Les trous de ver ne seraient pas des tunnels spatiaux mais un mystère lié au temps
Les trous de ver fascinent depuis des décennies la science et la science-fiction. Ils sont souvent présentés comme des raccourcis à travers l’espace et le temps. Une nouvelle étude propose une interprétation bien différente.

Depuis plus d’un siècle, les scientifiques cherchent à comprendre comment fonctionnent l’espace et le temps. En 1916, Albert Einstein explique que le temps ne s’écoule pas de la même façon partout. Il dépend de la gravité et des mouvements dans l’Univers. Selon sa théorie, l’espace et le temps forment un seul ensemble qui peut se déformer. Pendant longtemps, cette idée est restée impossible à vérifier. En 2015, des chercheurs ont détecté des ondes gravitationnelles, provoquées par la fusion de trous noirs. Ces observations ont montré que l’espace-temps se comporte bien comme l’avait décrit Einstein.
Dans le même temps, d’autres découvertes bousculent les modèles établis. Le proto-amas JADES-ID1, observé à 12,7 milliards d’années-lumière, semble s’être formé bien plus tôt que prévu. Les instruments comme le télescope James Webb et Chandra montrent un univers plus complexe qu’imaginé. Cette accumulation de résultats pousse les chercheurs à revoir certaines hypothèses fondamentales, notamment sur le rôle du temps dans l’évolution cosmique.
Les ponts d’Einstein-Rosen décriraient deux directions du temps et non des tunnels spatiaux
En 1935, Einstein et Nathan Rosen ont proposé l’existence d’un « pont » mathématique reliant deux régions symétriques de l’espace-temps. Contrairement à l’image populaire, il ne s’agissait pas d’un passage pour voyager dans l’espace. Selon une analyse récente relayée par Space.com, ceux-ci pourraient en réalité révéler une propriété plus profonde du temps lui-même. Les chercheurs avancent qu’ils représenteraient deux flèches du temps opposées au niveau microscopique.
Dans cette interprétation, le pont d’Einstein-Rosen relierait deux composantes d’un même état quantique. L’une évoluerait vers le futur, l’autre vers le passé, comme une image miroir. Cette approche offrirait une nouvelle piste pour résoudre le paradoxe de l’information des trous noirs, soulevé par Stephen Hawking en 1974. L’information ne disparaîtrait pas, mais continuerait d’exister dans une direction temporelle inversée. Certains physiciens envisagent même que le Big Bang ait été un rebond entre deux phases du temps. Les trous de ver ne seraient donc pas des tunnels spatiaux, mais des indices sur la véritable nature du temps.