BMW et Toyota veulent tuer l’obligation du tout-électrique avec ce carburant venu des déchets
Les moteurs essence vivent leurs dernières années en Europe, du moins sur le papier. BMW et Toyota viennent pourtant de lancer un programme commun qui pourrait rebattre les cartes. Les deux constructeurs font rouler des voitures ordinaires avec un carburant fabriqué à partir de déchets.

L'Europe a fixé le cap du tout-électrique, sans convaincre tous les constructeurs. Certains injectent des milliards dans la batterie tout en gardant d'autres pistes ouvertes. BMW mise fort sur l'électrique, et l'autonomie de son SUV iX5 vient de le rappeler. La marque allemande n'a pourtant jamais tourné le dos au moteur à combustion. Toyota tient le même discours depuis des années, en préférant l'hybride et l'hydrogène au tout-batterie.
BMW et Toyota passent aujourd'hui à la démonstration. Les deux marques ont lancé en Espagne un essai routier de six mois avec une vingtaine de voitures. Ces véhicules roulent exclusivement au Nexa 95, une essence entièrement renouvelable produite par le pétrolier Repsol. Le carburant provient de déchets et de résidus organiques. La progression des voitures électriques en Europe n'a donc pas éteint les autres pistes. Aucune modification mécanique n'est nécessaire sur les moteurs.
BMW et Toyota font rouler une vingtaine de voitures avec de l'essence issue de déchets
L'essai porte un nom précis, le programme VEEF, pour véhicules roulant exclusivement aux carburants éligibles. Selon le communiqué de BMW, la flotte réunit des BMW et des MINI, plus des Toyota et des Lexus prêtées par la filiale espagnole. Repsol revendique de son côté plus de 70 % d'émissions nettes de CO2 en moins par rapport à une essence classique. Bosch complète le dispositif avec son Digital Fuel Twin. Ce système numérique trace le carburant depuis sa mise sur le marché jusqu'au réservoir. Il croise les données des voitures, des stations-service et des cartes pour certifier chaque plein.
L'objectif de BMW et Toyota dépasse la prouesse technique. Les résultats du programme seront transmis aux responsables politiques européens pour peser sur les futurs textes. Stefan Heller, directeur du développement du VEEF chez le constructeur bavarois, défend une neutralité technologique face au tout-batterie. Pascal Ruch, vice-président des affaires publiques chez Toyota Motor Europe, redoute que le zéro émission en 2035 ne soit pas atteint. Les carburants renouvelables combleraient alors l'écart, sur des voitures déjà en circulation.