L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans ne fonctionne pas, cette étude le prouve
Depuis décembre, l'Australie est le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Quelques mois plus tard, une étude révèle que la majorité des enfants concernés contournent la loi. Un résultat qui embarrasse les partisans de cette mesure.

La question de la protection des mineurs en ligne agite de nombreux gouvernements. Plusieurs pays envisagent d'imposer des restrictions d'âge sur les réseaux sociaux pour protéger les jeunes des contenus inadaptés. Mais ces mesures se heurtent souvent à un obstacle de taille, l'ingéniosité des adolescents. En Australie, la loi avait très tôt montré ses limites. Les jeunes redoublaient d'astuces pour continuer à accéder aux plateformes interdites. Cette interdiction australienne avait déjà semé des doutes sur sa capacité réelle à changer les usages.
Quelques mois après l'entrée en vigueur de la loi, une nouvelle étude vient confirmer ces craintes. La fondation Molly Rose est une organisation caritative britannique spécialisée dans la prévention des risques en ligne. Elle a sondé 1 050 enfants australiens âgés de 12 à 15 ans en mars dernier. Instagram avait également renforcé ses protections pour les adolescents avec des comptes dédiés limitant les contenus inappropriés. Mais ces efforts semblent insuffisants face aux comportements observés sur le terrain.
61 % des 12-15 ans contournent l'interdiction australienne des réseaux sociaux
Les résultats de l'étude sont sans ambiguïté. 61 % des 12-15 ans qui avaient accès aux plateformes concernées conservent toujours un ou plusieurs comptes actifs. Parmi ceux qui tentent d'accéder aux réseaux restreints, 70 % estiment que le contournement est facile. La fondation Molly Rose conclut que la loi n'a pas d'impact positif ou négatif clair sur le bien-être des enfants. Un bilan sévère pour une mesure présentée comme historique.
Andy Burrows est le directeur général de la fondation Molly Rose. Il estime que ces résultats posent des questions majeures sur l'efficacité du dispositif australien. Selon lui, suivre cet exemple serait un pari risqué pour le Royaume-Uni. Ce constat illustre la difficulté de faire respecter une telle interdiction sans outils de vérification solides. D'autres pays, dont la France, observent l'expérience australienne de près avant d'envisager des mesures similaires. La première mondiale australienne inspire, mais ses résultats peinent encore à convaincre.