Ce chercheur a fait passer un PC Linux pour un appareil Apple et a reçu les positions du réseau Localiser
Le réseau Localiser reste réservé aux produits estampillés Apple. Un spécialiste de la cybersécurité vient pourtant de contourner cette frontière, finalement moins solide qu’elle n’en donne l’impression. Sa démonstration lui a pris moins de sept jours.

Depuis 2021, Apple mobilise une gigantesque flotte de terminaux pour remettre la main sur les objets perdus. Lorsqu’un iPhone passe à proximité d’une balise égarée, il retransmet son signal en toute discrétion. Commercialisés en janvier, les AirTag de deuxième génération profitent également de cette infrastructure, protégée par le chiffrement de bout en bout vanté par la marque. Entre proches, la localisation partagée emprunte la même architecture. Tout demeure cantonné à l’univers du fabricant.
Apple transforme depuis longtemps cette fermeture en argument à la fois technique et commercial. Au printemps, un nouveau firmware a durci le système d’alertes anti-traçage intégré aux AirTag 2. Chaque composant demeure verrouillé, une protection régulièrement présentée comme rassurante. Restait alors à tester concrètement la résistance de cette frontière. Un spécialiste en cybersécurité s’est donc chargé de l’éprouver.
Un ordinateur Linux a réussi à rejoindre les terminaux fiables reconnus par Apple
Sur son blog, Zerotistic, âgé de 22 ans, explique être parvenu à faire reconnaître un ordinateur Linux classique comme terminal fiable associé à son compte Apple. La localisation transmise en temps réel par l’un de ses amis lui est alors parvenue. Cette donnée n’est normalement accessible qu’aux iPhone, iPad et Mac. L’opération n’a demandé ni jailbreak ni clé dérobée.
La procédure s’est toutefois montrée complexe. Une authentification auprès des serveurs Apple a d’abord été nécessaire. Il a ensuite généré une requête de certificat utilisant un ancien format et une signature SHA-1 encore tolérée par un point d’accès oublié. Puis six sous-services internes ont dû être activés afin que Linux soit reconnu comme compatible. Une ultime requête a poussé le téléphone de son ami à transmettre la clé nécessaire au déchiffrement. Le montage complet a demandé moins de sept jours.
Cette preuve de concept comporte néanmoins plusieurs restrictions. Impossible d’espionner une personne quelconque avec cette méthode, puisque celle-ci doit avoir autorisé le partage au préalable. Le chercheur s’est limité à son propre compte. Ici, la protection d’Apple dépend donc davantage d’un protocole peu documenté que d’une défense cryptographique. Un système reproduisant correctement les échanges attendus finit alors par être admis dans l’écosystème. Sollicitée par les médias, l’entreprise californienne n’a apporté aucune réponse.