WhatsApp, Telegram : 7 pays réclament une backdoor dans les applications de messageries chiffrées

 

Les applications chiffrées telles que WhatsApp, Telegram ou encore Signal permettent de communiquer en toute sécurité. Cependant, elles posent un problème aux autorités. Sept pays réclament aujourd’hui l’ajout d’un backdoor pour consulter les messages privés si nécessaire. Toutefois, c'est loin d'être gagné.

L'application Whatsapp
Crédits : Christian Wiediger/Unsplash

Les messageries chiffrées sont très populaires. En plus d’être pratiques, elles permettent de communiquer sans craindre les regards indiscrets, les conversations étant chiffrées. Cela pose un problème à certains pays. Par exemple, la Five Eyes Alliance réclame l’ajout d’un backdoor dans ces applications.

La Five Eyes Alliance est une union des services de renseignements américains, canadien, britanniques, australiens et néo-zélandais qui mettent parfois leur ressource en commun. Ils réclament l’ajout d’un backdoor dans les applications chiffrées qui leur permettrait d’accéder aux conversations privées en cas de besoin. Les services de renseignement indien et japonais se sont joints à la demande. Il est vrai que ces services de messagerie sont depuis toujours privilégiés par des personnes malintentionnées. Le service russe Telegram était par exemple l’un des outils de communication privilégié par les membres de Daesh.

La protection de la vie privée en jeu

Sur le papier, l’idée peut paraître cohérente, notamment pour lutter contre le terrorisme. Néanmoins, l’ajout d’un backdoor pose question. Depuis l’affaire Snowden en 2013, la question de la protection de la vie privée est cruciale pour ce genre d’applications. Les utilisateurs continueront ils à s’en servir s’ils ne sont pas certains que leur conversation ne peuvent être lues par un tiers ?

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Il faut également que les sociétés concernées soient d’accord pour créer une porte d’accès dérobée à leur application, et ce n’est pas gagné. Beaucoup misent sur la sécurité, coûte que coûte. Lors de l’attaque terroriste de San Bernardino (Californie) en 2016, Apple avait par exemple refusé de donner l’accès de l’iPhone du suspect aux autorités, ne souhaitant pas créer un précédent. Après de long moins, les autorités avaient finalement craqué le téléphone, mais Apple n’a jamais plié.

La demande de la Five Eyes Association a donc toutes les chances de rester lettre morte. Telegram ou WhatsApp misent beaucoup sur la protection de la vie privée. Leur demander de faire une croix sur cet argument reviendrait à retirer tout l’intérêt de leur service.



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