Affaire Huawei : pourquoi Intel, Qualcomm et Xilinx aimeraient que Trump appuie sur le bouton « stop »

Maj. le 17 juin 2019 à 16 h 44 min

L’affaire Huawei c’est aussi des firmes américaines de premier plan lourdement pénalisées – depuis le début de cette guerre commerciale, la Silicon Valley monte au créneau, non pas pour défendre Huawei, mais avant tout leurs intérêts… avec pour l’instant des résultats en demi-teinte. Ce qui n'empêche pas Intel, Qualcomm et Xilinx de continuer de pratiquer un lobbying intense en coulisses, pour tenter d’infléchir la position de la Maison Blanche. Les trois fondeurs accusent déjà des pertes et craignent les conséquences d’un enlisement du conflit, pénalisant l’un de leurs plus gros clients et donc leur carnet de commandes. 

huawei

Dans un monde aussi mondialisé que celui de 2019, les conséquences de conflits commerciaux ne sont pas toujours aussi limpides que l’on aurait pu le penser au départ. La production de la plupart des objets électroniques est externalisée par les entreprises qui les conçoivent, et repose sur une chaine d’approvisionnement de composants tout aussi interconnectée. Ainsi, lorsque Donald Trump a pointé la nécessité de « rétablir » une balance commerciale qui était, selon lui, trop en faveur de la Chine, il a sans doute oublié un peu vite que nombre d’entreprises de son pays ont toujours été à la fois artisanes et dépendantes d’un certain ordre mondial. Et que sanctionner l’un des plus grand groupes d’électronique chinois, en plus que de réhausser les droits de douane d’un pays producteur comme la Chine, ne touche pas que cette rive du pacifique, mais aussi les Etats-Unis, avec des conséquences, également, pour le reste du monde.

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Affaire Huawei : Intel, Qualcomm et Xilinx font du lobbying contre cette guerre commerciale qui leur coûte trop cher

Depuis le début de l’affaire Huawei, on voit ainsi la Silicon Valley, et plus largement les moteurs de l’économie américaine, tenter de murmurer à l’oreille du Président américain. Un lobbying qui ne vise pas réellement à défendre Huawei, mais plutôt à préserver leurs intérêts. Huawei achète en effet énormément de composants venus des Etats-Unis. Rien que pour l’année 2018, par exemple, Huawei aurait dépensé 70 milliards de dollars de composants dont 11 milliards auraient, selon Techradar, finis par être versés à des firmes américaines, notamment Qualcomm, Intel et Micron. On apprend ainsi dans une dépêche de Reuters reprise par Techradar que des responsables d’Intel et Xilinx Inc ont rencontré le département américain du Commerce fin mai pour discuter du placement de Huawei sur la fameuse « liste d’Entités » qui met de facto cette entreprise au ban du marché et des technologies américaines.

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Qualcomm aurait également participé à ces discussions, de même que la Semiconductor Industry Association un groupe d’intérêt représentant les fondeurs américains. D’un côté ces fournisseurs ne nient pas la menace potentielle que pose l’expertise 5G de Huawei. Mais de l’autre, ils soulignent que les serveurs et les smartphones Huawei n’utilisent que des composants standards, et sont donc nettement moins susceptibles de représenter une menace. Pour l’heure, nul ne sait si la Maison Blanche – pour le moins imprévisible depuis l’élection de son nouveau locataire – prendra ou non en compte les doléances des entreprises américaines. Reste à savoir combien de temps l’administration Trump maintiendra sa position : surtout si des entreprises les plus puissantes du pays voient leurs résultats durablement entravés par un conflit lancé par un Président qui semble, trop souvent, s’appuyer sur une vision simpliste du monde, du commerce international et de ses enjeux…

Source : Techradar

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