Des astronomes détectent pour la première fois une atmosphère autour d’une planète rocheuse habitable
Les astronomes traquent depuis longtemps une atmosphère autour d'un monde rocheux comparable au nôtre. La planète LHS 1140 b vient enfin de leur en fournir la preuve directe, à 48 années-lumière d'ici. Cette détection tombe en plus dans la zone où l'eau liquide peut survivre.

Les astronomes ont recensé plus de 6 000 exoplanètes depuis trente ans. Une poignée seulement présente un sol rocheux et une température compatible avec l'eau liquide. Les scientifiques ont récemment réévalué GJ 3378b, une voisine de la Terre au potentiel prometteur pour la vie. Il manquait pourtant toujours le même élément à toutes ces candidates, une atmosphère confirmée. Sans enveloppe gazeuse, aucun monde ne peut abriter la vie telle que nous la connaissons.
Une équipe américaine vient de combler ce vide grâce à LHS 1140 b, un astre rocheux situé à 48 années-lumière. Les scientifiques savent depuis peu quel équilibre chimique rarissime rend la Terre habitable, et cette planète lointaine vient nuancer ce constat. Repérée en 2017, elle tourne autour d'une naine rouge, un astre trois fois plus petit que le Soleil. Ces étoiles bombardent souvent leurs planètes de radiations extrêmes qui arrachent toute enveloppe gazeuse.
LHS 1140 b devient le premier monde rocheux à révéler son atmosphère
LHS 1140 b échappe pourtant à ce sort. Selon une étude publiée dans la revue Science, les chercheurs ont repéré de l'hélium qui s'échappe lentement de ce monde lointain. Ce gaz très léger fuit vers l'espace, et sa présence trahit une couche d'air bien réelle au-dessus du sol. Aucune planète rocheuse n'avait livré une telle preuve jusqu'ici. Collin Cherubim, docteur de l'université Harvard, avait pourtant annoncé ce résultat avant même de l'observer. Il s'appuyait sur un calcul mis au point pendant sa thèse.
Son équipe a ensuite guetté le moment où LHS 1140 b passe devant son étoile. La lumière traverse alors l'air de cet astre et y laisse une empreinte, que le spectrographe WINERED de l'observatoire Magellan, au Chili, sait décoder. Le résultat compte double, car cette voisine reçoit juste ce qu'il faut de chaleur pour garder de l'eau liquide en surface. Collin Cherubim s'attend même à trouver beaucoup d'eau sous la couche d'hélium. Le chercheur refuse toutefois de parler de vie, faute de preuve. La quête d'un jumeau de la Terre gagne malgré tout une pièce maîtresse.