Pegasus : le malware espion a piraté des dizaines de dirigeants européens, dont Boris Johnson

 

Le malware Pegasus refait parler de lui. D'après une enquête, le virus conçu par NSO est parvenu à espionner des dizaines de dirigeants européens, dont des responsables du gouvernement britannique. Le bureau de Boris Johnson ferait d'ailleurs partie des cibles de l'attaque. 

appareils Android infectés par le malware Vultur
Crédit : Flickr

Une enquête de Citizen Lab, un groupe d'experts en cybersécurité de l'Université de Toronto, révèle que Pegasus est parvenu à espionner des dizaines de dirigeants européens. Conçu par NSO, une firme israélienne spécialisée, le logiciel est capable d'aspirer les données stockées sur un téléphone à l'insu de son propriétaire.

Vendu aux gouvernements, Pegasus a été utilisé pour espionner des activistes, des journalistes ou des hommes politiques. Il aurait d'ailleurs infecté les smartphones de cinq ministres du gouvernement français ainsi que celui du commissaire à la justice d'Europe, Didier Reynders, par le passé.

Plusieurs gouvernements sont accusés d'avoir exploité Pegasus

La nouvelle enquête du Citizen Lab montre que Pegasus a récemment été exploité dans le cadre d'autres opérations d'espionnage. Parmi les nouvelles victimes identifiées, on trouve de nombreuses personnes liées au mouvement indépendantiste catalan, dont trois eurodéputés catalans, des avocats, et des candidats de plusieurs partis politiques.

Les chercheurs accusent le CNI, le service d'intelligence espagnol, d'avoir fomenté l'attaque à l'encontre des membres du mouvement pour l'indépendance de la Catalogne. “En Espagne, environ 80 % des utilisateurs de smartphones ont un Android, et cela se reflète chez les individus que nous avons contactés”, souligne Citizen Lab. Le ministère espagnol s'est rapidement défendu dans un communiqué. “En Espagne, toutes les interceptions de communications sont menées sous le régime d’un mandat judiciaire et respectent la loi”, assurent les autorités, précisant n'avoir jamais noué de “relations ou de contrat avec NSO”. 

Pegasus a également pris pour cible les smartphones appartenant au ministère britannique des Affaires étrangères et au bureau du Premier ministre britannique, Boris Johnson. Ces téléphones ont été piratés avec Pegasus à cinq reprises entre juillet 2020 et juin 2021, révèle Citizen Lab. Le malware aurait également pris le contrôle d'un téléphone présent dans le bureau de Boris Johnson à 10 Downing Street. Le gouvernement du Royaume-Uni a confirmé l'attaque sans évoquer l'implication de Pegasus.

Lire aussi : Apple porte plainte contre le créateur de Pegasus, le spyware qui a réussi à pirater l’iPhone

D'après Citizen Lab, les Émirats arabes unis sont probablement derrière l'opération d'espionnage visant l'administration Johnson. Le groupe de chercheurs précise cependant ne pas être “en mesure d’attribuer avec certitude la responsabilité de ces piratages à un gouvernement précis”. 



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