Maj. le 14 mars 2019 à 17 h 26 min

Au début des années 2000, Tesla révolutionnait le marché de l’automobile en pariant sur des véhicules ultra-modernes et 100% électriques. Un pari fou à l’époque. Alors que la Model 3 débarque en France, nous avons eu l’occasion de tester pendant quelques jours la voiture 100% électrique la plus vendue dans le monde, la Model S. Découvrez nos impressions.

test tesla model s essai

Le 1er juillet 2003, le monde de l’automobile accueillait un nouvel arrivant : Tesla. Derrière ce nom se cache un homme, Elon Musk, créateur de PayPal puis de Space X, adulé pour son génie par certains, décrié pour sa folie par d’autres . Ce personnage haut en couleur a fait le pari fou de révolutionner le marché de l’automobile en misant sur des véhicules très haut de gamme 100% électriques. En réponse aux enjeux écologiques actuels, l’objectif d’Elon Musk est de démocratiser l’électrique pour en faire l’énergie de demain.

La promesse de Tesla

Avec Tesla, Elon Musk souhaite « accélérer la transition mondiale vers un schéma énergétique durable ». Ce projet passe, selon le milliardaire, par l’utilisation de l’énergie électrique. Connue pour ses voitures, l’entreprise développe également des camions, des batteries domestiques, et même des tuiles solaires. Elon Musk a imaginé un écosystème entier basé sur l’énergie électrique : demain, voitures, maisons, et stations de recharge pourraient faire partie de notre quotidien.

Pour financer tous ces projets, Tesla s’est attaquée en premier au marché de l’automobile, plus proche des préoccupations du grand public. La stratégie de la marque est simple : proposer des modèles Premium, puis développer des gammes plus abordables grâce aux ventes des premiers véhicules. Avec ses Roadsters, l’américain souhaitait démontrer qu’il est possible de créer des véhicules puissants et performants alimentés par l’énergie électrique. Pari gagné.

Avec la Model S, Tesla crée sa première berline 100% électrique. Lancée en 2012 aux États-Unis et présentée au salon de Genève en 2013, elle est devenue la voiture électrique la plus vendue au monde, malgré un tarif proche des 100 000 euros. Améliorée en 2014 avec une version dite « D » (Dual-Motor) et l’arrivée de l’Autopilot de série, la Model S change de look en 2016. Grâce aux ventes de la Model S et de la Model X (le SUV de la gamme), Tesla a pu développer un véhicule plus abordable, la Model 3, disponible à partir de 45 000 euros. Elle dépasse tous les records de ventes.

Avant d’essayer cette Model 3, Tesla nous a proposé de tester la voiture 100% électrique la plus vendue au monde. Nous avons pu parcourir les routes du Nord de la France à bord de la Model S 100D, équipée de la plus grosse batterie disponible, du Dual-Motor et de l’Autopilot. Après quatre jours d’utilisation, nous sommes conquis.

Un design haut de gamme minimaliste

La Tesla Model S se distingue de la concurrence dès sa conception. C’est la première voiture électrique conçue comme une voiture électrique. Il ne s’agit pas d’un modèle imaginé comme un modèle thermique agrémenté d’un équipement le rendant électrique. Ainsi, la Model S a été créée en se basant sur la batterie (100 kWh sur notre version 100D). À partir de ce socle, Tesla a conçu le reste de la voiture : le hardware et le software, à la manière d’un smartphone.

Reliée en permanence à internet (abonnement payé par Tesla), la Model S peut être mise à jour à tout moment par les ingénieurs de la marque, en fonction des remontées des clients. Un cadre de l’entreprise nous a donné l’exemple d’un conducteur interpellant Elon Musk sur Twitter. Il lui demandait un système dans lequel le siège se reculerait pour qu’il puisse se glisser à la place du conducteur, puis reprendre sa position initiale de conduite. Quelques jours plus tard, cette amélioration était intégrée à toutes les Tesla via une mise à jour.

Vous l’aurez compris, la Model S ne connaîtra pas beaucoup d’évolutions matérielles. Le premier modèle a été lancé en 2012 et n’a changé qu’en 2016. Tesla a intégré les caméras de l’Autopilot (et des technologies l’accompagnant) et légèrement changé la carrosserie (plus de calandre et l’arrivée d’un toit complètement panoramique) ainsi que l’habitacle. La Tesla Model S est par exemple prête pour devenir une voiture complètement autonome, lorsque la législation l’autorisera. Une simple mise à jour suffira.

Notre version d’essai de la Model S était une version 100D équipée du pack Premium comprenant les options suivantes :

  • jantes noires de 21 pouces
  • système audio haut de gamme
  • sièges chauffants à l’avant et à l’arrière
  • filtre à air HEPA (même système que celui des salles d’opération, défense contre les armes biologiques)
  • toit ouvrant
  • inserts carbone

 

Nous avons eu la chance de monter à bord du modèle rouge équipé de sièges en cuir végétal blanc (écologique jusque dans les moindres détails). Sans atteindre le niveau des berlines très haut de gamme allemandes, les finitions de la Tesla Model S sont irréprochables. Minimaliste et intemporelle, la Model S ne passe pas inaperçue. Partout où nous sommes passés, les regards se sont tournés vers le véhicule. Certains piétons n’ont pas hésité à nous questionner sur cette voiture si élégante et en même temps tellement silencieuse. Oui, la Tesla Model S a de la gueule. Nous ne serions pas étonnés d’apprendre que les designers ont puisé leurs inspirations chez Pinin Farina (designer des voitures Ferrari par exemple, ou, dans un autre style, de la Peugeot 406 coupée).

L’allure sportive de la Model S ne doit pas vous induire en erreur : il s’agit bien d’une berline. Il suffit de s’installer dans le véhicule pour s’en apercevoir. Spacieuse et confortable, la Tesla Model S est dotée de cinq « vraies » places. Mais c’est évidemment au volant que l’expérience est la plus impressionnante.

Un équipement high-tech évolutif

La Model S est une voiture (merci Captain Obvious), mais c’est aussi un bijou de technologie. À peine assis, on ne voit qu’une seule chose : son écran de contrôle. Cette tablette est le centre de toutes vos interactions avec la Model S. Seuls deux boutons physiques sont disposés sur l’habitacle : le signal d’arrêt d’urgence (warning) et l’ouverture de la boîte à gants. Tout le reste du véhicule se contrôle depuis l’ordinateur de bord à l’exception des commandes de conduite positionnées derrière le volant, sécurité oblige, et la gestion des vitres et des rétroviseurs. L’écran, tactile, est particulièrement sensible et n’a rien à envier à un iPad d’Apple. La définition et la luminosité sont d’ailleurs bluffantes : on lit parfaitement les informations dans toutes les conditions, même en plein soleil. Un régal. Notons par ailleurs que l’écran bascule du blanc au noir selon les heures de la journée afin de ne pas éblouir le conducteur et les passagers la nuit.

De série, le véhicule dispose d’un équipement high-tech très complet pilotable depuis cette énorme tablette de 17 pouces placée au centre de l’habitacle. On accède donc depuis ce panneau à toutes les options de contrôle du véhicule. Tout y est : éclairage LED, hauteur des suspensions, ouverture ou fermeture des portes,réglages de l’Autopilot, freinage d’urgence, navigation avec rendu 3D, accès à Spotify Premium (abonnement payé par Tesla). Nous oublions certainement des dizaines d’autres options disponibles via cet écran tant elles sont nombreuses. Les ingénieurs se sont même amusés à intégrer des jeux vidéo contrôlables depuis le volant. C’est très sérieux !

Légèrement orientée vers le conducteur, la tablette sera plus difficile à manipuler pour le passager. Mais au volant, le confort est incomparable. Entre les deux sièges avant, Tesla a intégré tout un lot de rangements assez complets (porte-gobelets, station de recharge pour smartphone, grands rangements). Le système audio haut de gamme proposé en option diffuse la musique partout dans le véhicule. Il est possible de contrôler la diffusion du son à certains endroits (par exemple à l’arrière ou à l’avant uniquement).

La Tesla Model S dispose non pas d’un, mais de deux coffres. L’absence de moteur thermique permet d’ajouter un petit coffre (deux petites valises de voyage) à l’avant en plus de celui de 750 litres à l’arrière. Les sièges arrière peuvent être rabattus pour agrandir cet espace déjà confortable.

Vous en voulez encore ? Une application permet de contrôler la Model S à distance. Minimaliste et très ergonomique, l’appli Tesla permet d’ouvrir ou fermer la voiture (portes, coffre, toit, emplacement de recharge), de gérer la ventilation à distance, les phares, la climatisation, les sièges chauffants ou encore le klaxon. Il est même possible de faire avancer ou reculer le véhicule sans être au volant ! Nous étions prêts pour le reboot de K2000.

En route !

Avant de prendre la route, précisons que le système de Tesla permet de configurer plusieurs profils de conducteurs. Vous réglez une fois votre position de conduite puis l’enregistrez dans le système. Il suffira ensuite de choisir un profil pour que l’ensemble des éléments (siège, volant, rétroviseurs) se positionnent selon vos désirs. Vous êtes prêts ? En route !

La clé de la Model S est une Model S miniature

Vitesse, accélération, tenue de route, confort : une référence

Bien que dotée d’une puissance réelle de 310 kW (l’équivalent de 422 chevaux) la Model S se déplace dans un silence de cathédrale. C’est certainement l’élément le plus surprenant lors de la première prise en main. Jusqu’à 50 km/h, on ne distingue aucun bruit tant l’insonorisation est bonne. Passé ce cap, les bruits du vent et les frottements des pneus sur l’asphalte sont audibles. Mais cela reste bien plus confortable qu’une berline traditionnelle, surtout sur les longs trajets. Ce calme est particulièrement apaisant, et nous fait découvrir de nouvelles sensations de conduite.

Pour le confort, Tesla a équipé la Model S 100D de sièges chauffants et électriques à mémoire de forme. Le confort est digne des meilleures berlines du marché. Le Dual Motor (le « D » de « 100D ») favorise une excellente tenue de route. La Model S ne bouge pas d’un poil, même dans des virages serrés. Le Dual Motor est un système de transmission intégrale. L’accélération est linéaire, sans sursauts. Et quelle accélération ! La Model S atteint les 100 km/h en 4,3 secondes seulement. En départ arrêté, les têtes se collent à l’appui-tête dès les premières secondes. Les amateurs de sensations fortes apprécieront. Une fois lancée, la Tesla Model S peut atteindre une vitesse maximale théorique de 250 km/h. Sur circuit, nous avons atteint les 230 km/h. Même à cette allure, la tenue de route est incomparable. Et au-delà des 130 km/h, la voiture a toujours une excellente reprise.

La batterie, positionnée au centre du véhicule, lui offre un centre de gravité parfaitement positionné et un poids (deux tonnes) sécurisant. Les deux moteurs situés sur les essieux avant et arrière permettent à la 100D de s’adapter parfaitement à tous les parcours. La Model S épouse les courbes de la route avec douceur, elle caresse l’asphalte.

Notons que les suspensions à air de la Model S sont réglables en hauteur depuis l’écran central. Mieux, le système enregistre les réglages et adapte la hauteur des suspensions lors des prochains passages. Nous avons dû par exemple franchir un petit trottoir pour ranger la Tesla dans le garage. Nous avons réglé une fois les suspensions en position haute. Lors des passages suivants, le système s’adaptait seul.

En ville, l’expérience de la Model S trouve ses limites dans son gabarit. Cinq mètres, c’est très long, et il faut pouvoir garer ce beau bébé. Les multiples capteurs nous aident à nous faufiler et un système de stationnement automatique (créneau ou en bataille) est bienvenu (hop, sans les mains !). La caméra de recul devient vite indispensable. Elle peut d’ailleurs être utilisée à tout moment, même en roulant. Cet attirail permet à la Model S, malgré son allure de paquebot, de bien s’en tirer en ville. Petit détail bienvenu : les poignées de porte se rétractent automatiquement, impossible de se faire car-jacker l’auto !

L’autopilot : presque sans les mains

L’une des fonctions les plus commentées des véhicules Tesla est son assistance à la conduite baptisée Autopilot. Les représentants de la marque insistent, « il ne s’agit pas de remplacer le conducteur », mais plutôt de prévenir les risques (endormissements, écarts, etc.). L’Autopilot s’active en un tour de main : une commande au volant permet d’enclencher le limiteur de vitesse (un clic), et le suivi des trajectoires (deux clics). Sur le tableau de bord, un message indique que le conducteur doit garder les mains sur le volant.

Si toutefois l’envie lui prenait de tester la conduite « sans les mains », plusieurs alertes se déclenchent. Tesla a mis au point un système progressif. Dans un premier temps, l’ordinateur de bord affiche le message « gardez les mains sur le volant en effectuant une légère pression ». Si le conducteur ne réagit pas, un signal sonore (petit bip) retentit. Si le pilote ne reprend pas les commandes, ce signal sonore se fait plus régulier et plus puissant. La dernière étape est plus radicale : le véhicule ralentit progressivement et enclenche le signal de détresse. Une fois la voiture arrêtée, les équipes Tesla sont averties et tentent d’appeler le conducteur. Si personne ne répond, les secours sont envoyés directement à l’endroit où le véhicule est arrêté.

Vous l’aurez compris, la Tesla Model S n’est pas un véhicule 100% autonome mais ultra-sécurisé. Il ne prend en compte ni les panneaux ni les feux de signalisation, pour le moment. Car elle est équipée pour, et une simple mise à jour suffira à la rendre complètement autonome.

Les différentes caméras positionnées tout autour de la voiture permettent à la Model S de suivre une trajectoire précise, mais également de doubler en toute sécurité. Le conducteur configure la distance de sécurité à respecter, puis enclenche le clignotant. La voiture se déporte au moment opportun après avoir analysé l’environnement, y compris les angles morts grâce à des caméras positionnées entre les portes avant et les portes arrière. Le même système s’active lorsque l’on se rabat.

Mieux, l’Autopilot est capable d’anticiper les freinages d’urgence et d’éviter les carambolages. Le système peut analyser les comportements du véhicule devant vous, mais surtout celui du véhicule qui le précède. En pratique, la Model S freine avant même que le véhicule devant vous a eu le temps de piler. Impressionnant !

Une autonomie record, une recharge facile

L’autonomie est sans doute la plus grande interrogation des consommateurs au sujet des véhicules électriques. Pourtant, les performances s’améliorent à une vitesse folle. Un club de propriétaires italiens a par exemple réussi à parcourir plus de 1000 km en une seule charge avec une Model S P100D. Notre Model S 100D ne promet pas de telles performances. Un responsable de la marque nous a confié qu’un journaliste avait réussi à parcourir 710 km avec une seule charge, au-delà de l’autonomie maximale annoncée donc.

Nous n’avons pas atteint ce record lors de notre essai, et ce pour plusieurs raisons. S’agissant d’un test, nous avons poussé le véhicule dans ses retranchements, et, on doit bien l’avouer, appuyé (un peu) sur le champignon. Pour une consommation d’énergie optimale, il ne faut pas dépasser la barre des 110 km/h. À 130 km/h, sur autoroute, la consommation d’énergie est donc plus importante (autonomie de 400km environ). Au-delà de la vitesse de pointe, ce sont surtout les accélérations qui ont un impact important sur l’autonomie. Plus vous doublez, plus vous consommez. Avec une telle motorisation, nous sommes souvent tentés par les dépassements.

Les conditions météorologiques, le relief, la puissance de la musique, ou l’utilisation des phares sont autant d’éléments ayant un impact sur l’autonomie. En résumé, si vous roulez en montagne, que vous multipliez les accélérations, par grand vent et de nuit, avec la musique à fond, vous consommerez évidemment beaucoup plus.

Ainsi, durant notre essai, nous n’avons jamais dépassé les 450 km d’autonomie avec une charge complète (10% d’énergie restante avant recharge). Mais, nous devons bien l’avouer, nous nous sommes fait plaisir et avons beaucoup roulé de nuit. Avec une conduite plus raisonnable, nous aurions atteint les 600km avec une charge complète.

À titre de comparaison, une Porsche 911 consomme 9l/100km (mixte) pour un réservoir de 68l, soit 750km (théorique) avec un plein. La Model S ne s’en sort finalement pas si mal, d’autant que Tesla nous a expliqué que les ingénieurs amélioraient au fil du temps l’autonomie. Elle a déjà presque doublé par rapport aux premiers modèles (environ 350km d’autonomie).

La panne est presque impossible

Lors de notre essai, l’autonomie n’a jamais vraiment été un problème. Nous avons pu parcourir les routes du Nord de la France et de la région parisienne sans jamais craindre de tomber en panne. Si cela avait été le cas, Tesla a prévu un système de rapatriement du véhicule dans la concession la plus proche, principalement dans les grandes villes de France.

La marque a de toute façon tout prévu pour éviter la panne sur les longs trajets (il faudra penser à d’autres techniques de drague). L’ordinateur de bord propose un suivi de la consommation en fonction de votre conduite sur vos précédents parcours (sur les 10, 20 ou 50 km précédents). La consommation instantanée apparaît également à l’écran.

Lorsque vous entrez une destination dans le GPS, le système indique si vous avez assez d’autonomie pour y arriver et surtout les étapes où vous pourrez vous arrêter pour recharger le véhicule. Le temps de charge nécessaire à chaque étape est également précisé. Si votre conduite change en cours de route, ces données sont modifiées en temps réel. On vous l’avait dit, pour tomber en panne il faut vraiment manquer de vigilance. D’autant que les possibilités de recharge sont multiples.

La recharge à domicile : pour les trajets du quotidien

Après l’autonomie, la recharge est l’une des autres problématiques liées à l’utilisation d’une voiture électrique. Tesla en a conscience et propose plusieurs solutions. La première est la recharge à domicile. Tous les véhicules de la marque peuvent être connectés à un réseau électrique domestique en 220V, soit toutes les habitations en France (sauf quelques rares exceptions). Une prise dédiée est fournie, rangée dans un double fond, dans le coffre.

Toutefois, le temps de recharge est assez long : comptez une nuit de recharge pour gagner 150 km d’autonomie. Cette solution est donc tout à fait acceptable pour les trajets du quotidien. En moyenne les Français parcourent 44km par jour pour les trajets domicile-travail (étude IFOP 2017). Avec 150 km d’autonomie gagnés chaque soir, les utilisateurs ont donc de la marge. Si toutefois, certains clients ont besoin d’un système plus rapide (notamment en campagne), Tesla propose d’installer une borne de recharge rapide au domicile. Ces stations domestiques restent toutefois moins performantes que les Superchargers installés un peu partout en France et en Europe.

Le réseau de Superchargers Tesla : idéal pour les longs voyages

Si les recharges à domicile règlent la problématique des trajets quotidiens, Tesla a dû trouver une solution pour les voyages plus longs. La marque déploie depuis des années des stations de Superchargers un peu partout dans le monde. En France, le maillage est particulièrement bien fourni. Implantées sur les principaux axes de circulation, ces stations sont plus nombreuses chaque semaine. Les Superchargers assurent une vitesse de recharge incomparable. Pour notre Model S 100D (plus grande capacité de batterie), une recharge complète dure 1h15 grand maximum (de 4 à 100%) et est totalement gratuite pour les véhicules achetés avant le 1er janvier 2017. Pour les autres, comptez 20 euros pour une recharge complète sur ce modèle. Nous avons par exemple pu recharger complètement la batterie sur une station située dans un centre commercial, le temps de faire nos courses.

Pour les départs en week-end ou en vacances, les stations d’autoroute disposant de bornes Tesla sont nombreuses. Bien plus que ce que l’on s’imaginait avant notre essai. En respectant les recommandations du Code de la route sur les temps de pause, nous sommes sûrs de trouver des stations de recharge sur notre trajet. La sécurité routière recommande une vingtaine de minutes de pause toutes les deux heures. En vingt minutes, la Tesla Model S gagne l’équivalent de 250 à 300 km d’autonomie en se rechargeant sur un Supercharger. Autant dire que les inquiétudes sont vite dissipées. Certes, le temps de recharge est plus long que les 5 minutes nécessaires pour faire le plein d’un véhicule essence. Utiliser une Tesla, c’est aussi changer ses habitudes. Cela ne peut pas faire de mal.

Tesla a également scellé des partenariats avec des hôtels, campings et autres établissements du genre pour proposer la « recharge à destination ». Supposons que vous voyagez jusqu’à Madrid depuis Paris (nous avons simulé ce trajet). Non seulement le GPS indiquera les étapes à respecter pour recharger le véhicule sur le parcours, mais il suggèrera également un établissement partenaire à destination afin de brancher le véhicule dès votre arrivée. Oui, Tesla a pensé à tout, à tel point que nos inquiétudes initiales en matière d’autonomie et de recharge ont vite été dissipées lors de notre essai. Et l’entreprise ne compte pas s’arrêter là : début 2019, la marque a dévoilé des Superchargers V3 50% plus rapides.

La dimension écologique

Sur un marché de l’automobile en pleine mutation, et face aux enjeux écologiques, la voiture électrique suscite encore de nombreuses interrogations. L’électrique, est-ce vraiment écologique ? Si ses voitures sont 100% électriques, Tesla admet qu’elles ne sont pas 100% écologiques. Mais elles restent plus respectueuses de l’environnement qu’un moteur thermique. Tesla assure aller dans la bonne direction.

Car les principaux doutes entourant l’électrique concernent la production des véhicules et la fin de vie des batteries. Le géant américain nous a expliqué que l’essentiel de ses usines était en grande partie alimenté en énergies vertes (principalement en solaire) et qu’à ce titre elles étaient bien moins polluantes.

Reste alors la question des batteries. Bien que Tesla les garantisse huit ans (batterie + moteurs pour un kilométrage illimité), les batteries des véhicules peuvent durer plus longtemps. Que fait la marque lorsque la batterie arrive en fin de vie ? Elle la recycle, tout simplement. Évidemment, ce processus de recyclage consomme de l’énergie, mais encore une fois, bien moins qu’une usine fabriquant une nouvelle voiture thermique. Et le véhicule gagne en durée de vie. Ajoutons à cela l’absence de réparation et d’entretien sur ce type de véhicule, donc pas de pièces à fabriquer et à faire transiter d’un pays à l’autre. Sans parler de la durée de vie du produit, bien plus longue que celle d’un véhicule thermique. Si le modèle de la voiture électrique n’est pas parfait, il reste bien plus respectueux de l’environnement qu’un modèle thermique. À condition, bien sûr, d’avoir un écosystème complet et adapté.

Verdict : l’essayer, c’est l’adopter

Après un long week-end passé en compagnie de la Tesla Model S, nous sommes conquis. Les craintes que nous pouvions avoir concernant l’autonomie et la recharge de ce véhicule électrique se sont vite dissipées. Tesla réussit à démontrer qu’il est possible de créer une voiture électrique premium, performante et élégante. Grâce à son excellent travail sur les batteries, et ses multiples possibilités de recharge, Tesla balaie d’un revers de main les problématiques les plus souvent soulevées. Et que dire de ce petit bijou technologique !

Certes, passer à l’électrique oblige à changer un tout petit peu ses habitudes. Mais lors de notre petit périple, nous avons pu rencontrer plusieurs acquéreurs de véhicules Tesla sur les stations de recharge. Tous ont franchi le pas non sans quelques réticences. Mais après quelques semaines, ils ont à l’unanimité déclaré qu’ils ne changeraient de voiture pour rien au monde. Tous les atouts d’une voiture thermique très haut de gamme sont réunis dans la Model S. Elle se permet même de leur tenir tête sur certains aspects comme la tenue de route. Elle est, en prime, plus économique. Surtout, la dimension écologique et durable d’un véhicule aussi évolutif est essentielle. Les scientifiques sont unanimes : il faut changer nos habitudes, et l'électrique va dans leb on sens. Certes, proposée à 124 000 euros pour notre version d’essai (85 000 pour la version standard), la Tesla Model S est réservée à un public aisé. Mais les ventes ont permis à Tesla de développer la Model 3, plus abordable (45 000 euros), qui sera sur les routes françaises dès avril 2019. La marque envisage de développer des gammes encore moins chères afin que la voiture électrique soit à la portée de tous. Les ventes de la Model 3 seront donc déterminantes dans la stratégie de Tesla.

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