Maj. le 20 novembre 2019 à 19 h 09 min

Son nom tient en quelques lettres seulement, et on ne parle que de lui depuis quelques mois : Stadia. Même s’il n’est pas le premier à se lancer sur le marché, Google mise énormément sur ce nouveau service de cloud gaming. Nous l’avons testé durant un bon moment, à un jour de sa sortie. Avant de vous livrer un test complet de ce nouveau service de cloud gaming, voici nos premières impressions détaillées.

Google Stadia

En bref, le cloud gaming, c’est quoi ?

La notion de cloud gaming n’a rien de nouveau. Shadow en fait son fonds de commerce depuis plusieurs années, tout comme Nvidia avec GeForce Now. Pour faire bref, il s’agit d’un moyen de jouer sur toute sorte d’écrans (smartphone, ordinateur, TV…), sans avoir à installer le moindre jeu sur son appareil. Tout est stocké sur un serveur distant, qui envoie un flux vidéo streamé en temps réel, tandis que la vidéo est générée en fonction des actions entreprises par le joueur. Vous l’aurez compris, le principal enjeu du Cloud Gaming se situe au niveau de la latence : un mouvement du joystick vers la gauche doit être envoyé à la box internet, puis transmis au serveur de cloud gaming, qui renvoie finalement un flux vidéo correspondant au déplacement vers la gauche. Si l’opération peut paraître longue, son immédiateté est pourtant essentielle, de manière à ce que le joueur ne se rende compte de rien.

Le facteur temps est aussi l’un des principaux atouts du cloud gaming. L’utilisateur n’a plus à patienter 2 ou 3 heures, durée (trop souvent !) nécessaire pour télécharger et installer un jeu sur son PC ou sa console. Il n’a pas non plus à se soucier des nombreux correctifs, qu’il est indispensable de récupérer et de mettre en place sur sa console avant de pouvoir jouer à son titre favori. Les serveurs de Cloud Gaming, et notamment Stadia, se chargent de tout.

Google Stadia

Le prix du matériel de base et surtout l’évolutivité du matériel constituent aussi un avantage majeur du cloud gaming. Il n’est plus nécessaire d’investir dans une quelconque machine pour joueur dans de bonnes conditions, que ce soit en HD ou en 4K. Un smartphone, un tout petit PC, voire une simple manette, suffisent. Et vous n’avez pas non plus besoin de faire évoluer votre matériel à coup de nouvelle carte graphique, de RAM supplémentaire, etc. Le service de Cloud est censé se charger de tout, c’est du moins ce que nous a assuré Google avec Stadia (et c’est ce que fait Shadow aussi, au passage). Et vous n’avez plus de contrainte d’espace non plus : vous ne stockez rien sur votre machine, à part l’application ou le navigateur qui vous servent à vous connecter au service de Cloud.

Le cloud gaming souffre malgré tout de quelques inconvénients par rapport à une console ou un PC dédié au jeu vidéo. D’une part, et vous vous en doutez, il est indispensable d’être continuellement connecté au Web, dès lors que les jeux ne sont pas stockés sur l’appareil, comme évoqué précédemment. D’autre part, la vitesse de connexion doit être irréprochable. A l’instar d’un service de streaming vidéo (Netflix, Amazon Prime Video, OCS…), la qualité de la vidéo s’adapte en fonction de votre connexion. Pour profiter d’une image en HD, Google préconise de disposer d’une connexion à 10 Mb/s. Pour du jeu en full HD, tablez plutôt sur du 20 Mb/s. Enfin, pour de la 4K, il faudra disposer d’une vitesse à 25 / 35 Mb/s. En clair, une simple connexion ADSL suffit à jouer en 720p. Pour profiter d’une qualité supérieure, la fibre est indispensable.

L’offre Stadia en détail

Revenons plus en détail sur Stadia, qui vous permet donc de jouer à toute sorte de titres en cloud gaming. L’offre de Google se présente sous différentes formes :

  • Stadia Founder’s Edition, disponible en précommande uniquement, et remplacée aujourd’hui par la Premiere Edition. Principale différence entre les deux ? La manette est de couleur bleue nuit pour la Stadia Founder’s Edition, et blanche ou verte pour la Premiere Edition. Dans les deux cas, ce kit coûte 129 € et se compose des éléments suivants :
  1. La manette officielle Stadia
  2. Un Chromecast Ultra
  3. Deux jeux gratuits pour démarrer : Destiny 2 et Samurai Shodown.
  4. Trois mois d’abonnement gratuits à Stadia
  5. Un accès Buddy Pass, qui donne lui aussi accès à 3 mois gratuits à la personne de votre choix
  6. Une diffusion du jeu en 4K pour la vidéo, et en 5.1 pour la vidéo
  • Un abonnement Stadia à 9,99 €. C’est à cet abonnement qu’il faudra souscrire au-delà des 3 mois gratuits offerts au sein des kits Founder’s Edition et Premiere Edition. Mais vous pouvez y souscrire seul, sans avoir acheté les kits en question. Dans ce cas, comme vous ne disposez ni de la manette, ni du Chromecast Ultra, il vous faudra jouer sur smartphone Android ou iOS, sur PC, sur macOS ou tout pareil disposant du navigateur Chrome. Vous pourrez jouer en 4K / 5.1.
  • Un simple enregistrement à Stadia Base. Cette offre est gratuite, mais ne sera pas disponible avant 2020, sans davantage de précision sur la date exacte de lancement. Elle permet de jouer à l’intégralité du catalogue Stadia, tout comme la Premiere Edition, de profiter du même environnement, mais elle limite sa diffusion à du 1080p en stéréo.

    Google Stadia

Nos premières impressions sur Stadia

Nous avons eu l’opportunité de tester la plateforme un bon moment et pouvons d’ores et déjà vous livrer nos premiers retours, en attendant un test encore plus complet dans les prochains jours. En premier lieu, parlons du contrôleur de jeu. Si l’origine de sa conception ne fait aucun doute, Google s’étant visiblement beaucoup inspiré du contrôleur de la Xbox One, la manette de Stadia profite d’une très bonne ergonomie. La croix directionnelle réagit bien, le stick semble plutôt résistant, et la manette elle-même n’est ni trop lourde, ni trop légère. Notez au passage que le contrôleur se recharge directement en USB et qu’il n’est nullement alimenté par des piles, contrairement au contrôleur de la Xbox One. Les boutons et les gâchettes se révèlent pleinement accessibles, Google a bien travaillé sur ce point. Remarquez enfin qu’il est possible de connecter jusqu’à 4 manettes en même temps. De notre côté, nous avons testé le jeu à 2 et n’avons pas été déçus.

Google Stadia

Par conséquent, quid de la réactivité et de l’expérience de jeu dans tout ça ? Elles sont toutes deux plutôt excellentes. Dès les premiers instants, on oublie totalement que l’on se trouve face à du Cloud Gaming. On a franchement l’impression de jouer sur une console classique, tant le temps de latence entre les serveurs de Cloud et la manette sont infimes. Notez au passage que la manette est connectée directement au Cloud de Google. Le Chromecast Ultra de la TV sert uniquement à diffuser l’image et lors de l’appairage de la manette. Toutes les commandes (déplacements, tirs… ) sont envoyées au service de Stadia, sans passer le Chromecast Ultra, ce qui permet de gagner en temps de latence.

Google Stadia

Malgré nos doutes préalables, l’expérience gaming est donc au rendez-vous. Par ailleurs, la restitution sur un écran 4K est de toute beauté, même si le bienfondé de cette technologie est actuellement remis en cause. Autre point positif : la facilité déconcertante avec laquelle il est possible de basculer d’un appareil à l’autre. Vous pouvez commencer votre partie sur votre TV, la mettre sur pause, et la reprendre instantanément sur votre smartphone. Puis la reprendre sur votre PC avec la même aisance. En définitive, si l’on s’attache uniquement à la qualité de jeu, Stadia nous a convaincus à plus d’un titre.

Pas de bugs, mais un service encore en gestation

Pendant notre phase de test, nous n’avons pas rencontré de souci majeur et avons été franchement séduits par la qualité du service délivré. Mais force est de constater que le lancement de Stadia s’effectue alors que la plateforme est encore loin d’être mature. De nombreuses fonctionnalités sont bel et bien prévues, mais ne sont pas encore accessibles. Citons par exemple ce petit bouton présent sur la manette, qui permet théoriquement d’appeler l’Assistant, mais qui ne fonctionne pas pour l’instant. Ou encore l’impossibilité de relier sans fil la manette Stadia à un smartphone. Pour l’instant, il faut impérativement se connecter en filaire à un mobile. À moins de faire appel à une manette plus classique. Mais dans ce cas, il faudra se contenter de jouer sur PC ou sur mobile, et non à l’aide de la manette officielle. Ou alors, il conviendra de jongler entre les deux : tantôt l’un, tantôt l’autre.

Google Stadia

Même combat pour le partage familial : la fonctionnalité apparaît bien dans l’interface de Stadia, mais celle-ci n’est pas encore disponible. Bref, malgré toute la bonne volonté de Google, rien n’est fait pour faciliter la vie du joueur. Google nous a cependant assuré que la plateforme va rapidement évoluer et que des mises à jour sont d’ailleurs prévues de manière hebdomadaire.

Et les jeux dans tout ça ?

Le catalogue de Stadia contient actuellement en tout et pour tout 22 titres, Google ayant ajouté 10 titres juste avant le lancement du service de streaming. On y trouve de grosses licences, comme Tomb Raider, Assassin’s Creed, Final Fantasy, Mortal Kombat ou Destiny. Mais il faut bien avouer que c’est plutôt juste pour un lancement. Par ailleurs, un seul titre est pour l’instant exclusif à la console : il s’agit de Gylt, un jeu développé par Tequila Works. Probablement pas le titre le plus attendu de l’année, mais qui mérite quand même que l’on s’y attarde.

Google Stadia

Voici la liste de tous les titres que l’on trouve au sein de Stadia au lancement :

  1. Assassin’s Creed Odyssey
  2. Attack On Titan : Final Battle 2
  3. Destiny 2 : The Collection
  4. Farming Simulator 2019
  5. Final Fantasy XV
  6. Football Manager 2020
  7. Grid 2019
  8. GYLT
  9. Just Dance 2020
  10. Kine
  11. Metro Exodus
  12. Mortal Kombat 11
  13. NBA 2K20
  14. Rage 2
  15. Red Dead Redemption 2
  16. Thumper
  17. Tomb Raider 2013
  18. Rise of The Tomb Raider
  19. Shadow of The Tomb Raider : Definitive Edition
  20. Samurai Showdown
  21. Trials Rising
  22. Wolfenstein : Youngblood

Google promet que le catalogue va s’enrichir d’ici la fin d’année pour atteindre la quarantaine de titres. Un bel effort de guerre, certes. Mais on est encore loin d’une ludothèque de consoles de jeu. Notez d’ailleurs que les développeurs doivent impérativement remettre le nez dans le code de leurs jeux pour les rendre compatibles avec Stadia, contrairement à un service comme Shadow qui s’exécute dans un environnement Windows et qui profite donc de l’intégralité de la ludothèque cet OS. La faible quantité de jeux sur Stadia peut donc s’expliquer par ce biais.

Google Stadia

Google affirme également que la liste des jeux gratuits destinés aux détenteur des packs Founder’s Edition ou Premiere Edition va s’enrichir rapidement. Mais le souci, c’est qu’à l’exception de ces deux packs, on ne dispose pour l’instant d’aucun titre pour se faire une idée du service quand on souhaite simplement souscrire à l’offre à 9,99 €. Cet abonnement ne permet pas d’accéder au moindre titre, hormis ceux que l’on achète. En clair, et c’est peut-être l’un des plus gros reproche que l’on peut faire à l’égard de Stadia, l’abonnement ne donne accès à rien à part l’environnement de Stadia. Ne voyez pas Stadia comme le « Netflix du jeu vidéo », on en est très loin.

Au final, Google livre avec Stadia un service vraiment au top en matière de streaming. Le géant de Mountain View propose un service de jeu streamé efficace dès le départ et qui sait pleinement gérer les temps de latence. Reste que nous avons testé le service alors que très peu de monde était encore dessus : qu’en sera-t-il dans quelques jours ou dans quelques semaines, une fois que le nombre d’abonnés aura grossi ? Mais surtout, comme évoqué précédemment, Stadia n’en est qu’à ses balbutiements. De nombreuses fonctions sont pour l’instant inaccessibles, le catalogue de jeux est peu garni, et à 9,99 €/mois, c’est encore trop cher pour une plateforme qui doit encore faire ses preuves. En définitive, mieux vaut probablement que la liste des jeux s’allonge, ou que la version gratuite (Stadia Base) soit officiellement lancée.

Réagissez à cet article !
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter
Chaque semaine, le meilleur de Phonandroid dans votre boite mail !
Demandez nos derniers tests !
Prise en main du Honor 20 Pro : cap sur la photo !

Très attendu, le Honor 20 Pro est désormais officiel. Honor a dévoilé son arme pour lutter contre le 7 Pro de OnePlus, le Mi 9 de Xiaomi ou encore le Zenfone 6 d’Asus. La marque met avant la qualité photo…

Prise en main du Zenfone 6 : Asus crée la surprise !

Asus revient en force avec le Zenfone 6. Son nouveau smartphone haut de gamme intègre un appareil photo rotatif inédit sur le marché. Lors d’un reportage à Taiwan, nous avons pu prendre en main le Zenfone 6 en avant-première.

Prise en main du Huawei Mate 20 Lite : plus fort que le Pocophone F1 ?

Le Huawei Mate 20 Lite débarque en France au tarif de 399 euros. A ce tarif dispose-t-il des atouts nécessaires pour lutter contre le Pocophone F1 ou le OnePlus 6 ? Nous avons pu prendre en main le smartphone de Huawei en avant-première. Découvrez toutes nos impressions.

Prise en main du Honor Play : le smartphone gaming abordable ?

Le Honor Play était annoncé en Chine en juin 2018. Alors que sa présentation officielle européenne est prévue le 30 août à l’occasion de l’IFA de Berlin, nous avons eu la chance de le prendre en main en avant-première. Découvrez…

Prise en main du Oppo Find X : le smartphone futuriste !

Dévoilé sous la Pyramide du Louvre, le Oppo Find X est le nouveau smartphone haut de gamme choisi par la marque pour son entrée en France. Sa particularité : son écran sans aucune bordure. Nous avons eu la chance de le prendre en main. Découvrez nos premières impressions.