Votre smartphone peut-il être saisi à l’aéroport ? Cette affaire relance le débat
Confier son téléphone aux services des douanes n’est pas toujours une bonne idée. Une Américaine en a fait les frais : son smartphone a été confisqué, et ne lui a jamais été remis depuis…

Les smartphones sont un véritable concentré d’informations personnelles, pour le meilleur comme pour le pire. Et notamment pour le pire. L’année dernière, par exemple, les données personnelles de millions d’abonnés mobiles ont fuité. Mais ces mêmes données peuvent également être contrôlées par les autorités. La police peut, par exemple, facilement déverrouiller votre téléphone Android. Et parfois, il semblerait que les forces de l’ordre « oublient » de vous rendre votre précieux smartphone…
C’est en tout cas l’amère expérience à laquelle a été confrontée une organisatrice syndicale du Minnesota, Janette Zahia Corcelius. Après un séjour de quelques semaines en Europe, la citoyenne américaine a pris l’avion retour, direction les États-Unis. Jusque-là, rien d’anormal.
Et pourtant, en arrivant à l’aéroport international de Minneapolis–Saint Paul, les choses se sont rapidement compliquées. Janette Zahia Corcelius a en effet été longuement interrogée par les services des douanes. Ces derniers lui ont confisqué certains documents politiques ainsi que son téléphone.
A-t-on le droit de vous confisquer votre smartphone à l’aéroport ?
Il est vrai que, depuis quelques années, votre smartphone est susceptible d’être contrôlé par la sécurité dans les aéroports internationaux. Toutefois, il est rarement question d’une quelconque confiscation de l’appareil. Mais pas cette fois. L’Américaine n’a en effet jamais revu son smartphone et a décidé de porter plainte contre ces mêmes services.
La plainte en question, déposée par le Council on American-Islamic Relations (CAIR), affirme que ce genre d’actions viole le quatrième amendement de la Constitution américaine. Rien que ça. Pire encore : les plaignants laissent entendre que la confiscation d’un téléphone va à l’encontre des règles établies par le Customs and Border Protection (CBP).
La plainte déposée affirme ainsi que la confiscation de téléphones ne peut être possible que s’il existe des « motifs raisonnables de croire qu’une loi ou un règlement appliqué par le Customs and Border Protection ou l’Immigration and Customs Enforcement a été enfreint ».
Et pourtant, au pays de l’Oncle Sam, l’inspection des smartphones aux frontières serait un phénomène en constante augmentation. En 2023, le CBP aurait fouillé pas moins de 41 767 appareils électroniques, contre 55 318 en 2025, soit une hausse de près de 32 %.