Les VPN interdits en France ? Le gouvernement apporte des précisions
Le gouvernement donne des précisions sur ses intentions de réguler les VPN. Il rejette l'idée d'une interdiction totale, mais reste discret quant à l'instauration de mesures contraignantes.

En fin de semaine dernière, la ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff, provoquait de vives réactions en annonçant vouloir s'attaquer aux VPN. “Les VPN, je ne suis pas naïve, on connaît l'environnement numérique dans lequel nous évoluons tous, évidemment que le VPN existe. Les VPN, c'est le prochain sujet sur ma liste”, déclarait-elle, interrogée au sujet de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et sur la possibilité de contourner les mesures de vérification d'âge via un VPN.
On craignait alors que des restrictions des VPN, voire leur interdiction pure et simple, soient en chantier du côté de l'exécutif. “Vous êtes tous tombés dans le panneau […], réfléchissez un peu, aucune démocratie n’oserait faire ça”, avait ironiquement réagi Xavier Niel, dont l'opérateur Free met justement à disposition un VPN auprès de ses abonnés depuis quelques mois. Cette initiative avait eu lieu juste après l'instauration du contrôle de l'âge pour accéder aux sites porno.
Le gouvernement ne va pas totalement interdire les VPN
Face aux critiques suscitées par les propos d'Anne Le Hénanff, le gouvernement a réagi pour clarifier sa position sur le sujet des VPN. “La ministre considère utiles les VPN pour de nombreux usages tout à fait légitimes, il n'a donc évidemment jamais été question de les interdire”, a déclaré un porte-parole dans un communiqué publié par BFMTV.
S'ils peuvent servir à accéder à des contenus bloqués en France ou à passer outre les systèmes de vérification de l'âge, les VPN sont aussi et surtout utilisés pour protéger les données. Les entreprises y ont notamment recours afin d'éviter les piratages et d'améliorer leur sécurité numérique.
Notons toutefois que le gouvernement a rejeté l'idée de les interdire, mais pas de mettre en place des mesures pour les limiter. Il pourrait par exemple s'en prendre aux VPN grand public, comme NordVPN, Proton VPN, Surfshark, CyberGhost ou ExpressVPN, et laisser en paix les services destinés aux professionnels. On peut aussi imaginer un contrôle de l'âge obligatoire sur ces plateformes, ce qui empêcherait de le contourner sur les réseaux sociaux et les sites porno.
