Le piratage en ligne pourrait valoir de sévères droits de douane à tout un pays
Le piratage en ligne devient désormais une affaire de diplomatie commerciale. Les États-Unis montent au créneau contre un pays jugé bien trop laxiste. La menace de représailles douanières plane désormais sur ses échanges avec Washington.

La lutte contre le piratage déborde de plus en plus du seul cadre judiciaire. Partout, les ayants droit poussent les autorités à frapper les sites illégaux à la source. Aux États-Unis, Hollywood obtient régulièrement la fermeture de plateformes très fréquentées. En Europe, les tribunaux ordonnent de leur côté le blocage de dizaines de domaines pirates en quelques décisions seulement. Cette pression internationale prend aujourd'hui une tournure beaucoup plus politique.
Le Vietnam se retrouve désormais en première ligne. Le pays héberge des sites de streaming anglophones qui visent un public mondial. Les autorités locales ont bien fermé certaines plateformes, mais les peines prononcées restent jugées trop douces. Plusieurs sites majeurs ont d'ailleurs disparu juste avant l'offensive américaine. Cela n'a pourtant pas suffi à calmer les inquiétudes des créateurs et des studios, qui réclament des mesures bien plus fermes.
Le Vietnam risque des droits de douane pour son inaction face aux sites pirates
Le bureau du représentant américain au commerce, le USTR, a formellement lancé une enquête commerciale contre le Vietnam. Cette procédure, dite Section 301, doit déterminer si la protection vietnamienne du droit d'auteur nuit injustement aux entreprises américaines. Un mois plus tôt, le pays avait été classé « Priority Foreign Country », un statut rare brandi pour la première fois en treize ans. L'ambassadeur Jamieson Greer réclame des avancées durables et réellement dissuasives. Le USTR rappelle que le Vietnam reste une source importante de piratage à l'échelle mondiale.
Le problème tient surtout à la faiblesse des sanctions locales. Malgré des lois prévoyant de fortes amendes et des peines de prison, les pirates poursuivis n'écopent que de peines avec sursis et d'amendes modestes. Les ayants droit subiraient même des pressions pour privilégier de simples plaintes administratives, dénuées d'effet réel. Washington dispose désormais de six mois pour trancher, avec des droits de douane parmi les options sur la table. Le gouvernement vietnamien pourrait toutefois multiplier les actions répressives pour éviter les sanctions.