Affaire Huawei : Intel, Micron et d’autres fournisseurs américains ont contourné le décret Trump

 

L'affaire Huawei vit-elle un tournant décisif ? Intel, Micron et d'autres acteurs du silicium américain sont parvenus à contourner l'exclusion du marché américain qui vise le constructeur chinois, apprend-t-on mercredi 26 juin 2019. Ces fournisseurs ont fait les arrangements nécessaires pour que les marchandises ne soient plus étiquetées comme fabriquées par des entreprises américaines. Les commandes auraient ainsi pu reprendre depuis quelques semaines. L'administration Trump serait au courant de la situation, mais semble encore hésiter sur la suite à donner. Des mesures pourraient être prises dans la foulée du G20 où Trump doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping. 

Made In USA

Certains fournisseurs américains de Huawei, en particulier Intel et Micron, ont trouvé depuis quelques semaines un moyen de contourner l'exclusion décrétée par l'administration Trump. Comme le rapporte The New York Times, tout ce qui est produit par des entreprises américaines à l'étranger, n'est en effet pas forcément considéré comme “fabriqué par des entreprises américaines”. Et après avoir examiné dans le détail les règles autour de la “liste d'Entités” qui bannit Huawei du marché américain, certains fournisseurs pensent avoir trouvé une base légale pour continuer de vendre des composants à Huawei.

Lire également : Huawei, Android, ARM et Trump – le point sur la situation

Intel, Micron et d'autres fournisseurs américains ont repris leurs livraisons de composants à Huawei

Le quotidien explique en effet : “une puce électronique, par exemple, peut toujours être vendue à Huawei si elle est fabriquée hors des Etats-Unis et qu'elle ne pose pas de risques pour la sécurité nationale. Mais il y a des limitations assorties aux puces vendues par des entreprises américaines. Si le fondeur fournit des services depuis les Etats-Unis pour résoudre des problèmes, ou donner des instructions sur la façon d'utiliser le produit, par exemple, l'entreprise ne sera pas en mesure de vendre à Huawei même si la puce a été physiquement fabriquée hors des Etats-Unis”, explique Kevin Wolf, ancien fonctionnaire du Département du Commerce américain cité par The New York Times.

Ainsi, Intel aurai réussi à reprendre ses envois il y a trois semaines et Micron il y a deux semaines. Ces deux fondeurs, en particulier, ont osé affronter la décision de la Maison Blanche pour au moins deux raisons. D'abord, parce qu'à terme les entreprises chinoises dont Huawei – qui achète à lui seul pour 11 milliards de dollars chaque année en composants américains – risquent de décider de reporter leurs contrats vers des entreprises concurrentes sud-coréennes, notamment Samsung et SK Hynix, puisqu'elles ne sont pas les seules sources de certaines technologies. Ensuite parce que ces mêmes entreprises avaient demandé une exception – refusée – à la Maison Blanche.

L'administration Trump serait au courant de la situation, mais hésiterait encore sur les suites à donner. Une partie des responsables du gouvernement Trump pense en effet que cette reprise des ventes viole l'esprit de la décision initiale, et sape les efforts du gouvernement visant à peser de tout son poids sur Huawei. D'autres, en revanche, souligneraient surtout le coût de l'exclusion de Huawei pour les entreprises américaines.  Il ne serait, pour l'heure, pas question d'annoncer le moindre changement, en tout cas pas avant le G20 qui doit se tenir en fin de semaine au Japon. Un sommet en marge duquel une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping est prévue. L'occasion de mener des “pourparlers étendus”.

Sur le même sujet : Affaire Huawei – pourquoi Intel, Qualcomm et Xilinx aimeraient que Trump appuie sur le bouton « stop »

Toute la question est maintenant de savoir si ces nouvelles discussions aboutiront enfin à une détente, ou si les entreprises américaines doivent se préparer à de nouvelles mesures additionnelles encore plus contraignantes.

Source : New York Times



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