On a essayé le projet Motoko de Razer, ce casque audio étrange nourri à l’IA
Sur le Mobile World Congress 2026, en plein cœur du stand de Qualcomm, se trouve le projet Motoko de Razer. Présenté une première fois quelques semaines plus tôt au CES de Las Vegas, ce casque audio intègre une IA qui analyse ce que vous regardez et offre de services contextuels. Mais son vrai potentiel est lié au gaming, comme nous avons pu le découvrir.
En janvier dernier, à l’occasion du CES de Las Vegas, nous avons publié un premier article sur le projet Motoko de Razer. Il s’agit d’un concept un peu spécial : la marque gaming a intégré un assistant IA dans un casque audio. Habituellement, les agents IA sont disponibles dans des produits qui s’appuient sur la vue de l’utilisateur. Un smartphone. Un PC. Des lunettes. Un casque de réalité virtuelle ou réalité mixte. Rares sont les concepts sans élément visuel.
Lire aussi – On a vu le Robot Phone, le smartphone d’un nouveau genre signé Honor
Après Las Vegas, c’est à Barcelone que nous avons retrouvé le projet Motoko, bien installé sur le stand de Qualcomm. Le casque audio intelligent était placé à côté de quelques plates-formes de référence du fondeur californien sous Snapdragon Wear Elite : des montres connectées, des lunettes, etc. C’était l’occasion idéale pour nous de mettre le casque sur nos oreilles et de commencer à jouer avec ce produit. Et, même si elle est encore optimisable, l’expérience est déjà très prometteuse.
Intelligence artificielle + casque gaming = Razer Motoko
Motoko est donc un casque qui ressemble à un modèle gaming, comme vous pourriez en trouver chez Razer : un Kraken ou un Blackshark. Seulement, il n’a pas le micro externe dédié. À l’avant de chaque écouteur, vous retrouvez une caméra. Leur but est d’analyser ce que vous voyez pour vous apporter des informations contextuelles. Lors de notre essai, nous avons constaté que l’intelligence n’est pas que dans le casque, mais aussi sur le PC auquel Motoko est connecté (cela pourrait tout aussi bien être un smartphone). Même si la présence de Motoko sur le stand de Qualcomm implique qu'un SoC du fondeur est installé dans le casque, le traitement IA n’est donc pas fait totalement en local.
D’ailleurs, Razer n’a pas développé d’IA spécifique. La marque préfère laisser le choix à l’utilisateur du modèle qu’il préfère : Gemini, Copilot, Mistral, Perplexity, ChatGPT, etc. Un connecteur logiciel se charge de faire le pont entre le casque et le modèle. L’utilisation est simple : vous regardez quelque chose, vous sollicitez l’IA par une question, le casque prend une photo ou une vidéo avec sa double caméra et répond à la sollicitation. La pertinence de la réponse dépendra du modèle.
Cette première itération de Motoko s’appuie sur plusieurs éléments techniques pour fonctionner. Une touche matérielle (ici le bouton d’une souris) pour activer la reconnaissance vocale. Et un microphone externe qui capture la voix. Tout cela pourrait être amené à disparaitre au profit d’une solution plus simple. Cependant, nous avons ressenti un intérêt pour Motoko. Que ce soit dans la vie de tous les jours, pour réaliser une recette de cuisine ou pour lire un menu en langue étrangère. Ou que ce soit dans la vie des gamers, avec une aide en temps réel sur les jeux. Le potentiel est évident.
Une première itération qui doit encore être peaufinée
Et le fait que ce soit un casque a quelques avantages. Contrairement à un smartphone, Motoko vous laisse les mains libres pour tenir une manette de jeu, par exemple. Contrairement à un casque VR, Motoko n’occulte pas la vision et ne coupe pas du monde extérieur. Motoko s’adresse à tous, tandis que des lunettes connectées sont plus pertinentes pour tous ceux qui ont besoin d’une paire correctrice.
Même s’il est très bien fini, l’exemplaire de Motoko présent à Barcelone n’est pas un produit final, c’est évident. Il pourrait bénéficier de quelques changements ergonomiques. Nous pensons notamment au microphone externe qui pourrait être supprimé au profit de plusieurs micros intégrés au casque pour l’isolation de la voix et la suppression des bruits ambiants. Nous pensons aussi à la méthode d’activation avec la souris, très peu pratique. Une touche, physique ou tactile sur le casque, ou une phrase clé offrirait des échanges plus naturels. Mais le concept est non seulement original, mais aussi malin. Et nous avons hâte de savoir si Razer prendra la décision de le commercialiser.


