Test Nintendo Switch Lite : un modèle réduit qui n’a pas à rougir de sa grande sœur

Maj. le 8 octobre 2019 à 19 h 21 min

2 ans ½ après la sortie de la première Switch, Nintendo nous propose une seconde édition de sa console de jeu en la réduisant à son plus simple appareil. La Switch Lite est enfin là. À trois mois des fêtes de fin d’année, le timing est parfait. Juste le temps pour la console de se forger une petite réputation et de susciter l’engouement dans les cours de récré (mais pas que…), et elle devrait se vendre comme des petits pains à Noël prochain. Nous avons testé la console vraiment portable et vous livrons toutes nos impressions.

Si la Switch Lite a perdu certaines de ses possibilités par rapport à la version classique, et notamment son dock lui permettant d’être couplé à un téléviseur, elle y a cependant gagné en prix. Elle qui hérite de l’immense catalogue de la Switch classique, réunit tous les ingrédients pour constituer le cadeau idéal à placer sous le sapin : commercialisée 100 € de moins que la Switch classique, elle est aussi plus compacte, se voit disponible dans différents coloris plutôt bien choisis, et profite d’une meilleure autonomie, du moins selon Nintendo. D’autant qu’elle débarque à une période où elle n’a plus personne en face, Sony ayant jeté l’éponge depuis un bon moment concernant le marché des consoles portables. Dans de telles conditions, on imagine mal comment Nintendo pourrait se louper.

 Nintendo Switch LiteNintendo Switch
Dimensions91,1 x 208 x 13,9 mm102 x 239 x 13,9 mm
Poids275 g378 g
ÉcranLCD tactile 5,5 pouces 720 pixelsLCD tactile 6,2 pouces 720 pixels
Autonomie3 à 7 heures (4 heures de jeu consécutif pour le jeu The Legend of Zelda: Breath of the Wild)2,5 à 6,5 heures (3 heures de jeu consécutif pour le jeu The Legend of Zelda : Breath of the Wild)
Station d'accueil et support TVNonOui
Manettes Joy-ConNonOui
Modes de jeuPortableTV, sur table, portable
CatalogueSeuls les jeux Switch avec mode portable sont compatiblesTous les jeux Switch sont compatibles

Un design et une ergonomie améliorés

En matière de design, premier constat : la Switch Lite est à classer au rayon des consoles portables uniquement. Contrairement à la Switch classique, il n’est pas possible de l’insérer dans un dock, afin notamment d’en déporter l’image sur grand écran. Et n’escomptez pas non plus utiliser sa prise USB-C pour sortir une quelconque image. Rien n’est prévu à cet effet, cela ne fonctionne pas du tout. La Switch Lite, malgré son nom, ne « switche » pas du tout et ne peut pas être transformée en console de salon. Nintendo revient donc à ses fondamentaux, du moins ceux qu’elle s’est imposés depuis 1989 avec la Game Boy, en concevant une console uniquement portable.

Second constat : exit les joy-con détachables. Et au revoir aussi les boutons de direction sur le côté gauche isolés les uns des autres. Bien que la Switch Lite garde un design similaire à celui de la Switch classique, la nouvelle console portable fait peau neuve. Les joysticks sont directement intégrés à l’appareil et ne peuvent pas être retirés. En outre, les boutons de direction ont laissé place à une croix directionnelle, exactement comme on en trouvait sur les anciennes Game Boy et autres 3DS.

Lire aussi : Comparatif Nintendo Switch Lite et Switch, quelles sont les différences

Dans la foulée, Nintendo en a profité pour réduire le poids de la console, ainsi que ses dimensions. On passe donc de 398 grammes dans le cas de la Switch classique à 275 grammes à la Switch Lite. En termes de taille, la console est également plus petite. Quand la Switch classique mesure 10,2 x 29,9 cm, la Switch Lite fait 9,11 x 20,9 cm. Quant à l’épaisseur, elle ne varie pas d’un millimètre : Switch et Switch Lite font toutes les deux 1,39 cm de hauteur. Notez enfin que la console est disponible en trois éditions : jaune, grise ou bleue. Pour notre part, nous avons reçu la version jaune, qui n’est peut-être pas le meilleur coloris des trois, mais ce n’est qu’une affaire de goût, probablement.

En termes d’ergonomie, les petites et moyennes mains apprécieront sans aucun doute la console à sa juste valeur. Les gâchettes, tout comme les joysticks et la croix directionnelle, sont parfaitement placées. Même chose pour les boutons A, B, X, Y, – et + : Nintendo a pris grand soin de les positionner de telle sorte qu’ils soient accessibles sans avoir à se tordre les doigts dans tous les sens dès qu’une commande exige un tant soit peu de jonglage. En revanche, on regrettera que la croix directionnelle ne soit pas plus « flexible ». Comprenez par-là que dans les jeux de combat de type Ultra Street Fighter II: The Final Challengers, les mouvements qui exigent des mouvements circulaires ou des haut/bas à répétition ne sont pas toujours évidents à réaliser. Rien de catastrophique non plus, mais on aurait aimé un peu plus de mollesse dans la croix directionnelle.

Autre point : les grandes mains trouveront probablement le placement des gâchettes un peu juste. Dans ce cas, il convient de tenir la console le plus haut possible. Dès lors, celle-ci n’est pas posée dans le creux de la main, mais largement surélevée. Les grandes mains trouveront également quelque chose à redire quant à la taille des boutons A, B, X et Y, taille qu’ils jugeront peut-être trop petite. De notre côté, cela ne nous a jamais gênés outre mesure. Ce n’est qu’une question d’habitude, probablement.

Très logiquement, la console devrait faire les frais des mêmes ennuis de tremblement des Joy-Con relevés chez certains joueurs plus tôt dans l’année. Une chaîne YouTube s’est d’ailleurs amusée à démonter l’appareil et a constaté que les composants des contrôleurs de jeu étaient en tout point identiques à ceux de la Switch première nom, même si Nintendo a changé leur numéro de série. Une poignée d’utilisateurs semblent déjà rencontrer quelques bugs de mouvements inopinés du joystick. Néanmoins, nous nous devons de mentionner le fait que nous n’avons pas eu à faire face à ce type de problème durant toute notre phase de test. Gageons que, si problème de Drift il y a, celui-ci sera isolé, car il signifierait cette fois qu’il faut renvoyer toute la console en réparation, et non un Joy-Con comme c’est le cas avec la Switch classique.

Notez enfin que la console a perdu son capteur de luminosité, lequel est logé dans les Joy-con de la Switch classique. En conséquence de quoi, s’il est toujours possible de régler la puissance lumineuse de l’écran, il faut dorénavant le faire manuellement. D’ailleurs, en évoquant l’écran, on pourra lui reprocher un dispositif un peu trop brillant, un peu à la manière d’un smartphone. Rien de réellement agaçant, mais de quoi compliquer un peu plus la tâche d’un joueur lorsqu’il est en plein soleil ou sous une très forte lumière intérieure.

Enfin, dans la boîte de la console, on trouve un simple chargeur et son câble USB-C. Nintendo n’a pas fait de gros effort et n’a pas inclus (par exemple) de housse de protection ou de coupon pour accéder au Switch Online pendant une durée limitée.

Quelques petites déceptions du côté de l’audio et de la vidéo

L’écran de la console devient quant à lui plus petit : au lieu d’un dispositif de 6,2″, comme sur la Switch classique, on profite un écran de 5,5″ sur la Switch Light. En revanche, la définition de la console n’a pas bougé : on retrouve du 1280 x 720, exactement comme sur la Switch classique. Néanmoins, la résolution est meilleure, dès lors que l’écran est plus petit que celui de son ainée. De 237 ppi, on passe donc à du 267 ppi. Le revers de la médaille, si l’on y gagne en finesse dans les jeux en 2D et 3D, c’est que le texte devient parfois plus difficile à lire. On le constate dès les premières secondes de mise sous tension de la console, dans les menus et sous-menus de l’interface principale. Et dans les jeux, les sous-titrages et les options de réglage, il faut vraiment s’approcher de la console pour discerner quelque chose.

Si le son est correct, il manque cependant de puissance par rapport à la Switch classique, même lorsque le volume est poussé au maximum. Par ailleurs, s’il est toujours possible d’y connecter un casque ou de petites enceintes via la prise Jack 3,5 mm, on ne peut toujours pas y relier de périphériques Bluetooth. Enfin si, c’est possible, mais il faut passer par le port USB et se munir d’un dongle, ce qui ne facilite pas la tâche. Bref, côté audio, on aurait aimé que Nintendo profite du lancement de cette console pour nous apporter un peu de nouveautés.

Puissance identique, mais autonomie légèrement accrue

Comme évoqué précédemment, la Switch Lite hérite des mêmes composants internes que la première Switch classique, à quelques différences près. Côté processeur, on dispose d’un Tegra customisé pour les besoins de la console. Sur la Switch classique, il s’agissait d’un Nvidia Tegra X1 gravé en 20 nm quad-core Cortex A57, secondé par un quad-core Cortex A52 à 2 GHz. Sur la Switch Lite, on trouve un processeur équivalent, mais gravé en 16 nm et répondant au nom de code « Mariko ». En réalité, c’est ce même processeur que l’on trouve aujourd’hui sur la Switch classique.

Sur la vingtaine de titres que nous avons testés, nous n’avons pas constaté le moindre changement en matière de performances. Le récent The Legend of Zelda Link’s Awakening fait toujours les frais de grosses baisses de framerate, quel que soit la console utilisée, mais ce n’est en rien la faute du processeur. En revanche, côté autonomie, il y a du mieux, même si on est encore loin des résultats annoncés par Nintendo. Sous Zelda Breath of the Wild, la console se décharge totalement au bout de 4h01, alors que le jeu mettait à plat la Switch classique (celle de 2017, précisons-le) au terme de 3h04 de jeu. L’écart peut être moins flagrant en fonction des titres testés. Un Super Mario Maker 2 tient 4h00 pile sur la Swith Lite, mais offrait déjà un résultat honorable sur la Switch classique (de 2017, toujours) avec 3h32 au compteur. Mais au global, le changement de processeur et le nouveau modèle de batterie font que la console dispose d’une batterie accrue.

 Un environnement et une ludothèque au rendez-vous

L’interface principale de la Switch Lite ne bouge pas d’un iota par rapport à ce qu’on connaît sur la Switch classique. On y retrouve donc un écran d’accueil permettant d’accéder aux jeux téléchargés ou déjà pratiqués sur cartouche. Comme sur la Switch classique, l’écran tactile permet de s’affranchir quasiment tout le temps des contrôleurs de jeu pour gérer les paramètres de la console. L’interface est suffisamment claire pour éviter au joueur de se perdre dans des menus et sous-menus. Il ne se perdra pas quand il souhaitera atteindre les réglages de luminosité, de mise en veille, etc.

Mais le principal atout de cette console reste sans aucun doute possible l’immense ludothèque dont elle hérite, dès lors que la console est compatible à 99,99 % avec les titres de la Switch première du nom. Nintendo a d’ailleurs poussé le soin du détail jusqu’à permettre aux joueurs de transférer toutes leurs données de l’une à l’autre console. En fait, seul le Nintendo Lab n’est pas compatible avec la nouvelle console de jeu, mais ça, ce n’est pas vraiment rédhibitoire. Pour le reste, nous n’avons vraiment rien à reprocher à cette console en matière de ludothèque, puisqu’on y trouve un très large éventail de titres, qui plaisent tantôt aux plus jeunes, tantôt aux adolescents et aux adultes. Pour 199 €, la console est une excellente affaire. Et si vous cherchez quelques titres pour alimenter votre console, n’hésitez pas à jeter un oeil à notre sélection des meilleurs titres pour Switch de 2019. Allez, on s’en retourne jouer à Super Mario Maker 2, Zelda Breath of the Wild et… Ikaruga (qui reste le meilleur shoot'em up de tous les temps, pas vrai ?).

Notre verdict

Malgré quelques déconvenues, notamment au niveau de l'audio, la Switch Lite réserve de bien belles surprises. Nous avons été surpris par le poids et l'ergonomie de la console, tout comme par l'autonomie. Celle-ci, sans être exceptionnelle, permet quand même de gagner entre 30 et 60 minutes de jeu, en fonction des titres. Bilan : certes, la console ne peut prétendre succéder à la Switch classique (ce n'est pas son but, de toute façon). Mais elle constitue une excellente alternative pour celles et ceux dont le portefeuille est moins garni, ou qui cherchent une console portable uniquement.

Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers tests !
Test du OnePlus 7T Pro : une mise à jour qui coûte cher

OnePlus a dévoilé le OnePlus 7T Pro ainsi que les derniers détails sur le 7T lors d’une conférence à Londres. Nous avons eu la chance d’utiliser la version Pro plusieurs jours avant son annonce officielle. Découvrez notre test complet en avant-première.

Test du Samsung Galaxy Fold : le futur, c’est maintenant !

Dévoilé pour la première fois en février 2019, le Galaxy Fold arrive enfin sur le marché. Le premier smartphone pliable au monde est passé entre nos mains pendant quelques jours. Découvrez notre test complet du smartphone du futur !

Test OnePlus 7T : un peu plus près des étoiles

Comme chaque année, OnePlus décline son smartphone en version « T ». En 2019, le constructeur propose deux modèles (7T et 7T Pro) qui promettent de belles améliorations. Suffisamment pour aller titiller les ténors du marché ? Nous avons testé le 7T en avant-première.

Test de la Xiaomi Mi Scooter Pro : la nouvelle référence des trottinettes électriques

Après une excellente M365, Xiaomi propose une nouvelle trottinette électrique baptisée Mi Scooter Pro. Elle reprend les bonnes idées de sa grande soeur et se dote de quelques modifications bienvenues. Mais que vaut-elle au quotidien ? Parvient-elle à s’imposer comme la nouvelle référence du marché ? Réponse dans notre test complet !

Test de l’Asus ROG Phone 2 : le smartphone gaming ultime

Dévoilé en Chine à l’été 2019, le ROG Phone 2 est officiel en Europe et en France. Lancé en deux versions, nous avons pu le tester en avant-première. Découvrez nos impressions sur le dernier smartphone gaming d’Asus.

Test du Nest Hub : Google crève l’écran

Lancé aux Etats-Unis en 2018, le Nest Hub de Google débarque en France. Cette enceinte équipée d’un écran et de Google Assistant promet une expérience unique. Nous avons testé le Nest Hub pendant plusieurs semaines. Verdict.

Test du Samsung Galaxy A80 : tu me vois, tu me vois plus

Le Galaxy A80 est un ovni dans la gamme Galaxy A de Samsung. Son capteur rotatif monté sur slider fait toute son originalité. Mais il dispose d’autres atouts. Nous l’avons testé pendant plusieurs jours. Découvrez notre verdict.

Test du Black Shark 2 : le smartphone gaming presque irréprochable

Avec son Black Shark 2, Black Shark souhaite titiller Asus et Razer, les références du marché des smartphones gaming. Bourré de technologie, il a l’avantage d’être plus abordable que ses concurrents. Mais est-il plus intéressant ? Réponse dans notre test complet.