Votre prochain smartphone Motorola pourrait ne jamais être mis à jour, et la raison tient en un seul mot

Motorola a récemment présenté quatre nouveaux smartphones pour sa gamme Moto G : fiches techniques complètes, prix très agressifs… Là où le bât blesse toutefois, c’est au niveau de la politique de maintenance logicielle : certains modèles ne bénéficieront d’aucune mise à jour Android. Cette liberté prise par la marque résulterait en réalité d’une formulation bancale dans la réglementation européenne.  

motorola moto g67

Motorola dispose d’une gamme de smartphones positionnée sur les segments très abordables : la Moto G. La marque vient tout juste de présenter quatre nouveaux produits pour celle-ci : les Moto G77, Moto G67, Moto G17 et Moto G17 Power. S’ils proposent des fiches techniques complètes et des prix agressifs – moins de 320 euros –, il y a un domaine sur lequel ils pèchent : la politique de mise à jour.

La maintenance logicielle des quatre modèles est assez décevante, surtout pour les G17 et G17 Power qui ne bénéficieront d’aucune mise à jour Android – alors même qu’ils ne sont pas livrés avec la dernière version du système d’exploitation : ils tournent sous Android 15 et non sous Android 16. Mais comment est-ce possible ? Eh bien, il semble que Motorola se soit engouffré dans une brèche de la réglementation européenne.

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Quand un tout petit mot peut avoir d’énormes impacts…

Pour mieux encadrer les politiques de mises à jour des constructeurs et ainsi les contraindre à améliorer leur suivi logiciel, la Commission européenne a établi l’an dernier plusieurs réglementations. Toutefois, il semble que ce cadre juridique manque de rigueur dans la formulation : cette dernière permettrait en effet à Motorola d’interpréter à sa guise le règlement – et ainsi de ne proposer aucune mise à jour logicielle. Le coupable : un tout petit mot de deux lettres – une conjonction de subordination, pour être plus précise.

Comme le rappelle Android Authority, la réglementation européenne dispose : « les fabricants […] devront, s'ils fournissent des mises à jour de sécurité, de correction ou de fonctionnalité à un système d'exploitation, rendre ces mises à jour disponibles gratuitement ». De ce fait, les constructeurs n’ont pas l’obligation de proposer cinq ans de mises à jour (logicielles ou sécurité) ; en revanche, ils sont contraints de les proposer gratuitement pendant au moins cinq ans après la fin de commercialisation du produit S’ILS en créent une.

Quelles pourraient être les implications de cette formulation bancale, concrètement ? D’un côté, l’on pourrait craindre que d’autres fabricants décident de suivre la voie ouverte par Motorola, ce qui serait inquiétant pour le marché des smartphones en Europe. De l’autre, on peut considérer que Motorola s’autosabote – même avec des téléphones à un prix aussi agressif –, une maintenance logicielle sur le long terme étant un argument de vente majeur chez Samsung ou Google.


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