Ce chiffre sur la RAM des voitures autonomes donne le vertige
Les voitures autonomes de demain pourraient embarquer des quantités de mémoire record. Le patron d'un géant des composants vient de lâcher un chiffre qui surprend. Cette tendance risque d'aggraver les pénuries déjà en cours.

Le marché de la mémoire traverse une période de fortes tensions. Les besoins colossaux de l'intelligence artificielle ont provoqué une flambée des prix qui touche aujourd'hui tous les secteurs. Les smartphones d'entrée de gamme sont déjà durement touchés, avec une mémoire qui pourrait bientôt représenter près de la moitié de leur coût de production. Les constructeurs automobiles commencent eux aussi à intégrer davantage de composants électroniques dans leurs véhicules, et leurs besoins ne cessent de croître.
Cette course à l'autonomie pousse les constructeurs à équiper leurs voitures de systèmes toujours plus puissants. Les promesses de conduite sans conducteur se heurtent encore à de nombreuses réalités techniques et réglementaires, comme le montre le cas Tesla avec ses Robotaxis. Ces véhicules nécessitent encore une supervision humaine permanente, loin des ambitions affichées. C'est dans ce contexte que Sanjay Mehrotra, PDG du fabricant de puces mémoire Micron, a formulé une prédiction qui interpelle sur l'avenir du secteur.
Les voitures autonomes de niveau 4 pourraient avoir besoin de plus de 300 Go de RAM
Selon The Register, le PDG de Micron a déclaré que les voitures autonomes de niveau 4 auront besoin de plus de 300 Go de RAM pour fonctionner correctement. Ce niveau d'autonomie désigne des véhicules capables de conduire seuls dans la quasi-totalité des situations, sans intervention humaine. Pour y parvenir, ces voitures doivent traiter en temps réel une quantité massive de données issues de leurs capteurs. À titre de comparaison, un véhicule moderne standard embarque seulement 16 Go de RAM.
Cette évolution pourrait alimenter une nouvelle vague de pénurie mondiale de composants. Micron prévoit déjà d'augmenter sa production de 20 % en 2026 et construit plusieurs usines en Asie et aux États-Unis. Mais si des millions de voitures autonomes commencent à réclamer des quantités de mémoire comparables à celles des serveurs professionnels, même ces investissements massifs pourraient ne pas suffire. Le déploiement à grande échelle de ces véhicules reste encore freiné par des réglementations qui n'ont pas suivi le rythme des avancées technologiques.