Facebook interdit en Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant un mois

Maj. le 23 octobre 2018 à 20 h 56 min

Facebook va être interdit en Papouasie-Nouvelle-Guinée ! Durant tout un mois, les internautes résidant dans ce pays n’auront pas accès au réseau social. Une décision du gouvernement qui souhaite ainsi lutter contre les fake news et protéger les données personnelles de ses citoyens, selon la version officielle. Les autorités envisagent même de créer à terme un réseau social destiné aux habitants de en Papouasie-Nouvelle-Guinée afin qu’ils puissent se passer de Facebook.

facebook mark zuckerberg

Pas de Facebook en Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant un mois ! D’après le Guardian, qui cite le média local Post-Courier, le gouvernement a pris cette décision afin de se donner le temps de faire le ménage sur le réseau social. C’est en tout cas la version officielle. « Cela nous permettra de collecter des informations pour identifier les utilisateurs qui se cachent derrière des faux comptes, partagent des contenus pornographiques et répandent des fausses informations afin de les supprimer« , a fait savoir le ministre de la Communication Sam Basil.

Facebook bloqué en Papouasie-Nouvelle-Guinée durant tout un mois

Selon lui, cette mesure choc va permettre de rendre Facebook à nouveau propre et plus sûr. « Les personnes utilisant leur vraie identité pourront ensuite profiter du réseau social de manière responsable« , assure Basil. Ce laps de temps doit aussi servir à mettre en place une protection pour les données personnelle des habitants du pays. L’affaire Cambridge Analytica a laissé des traces, alors que Facebook risque une amende de 1,3 milliard d’euros pour non respect du RGPD en Europe. « Nous ne pouvons plus cautionner les abus de Facebook« , estime le ministre, qui n’a pas précisé quand cette période d’un mois allait débuter.

Mais il envisage déjà d’interdire par la suite définitivement Facebook. Et de le remplacer par une solution gouvernementale. « Nous pouvons également envisager la création d’un nouveau réseau social pour nos citoyens (…). S’il le faut, nous pouvons rassembler des développeurs d’applications pour imaginer un site plus propice à la communication des Papouasiens à l’intérieur du pays et à l’étranger« . Avec toutes les dérives que cela peut amener. Nous parlons d’ailleurs de cette problématique dans notre dossier sur les VPN pour naviguer de façon sécurisée.

Des voix s’élèvent et viennent contester ce blocage. The Guardian relaie les propos d’Aim Sinpeng, spécialiste des questions liées aux médias numériques à l’Université de Sydney. « Je ne comprends pas pourquoi l’interdiction est nécessaire. On peut faire une analyse de Facebook sans y avoir recours. Et quelles données le gouvernement va-t-il collecter ? S’ils se préoccupent des fake news, il existe de nombreuses façons de s’en charger sans faire interdire une plateforme« , estime-t-elle.

YouTube va connaître une mésaventure similaire avec un mois de blocage en Égypte. La conséquence est la même, mais la cause est cette fois bien différente. La décision a été prise dans ce cas par la diffusion  sur la plateforme d’une vidéo de 2012 intitulée « L’innocence des musulmans ». Jugée comme étant « anti-islam », elle a provoqué la suspension de YouTube. Le service avait également été temporairement bloqué pour les mêmes raisons en Afghanistan ou au Bangladesh.

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