Instagram s’installe désormais là où on ne le voulait pas vraiment
Instagram ne veut plus se limiter à votre poche. La plateforme vise désormais un terrain bien plus vaste, partagé avec ceux qui vous entourent.

Les réseaux sociaux se battent chaque jour pour capter la moindre minute de notre attention. Pensés pour le smartphone, ils nous suivent partout, dans les transports comme dans la salle d'attente. Ce modèle ultra-mobile a fait leur force pendant des années. La concurrence de YouTube et des plateformes de microdramas pousse pourtant les acteurs du secteur à chercher de nouveaux terrains. Le groupe Meta le sait bien. Ses applications, comme le montrent Facebook, WhatsApp et Instagram qui ont perdu 20 millions d'utilisateurs en trois mois, donnent déjà des signes d'essoufflement après une longue période de croissance ininterrompue.
Dans ce contexte, Instagram tente une manoeuvre inattendue avec son application pour téléviseurs connectés. Le réseau social de Meta cherche depuis plusieurs mois à retenir ses membres bien plus longtemps. Les nouvelles règles d'Instagram contre les contenus peu originaux allaient déjà dans ce sens. Cette fois, la plateforme vise directement le plus grand écran de la maison. Beaucoup le pensaient encore à l'abri de ce genre de vidéos verticales et virales.
Instagram pousse désormais ses vidéos sur les téléviseurs connectés
Instagram déploie cette semaine plusieurs nouvelles fonctions pour son application TV. Celle-ci tourne sur Amazon Fire TV, Google TV et les téléviseurs connectés de Samsung. Selon le média The Verge, les utilisateurs accèdent désormais aux Reels verticaux, aux Stories éphémères et à des vidéos horizontales proches de YouTube. Une option permet aussi de diffuser une vidéo depuis le smartphone vers le grand écran du salon. La firme prépare en plus des chaînes dédiées et un espace entièrement réservé aux contenus grand format.
Instagram veut surtout aller vers des séries plus longues et un vrai contenu épisodique. Le réseau social revendique aujourd'hui 3 milliards d'utilisateurs mensuels. Ce réservoir colossal l'aide à viser le marché des microdramas, estimé à 14 milliards de dollars (environ 13 milliards d'euros) d'ici la fin de l'année. Tessa Lyons, vice-présidente produit de la plateforme, présente le format court comme une porte d'entrée vers des récits beaucoup plus développés. Le pari reste pourtant délicat. Personne ne consomme l'appli comme on regarde YouTube, encore solidement installé dans les salons américains.