Des embouteillages dans l’espace ? Des scientifiques ont créé un « Waze » anti-collision cosmique
Regorgeant de milliers de satellites et débris spatiaux, l’orbite terrestre basse commence à saturer. Pour prévenir un carambolage cosmique, des chercheurs ont mis au point une nouvelle méthode pour aider à déterminer les « carrefours » les plus critiques.

45 000. C’est le nombre d’objets artificiels orbitant autour de la planète bleue. Débris spatiaux et satellites en tout genre composent cette armada en orbite terrestre basse, dont les rangs seront bientôt rejoints par d’autres technologies conçues par les diverses agences spatiales internationales.
Un défi crucial s’impose alors aux scientifiques : comment réguler ce trafic afin d’éviter les collisions ? Des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL) ont peut-être une solution : une méthode inédite de modélisation des orbites dans la région située entre la Terre et son satellite naturel – autrement appelée « espace cislunaire ».
Une carte d’un million de trajectoires pour prévenir un carambolage satellitaire
Aucune modèle mathématique ne permet de prédire avec précision où sera un satellite dans une semaine, ce qui n’aide en rien à prévenir les collisions. À partir de ce constat, les scientifiques du LLNL ont cherché à modéliser le plus d’orbites possibles dans l'espace cislunaire. Et ils sont parvenus à simuler un million de trajectoires sur une période de six ans.
Pour y parvenir, les experts se sont appuyés sur une base de données en open-access. De plus, une puissance de calcul colossale a été nécessaire : 1,6 million d’heures CPU – soit plus de 182 ans s’il s’agissait d’un ordinateur standard. Mais grâce aux superordinateurs du laboratoire, Quartz et Ruby, les scientifiques ont réussi l’exploit de réaliser ces modélisations en trois jours seulement.

Cette simulation est riche d’enseignements. Grâce aux applications d’apprentissage automatique les chercheurs du LLNL vont pouvoir en retirer une analyse extrêmement poussée, qui les aidera à tenter de prédire la durée de vie d’une orbite, sa stabilité ou encore ses anomalies. D’après leur étude :
- Près de la moitié des trajectoires modélisées restent stables pendant au moins une année.
- Un peu moins de 10 % des orbites simulées restent stables sur la période de six ans du modèle développé.
Cet outil s’annonce pertinent pour l’avenir : d’abord parce que le calendrier de lancement est déjà bien rempli, rien que pour cette année 2026, mais également car il pourrait permettre de déterminer les « carrefours » les plus critiques et ainsi aider à prévenir les collisions satellitaires.