373 000 sites supprimés en 10 jours : Europol visait un escroc du dark web, il fait aussi tomber ses « victimes »
Grâce à une action coordonnée entre plusieurs pays, Europol vient de démanteler un réseau colossal d’arnaques sur le dark web. Mais en identifiant le cerveau, l’agence répressive de l’Union européenne a ferré d’autres poissons : les « victimes » de cette escroquerie. Décryptage de l’opération « Alice ».

La pêche est particulièrement fructueuse pour Europol ce mois-ci. Le service de répression européen a réussi deux gros coups de filet ce mois de mars 2026. Dans le cadre d’une action conjointe avec le FBI, Europol est parvenu à faire tomber LeakBase, le forum en ligne permettant aux cybercriminels de divulguer des données personnelles dérobées plus tôt ce mois-ci.
Puis, le 19 mars dernier, ce n’est pas seulement un site qui a été démantelé par l’agence, mais bien tout un réseau majeur de cybercriminalité sévissant sur le dark web depuis 2019. Grâce à l’opération « Alice », commencée le 9 mars 2026 – soit dix jours avant ! – et ayant sollicité le concours de 23 organisations nationales de police, Europol a fermé 373 000 sites, saisi 105 serveurs et identifié le cerveau. Mais cela va encore plus loin : cette opération a permis de ferrer d’autres gros poissons. On vous explique comment.
De victimes à coupables : l’opération Alice d’Europol est plus fructueuse que prévu
Il y a sept ans, un ressortissant chinois a lancé « Alice with Violence CP ». Il s’agissait d’un réseau de 373 000 faux sites sur le dark web. Sa vocation ? Proposer aux clients de la « cybercriminalité en tant que service », pour reprendre les propos de nos confrères de TechRadar, mais également du contenu pédopornographique. Plusieurs formules, de 20 à 250 $, étaient proposées, permettant aux acheteurs d’acquérir « quelques gigaoctets » ou « plusieurs téraoctets » sous forme de « packs ».
Mais « Alice with Violence CP » n’était qu’une vaste escroquerie : les clients n’ont jamais rien reçu. C’est le criminel criminalisé. Eh oui, difficile d’aller porter plainte quand on fait soi-même quelque chose de répréhensible légalement – et pas seulement… Résultat des courses ? En démantelant ce réseau qui a généré près de 400 000 $ grâce (à cause de) 10 000 clients environ, Europol a pu identifier 440 clients recourant à ce « service ».
Ils font donc désormais l’objet d’une enquête, Europol précisant que : « L'opération est toujours en cours contre plus d'une centaine de ces individus ». En plus des sites supprimés et des serveurs saisis, les forces de l’ordre ont également confisqué des clés USB et autres supports de stockage de données, des smartphones et des ordinateurs.