Windows 11 supporte désormais les taux de rafraîchissement à 5000 Hz, mais pourquoi faire ?
Avant d'être retirée parce que complètement buggée, la dernière mise à jour de Windows 11 contenait quelques nouveautés intéressantes. Ceci dit, peut-être pas pour le commun des mortels, qui se fera une belle jambe de savoir que leur PC prend désormais en charge les taux de rafraîchissement jusqu'à 5000 Hz.

En général, lorsque l'on est un joueur de jeu vidéo, notre priorité en termes de confort de jeu est d'atteindre au grand minimum 60 FPS, c'est-à-dire 60 images par seconde affichées à l'écran. Les dernières générations de consoles y parviennent généralement bien, mais c'est encore une autre paire de manches sur PC. Les 60 FPS sont depuis longtemps atteignables sans trop de problèmes sur PC, si bien que l'on vise désormais 120, voire 144 FPS pour du confort véritable.
Sur smartphone également, les taux de rafraîchissement de 120 Hz sont également la norme sur les modèles premium. Bref, il semble que constructeurs et utilisateurs ont trouvé leur juste milieu ces dernières années. Tous, sauf Microsoft, qui ne fait décidément rien comme tout le monde. Dans une récente mise à jour, on découvre ainsi que Windows prend désormais en charge des taux de rafraîchissement au-delà de… 1000 Hz. Ah oui tout de même.
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Vrai gamer joue à ses jeux en 5000 FPS
Cela va même plus loin. Dans un article de Blur Busters, qui a révélé l'ajout de la nouvelle fonctionnalité, on apprend même que par “au-delà de 1000 Hz”, Microsoft entend en réalité atteindre les 5000 Hz. C'est beaucoup. Tant et si bien que cette fréquence démentielle a un prix : la définition de l'écran ne peut pas excéder les 720p. Il va falloir faire un choix. Ou bien, on peut se demander à quoi sert une telle technologie.
Il y a certes quelques avantages techniques à une fréquence d'images aussi élevée. En effet, plus celle-ci est élevée, moins le motion blur (l'effet de flou sur les mouvements à l'écran) est visible. Autrement dit, l'utilisateur se fatigue beaucoup moins les yeux en regardant son écran, d'autant plus s'il passe ses journées devant celui-ci. On estime ainsi que passé les 1000 Hz, le motion disparaît totalement pour les images en 1080p.

Ceci étant, on peut raisonnablement admettre que vos yeux ne prendront pas feu si vous vous contentez d'un vulgaire 60 Hz pendant quelques heures. Alors, à qui profite vraiment cette mise à jour ? Comme toujours pour ce genre de nouvelles, ce sont surtout les gamers professionnels qui en bénéficieront le plus. Dans le jeu compétitif de haut niveau, il n'est pas rare de voir des actions se jouer à l'image près. Souffrir de motion blur, c'est potentiellement perdre une partie pour un souci technique indépendant de ses compétences, ce qui est de fait inacceptable.
On parle donc ici d'une frange de la population relativement minime. À cela s'ajoute un nouvel obstacle : encore faut-il disposer du matériel adéquat pour profiter d'une telle fréquence d'images. Or, pour le moment, celui-ci n'existe tout simplement pas. Il se murmure effectivement que les constructeurs préparent l'arrivée de moniteurs 2000 Hz d'ici 2030, mais on n'y est pas encore. Ajoutons à cela qu'il s'agira de moniteurs parmi les plus haut de gamme du marché, avec le prix qui ira avec. Encore une fois, pas exactement pour le grand public, donc.
La stratégie de Microsoft est alors limpide : la firme de Redmond prépare le terrain pour les décennies à venir, soit pour des joueurs de plus en plus exigeants. Exigences qui devraient influer les attentes des consommateurs plus lambda, sans jamais atteindre de telles extrémités. Pour l'heure cependant, on ne rate probablement pas grand-chose à ne pas regarder son PC afficher 5000 images par seconde. De toute manière, Microsoft a retiré la mise à jour qui active cette fonctionnalité à cause d'un bug critique qu'elle contenait.