Un PC sur six carbure toujours à Windows 10, les hackers se frottent déjà les mains
La migration vers Windows 11 avance, pourtant elle commence à marquer le pas. Des millions d'ordinateurs tournent encore sous Windows 10 à travers le monde. Ces machines concentrent désormais trois fois plus de failles de sécurité que les autres.

Microsoft a lancé Windows 11 en 2021 pour remplacer un système d'exploitation installé sur des centaines de millions de machines. La transition a pris du temps, freinée par des exigences matérielles strictes et par la réticence des utilisateurs. L'éditeur a multiplié les rappels, les alertes et les reports de calendrier pour accélérer le mouvement. Les correctifs de Windows 10 restent finalement gratuits plus longtemps que prévu, comme l'éditeur l'a confirmé en juin dernier. Le résultat se voit aujourd'hui dans les chiffres du parc mondial.
Windows 11 équipe maintenant 78,8 % des ordinateurs, contre 16,9 % pour Windows 10. Un PC sur six tourne donc encore sur l'ancien système, alors que sa part atteignait environ 50 % à la mi-2025. Microsoft avait pourtant marqué le coup en publiant le dernier Patch Tuesday de Windows 10 en octobre 2025. La chute est spectaculaire, sauf que le mouvement ralentit nettement depuis quelques mois.
Windows 10 accumule 1 903 failles actives en moyenne par machine
Les ordinateurs restés sous Windows 10 posent un problème de sécurité mesurable. Selon une étude publiée par Lansweeper, une machine sous Windows 10 compte en moyenne 1 903 failles actives, contre 652 sur un PC équipé de Windows 11. Deux tiers de ces vulnérabilités sont classées critiques ou élevées. Le taux de failles réellement exploitables par des pirates grimpe de 70 % par rapport au système récent. Chaque brèche ouvre une porte d'entrée supplémentaire aux attaquants.
Le blocage ne vient pas du matériel. Seuls 2,8 % des ordinateurs analysés échouent aux prérequis de Windows 11, ce qui écarte l'argument technique. Les secteurs de la santé et du commerce affichent les taux les plus élevés, avec 23 % de machines concernées chacun. Les petites entreprises résistent davantage que les grands groupes. Microsoft protège encore les particuliers restés sous Windows 10 jusqu'en octobre 2027, grâce au programme de mises à jour de sécurité étendues. Les entreprises payantes tiennent, elles, jusqu'en octobre 2028. Les retardataires disposent donc d'un répit, à condition de ne pas le confondre avec une immunité.