Le bouclier antimissile de Trump affiche une facture qui dépasse le PIB des Pays-Bas
Donald Trump veut couvrir les États-Unis d'un bouclier antimissile spatial. Un rapport officiel vient d'estimer sa facture réelle, et le chiffre est vertigineux. Ce projet divise déjà profondément, et sa facture astronomique risque d'alimenter la polémique.

La militarisation de l'espace est devenue une priorité stratégique pour les États-Unis. Depuis plusieurs années, le gouvernement américain investit massivement dans des constellations de satellites dédiées à la surveillance et au renseignement. Ces programmes reposent sur une collaboration étroite entre l'armée et des acteurs privés. SpaceX vient de lancer sa 13e mission secrète pour renforcer ce réseau de surveillance classifié. La cadence de ces lancements traduit une conviction profonde. Contrôler l'orbite terrestre est désormais un enjeu militaire aussi important que le sol ou la mer.
C'est dans ce contexte que Donald Trump a lancé le projet Golden Dome en 2025. Ce bouclier antimissile vise à protéger le territoire américain des missiles balistiques et hypersoniques. La Space Force avait déjà réclamé des intercepteurs orbitaux pour contrer ses principaux rivaux stratégiques. Le projet suscite autant d'enthousiasme que de questions. Mais jusqu'ici, le coût réel de ce chantier restait inconnu.
Le bouclier antimissile de Donald Trump transforme l'orbite terrestre en champ de bataille spatial
Un rapport officiel du Congrès américain chiffre désormais le coût du projet. Selon ses estimations, le Golden Dome coûterait 1 200 milliards de dollars sur 20 ans, soit 1 100 milliards d'euros. C'est plus du double de l'estimation précédente, qui tablait sur 542 milliards de dollars. Et c'est surtout sept fois plus que les 175 milliards de dollars annoncés par la Maison Blanche en mai 2025. Cette somme dépasse le PIB entier des Pays-Bas. La couche d'intercepteurs spatiaux représente à elle seule 70 % des coûts d'acquisition et 60 % du coût total.
Pour fonctionner, le Golden Dome nécessiterait 7 800 satellites placés en orbite basse quasi-polaire. Ces derniers devraient intercepter simultanément une salve de dix missiles balistiques intercontinentaux. La Space Force souhaite avoir ses premiers intercepteurs opérationnels dès 2028. Cependant, le Pentagone avance un chiffre bien plus bas. Il parle de 185 milliards de dollars, soit environ 170 milliards d'euros, sur dix ans. Le rapport précise que le système serait submergé par une attaque massive lancée par la Chine ou la Russie. Un bouclier spatial presque illimité en coût… mais pas en efficacité.