Impôts : l’IA redoutable de Bercy a récupéré 640 millions d’euros de fraude fiscale en 2019

Les impôts ont récupéré 640 millions d'euros depuis le début de l'année grâce au data mining et l'intelligence artificielle. Un chiffre en très forte hausse par rapport à 2018, et qui pourrait s'avérer nettement plus élevé d'ici la fin de l'année. Le ministère de l'Action et des Comptes publics devrait détailler ce mercredi 23 octobre les résultats très encourageants du renforcement de son dispositif de lutte contre la fraude fiscale lancé il y a un an. 

Les impôts, Bercy est l'intelligence artificielle
L'intelligence artificielle au service de Bercy / Crédits : Phonandroid

Les finances publiques et l'intelligence artificielle vont visiblement très bon ménage : il y a un an, le ministère de l'Action et des Comptes publics renforçait son arsenal contre la fraude fiscale avec un investissement de 20 millions d'euros pour se doter de nouveaux moyens informatisés de lutte. Au programme, beaucoup de datamining (croisement de vaste quantités de données dont certaines sont accessibles publiquement) et une intelligence artificielle qui porte le doux nom de CFVR (ciblage de la fraude et valorisation des requêtes pour les intimes). Ce réseau neural a désormais accès aux données agrégées de plus de 37 millions de foyers. Données qui incluent tout ce dont l'administration fiscales avait déjà accès (comptes en banque, aides sociales, Urssaf, patrimoine immobilier…). CFVR recoupe, et parvient ainsi à déceler les cas qui méritent le plus l'attention des agents.

Impôts : le Fisc marque des points contre la fraude fiscale grâce à l'IA

Selon Europe 1 l'efficacité de ce dispositif est déjà redoutable : 640 millions d'euros de fraude ont ainsi été récupérés dans les 9 premiers mois de 2019 contre à peine 335 millions d'euros en 2018. Et nous ne sommes visiblement qu'aux prémisses du potentiel de cette technologie pour lutter contre les fraudeurs. Pour l'instant, en effet, les agents doivent exclure de la collecte de données certaines sources, comme les réseaux sociaux et les plateformes de vente en ligne. Néanmoins, le ministre de l'Economie a déjà annoncé que les données en libre accès issues de Facebook, Instagram ou encore Le Bon Coin seront prochainement collectées.

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Les agents pourront ainsi vérifier que les informations que vous communiquez à l'administration, comme votre résidence fiscale, ou vos revenus sont cohérents avec les photos que vous postez sur les réseaux sociaux, les objets que vous vendez, ou l'appartement que vous mettez tous les étés sur Airbnb par exemple. La collecte de données issues des réseaux sociaux et plateformes en libre accès sur internet devrait débuter en 2020 – si l'article 57 du projet de Loi des finances 2020 qui l'instaure n'est pas retoqué d'ici là par l'une des deux chambres. La CNIL a en effet émis des réserves contre une collecte potentiellement “liberticide”. Pour l'heure, le gouvernement assure qu'il ne s'agit que d'une expérimentation sur trois ans, qui sera reconduite ou ajournée en fonction de ses résultats.

Source : Mieux Vivre votre Argent


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