposés très vite chez les développeurs. Ces logiciels lisent le code, exécutent des commandes et modifient des fichiers directement sur la machine. Ce niveau d'accès impose une confiance totale envers l'éditeur du programme. La faille ShadowPrompt qui exposait déjà les données des utilisateurs de Claude Code avait rappelé combien cette relation restait fragile.
Claude Code, l'assistant de codage d'Anthropic, se retrouve justement au centre d'une controverse. Un développeur inspectait le programme lorsqu'il a trouvé une fonction cachée, capable de marquer discrètement certaines requêtes avant leur envoi. Le procédé rappelle l'accès non autorisé à Claude Mythos qui avait déjà embarrassé la firme quelques mois plus tôt. Cette technique porte un nom, la stéganographie, l'art de dissimuler une information dans un élément d'apparence banale.
Claude Code trahissait certains développeurs en cachant un signal dans la date affichée
Selon l'analyse publiée par le développeur Thereallo, Claude Code modifiait la ligne indiquant la date dans le contexte transmis au modèle. Le programme remplaçait l'apostrophe et les tirets par des caractères Unicode presque identiques, invisibles à l'écran. Ce signal encodait le fuseau horaire et l'adresse du serveur utilisé. Le déclenchement dépendait d'une liste de domaines volontairement chiffrée pour rester illisible, regroupant des laboratoires d'intelligence artificielle chinois, des revendeurs et des passerelles. Rien ne se passait tant que la connexion pointait vers le service officiel d'Anthropic.
L'ingénieur Thariq Shihipar, membre de l'équipe Claude Code, a confirmé l'existence de ce dispositif. Il le présente comme une expérimentation lancée en mars, destinée à limiter les abus des revendeurs et la distillation, cette pratique consistant à copier un modèle en le sollicitant massivement. Le code se contournait pourtant en quelques secondes, puisqu'il suffisait de changer de fuseau horaire ou de domaine. Le marqueur ne piégeait donc que les développeurs honnêtes aux usages inhabituels, jamais les acteurs vraiment déterminés. Anthropic affirme l'avoir supprimé, le correctif ayant rejoint la version diffusée début juillet. La méthode dérange d'autant plus que la firme avait refusé de laisser le gouvernement américain surveiller les utilisateurs de Claude.