Ce supercalculateur chinois pulvérise un record que les États-Unis pensaient hors de portée
Les sanctions américaines devaient priver la Chine des outils nécessaires au calcul de pointe. Le pays vient de prouver tout le contraire avec une machine record. Son architecture s'affranchit même du composant que tout le monde jugeait indispensable.

La course au calcul haute performance est devenue un terrain d'affrontement entre la Chine et les États-Unis. Washington a multiplié les restrictions pour priver Pékin des puces les plus avancées, fabriquées par des firmes comme NVIDIA. Cette pression pousse les laboratoires chinois à concevoir eux-mêmes les composants qui leur manquent. Huawei a déjà prouvé que les sanctions américaines ne l'arrêtent pas avec un SSD record entièrement maison, c'est un signe que le pays transforme ses contraintes en force.
C'est dans ce climat tendu que la Chine vient de reprendre le sommet mondial du calcul, qu'elle ne tenait plus depuis 2017. Le supercalculateur LineShine, installé au National Supercomputing Centre de Shenzhen, détrône désormais l'américain El Capitan. Cette bataille de la puissance rappelle la domination chinoise observée sur le dernier classement AnTuTu des smartphones. Le plus frappant tient à la conception de cette machine, à rebours de tout ce que fait le secteur.
LineShine devient le supercalculateur le plus rapide au monde sans aucune carte graphique
LineShine fonctionne uniquement avec des processeurs classiques, le même type de puce qui équipe nos ordinateurs, mais à une échelle vertigineuse. La plupart des supercalculateurs modernes ont besoin de cartes graphiques pour aller aussi vite. Selon le classement TOP500, la machine de Shenzhen réalise plus de deux milliards de milliards d'opérations par seconde. Aucun rival n'avait encore atteint une telle vitesse sans s'appuyer sur ces fameux accélérateurs. Le mastodonte chinois va même 20 % plus vite qu'El Capitan, le champion américain désormais relégué à la deuxième place.
Cette performance envoie un signal limpide à Washington. Privée des puces américaines, la Chine prouve qu'elle peut rivaliser au plus haut niveau avec ses seules technologies. LineShine garde toutefois un point faible sur les calculs liés à l'intelligence artificielle. Sur ce terrain précis, la machine chinoise se classe seulement quatrième, loin derrière son rival américain. Elle se révèle aussi très gourmande en électricité, avec une consommation comparable à celle d'une petite ville. Pékin tient donc la couronne de la vitesse brute, mais la bataille de l'IA reste largement ouverte.