Un rapport alarmant révèle ce que les lancements de satellites font vraiment à notre atmosphère
Chaque lancement de satellite injecte des polluants dans la haute atmosphère. Une nouvelle étude révèle que l'ampleur du phénomène dépasse toutes les projections. Les scientifiques parlent désormais d'un vaste essai climatique non réglementé à l'échelle planétaire.

Le nombre de satellites en orbite a explosé ces dernières années. En 2020, quelques milliers d'appareils gravitaient autour de la Terre. Aujourd'hui, on en compte plus de 15 000 en activité, soit trois fois plus en seulement cinq ans. Des études ont déjà montré que ces fusées rejettent des métaux dans la haute atmosphère lors de leurs rentrées. Les acteurs du secteur annoncent des projets encore plus grands, sans cadre réglementaire établi.
Cet essor préoccupe la communauté scientifique. Les chercheurs s'interrogent sur les effets cumulés des lancements répétés de Starlink. La constellation de SpaceX a multiplié les incidents en orbite ces derniers mois. Une étude publiée dans la revue Earth's Future quantifie pour la première fois l'impact climatique cumulé des méga-constellations à l'horizon 2029.
D'ici 2030, les méga-constellations de satellites auront pollué l'atmosphère plus que le Royaume-Uni entier
Selon l'étude, la pollution des méga-constellations dépassera 40 % des rejets totaux du secteur spatial d'ici 2029. Eloise Marais, professeure de chimie atmosphérique à l'University College London, dirige cette recherche. La chercheuse précise que les fusées de Starlink brûlent du kérosène et produisent du carbone noir. Ce polluant reste dans les couches supérieures de l'atmosphère pendant 2,5 à 3 ans. Son effet climatique est environ 540 fois supérieur à celui des navires, voitures et centrales électriques.
Quand un satellite en fin de vie se désintègre en rentrant dans l'atmosphère, il libère des oxydes d'aluminium. Ces particules s'attaquent à la couche d'ozone. D'ici 2030, les projections tablent sur environ 100 000 satellites en orbite, contre 15 000 aujourd'hui. Les méga-constellations concernées incluent Starlink de SpaceX, Amazon LEO et les projets chinois Guowang et Qianfan. Les chiffres avancés par l'équipe sont qualifiés de conservateurs.
Eloise Marais parle d'un vaste essai de géo-ingénierie non réglementé, aux effets climatiques largement imprévisibles. Les concentrations de polluants atteignent encore un centième du seuil critique. La tendance s'accélère à mesure que le rythme de mise en orbite augmente. La chercheuse réclame un renforcement des réglementations sur les émissions de lancements et de rentrées atmosphériques. Elle appelle aussi à davantage de financement pour la recherche, car le secteur croît trop vite pour être suivi scientifiquement.